
font l’objet d’une exportation considérable pendant
tout l’hiver.
Dans les jardins maraîchers du bttoral, les cultures
se succèdent sans interruption, grâce à d’abondantes
fumures et à l’eau qui ne fait pas défaut, aussi un
hectare de jardin est le plus souvent loué plus
de 1000 francs à un maraîcher qui y vit avec sa
famille. Quelques légumes sont faits en grande culture,
comme les artichauts ; mais d’un autre côté la
pomme de terre, pour la consommation locale, n ’est
pas produite en quantité suffisante et une importation
considérable vient suppléer à ce défaut. Les Indigènes
ne connaissent encore que fort peu cette culture,
qui leur rendrait de grands services.
La Patate est assez largement cultivée et fournit
un abment très sain et à très bas prix.
Les Melons qui ont été longtemps importés
d’Espagne viennent sans aucun soin ainsi que les
Pastèques. Une Cucurbitacée, encore peu connue, est
mûre en plein hiver, c’est la Chayotte, très estimée
au Mexique et à la Martinique. Ce légume commence
à entrer dans la consommation algérienne et
pourra être bvré en grande abondance et à bas prix
aux Halles de Paris, le jour où les Parisiens le connaîtront.
Les Piments sont l’objet de cultures importantes;
les-gros piments doux sont, aujourd'hui, consommés
par les Européens comme par les Indigènes. La
Tomate produit énormément pendant tout 1 été, elle
pourrait être faite en grande culture pour la préparation
de conserves.
VHibiscus esculentus ou Gombo est une malvacée
assez répandue dans les cultures indigènes où le
fruit, incomplètement mûr, est cueilh et employé
généralement comme condiment ; c’est un produit
mucilagineux très agréable, mais qui n est recherché
que par les populations arabes ou israébtes ; il en est
de même des fruits jeunes de Lagenaria.
Cultures industrielles et arboriculture forestière.
— Le Tabac. — La culture du Tabac est déjà
ancienne dans certaines parties de la Mauritanie.
Les Indigènes avaient limité cette culture à des
terrains très favorables, siliceux et potassiques,
enrichis en azote par une fumure intense résultant
de parcs à bestiaux; ils avaient reçu d’Orient des
tabacs fins du type des Samsoun ; dans ces conditions,
leur produit était de très bonne qualité. Encouragés
par cette culture traditionnelle des Arabes, dès 1843
les colons firent quelques essais de culture de tabacs
et l’État organisa la Mission des Tabacs qui devait
guider les colons dans leurs tentatives et acheter
pour les manufactures les produits utibsables. Dix
ans après, la Mission des Tabacs achetait 2 'millions
de kilogrammes de tabacs. Depuis cette époque,
l’administration achète environ 3 milhons de kilogrammes
de tabacs algériens.
C’est vers 1859 que cette culture paraît avoir
atteint son apogée, et les bénéfices importants réa-
bsés ont beaucoup contribué au développement de
la colonisation algérienne. L’extension rapide de la
culture du tabac devait avoir quelques inconvénients,
la quahté laissait de plus en plus à désirer. Les
tabacs cultivés à l’irrigation dans les plaines souvent
très chlorurées, comme dans 1 Oranie, deviennent
grossiers et incombustibles. L administration dut
réagir, baisser ses prix d’achat et refuser beaucoup
B a t t a n d i e k et T r a b u t , *>■— Algérie.