
Câprier (fig. 7). — Il est très répandu en Algérie
depuis le littoral jusque dans le Sahara; il aime les
roches escarpées, les pentes abruptes où ses touffes
épineuses se couvrent de grandes fleurs blanches. Les
indigènes n ’utilisent que l’écorce de sa racine (Kabar)
comme médicament. La récolte des câpres n’est pratiquée
que dans la région de Bougie et seulement
depuis quelques années. Il a fallu pour cela que des
circonstances fortuites amènent dans un village où
le câprier abonde, un producteur de câpres de la
Métropole. Ayant fait savoir aux Indigènes qu’il était
acheteur des boutons floraux des Kabar, femmes et
enfants se mirent à cueillir et bientôt les tonneaux
de câpres prirent la direction du port de Bougie.
D’année en année, cette petite industrie s’est accrue
et un certain nombre de colons de cette région sont
aujourd’hui exportateurs de câpres à la grande
joie de la population indigène pauvre. Malgré cette
démonstration, pas un pied de câprier n ’a été
planté.
Néflier du Japon. — 11 est aujourd’hui parfaitement
accbmaté dans la région méditerranéenne, le
plus grand nombre des sujets ont été reproduits
par la voie des semis, les variétés sont donc très
nombreuses et il serait temps de les inventorier et
de propager les meilleures par la greffe. Les nèfles
du Japon, fraîchement cueilbes, bien mûres, sont
excellentes et constituent une précieuse ressource
pour le bttoral algérien ; ces fruits printaniers remplacent
la cerise.
Bananier. — Il donne de bons produits dans les
stations très abritées du bttoral, mais la culture en
grand paraît assez difficile à réabser, car les bananeraies
n ’ont pas pris beaucoup d’extension, malgré
une vente assurée des produits.
Oranger, Citronnier, Cédratier. — Les Aurantia-
cées comprenant orangers, mandarines, citrons,
cédrats, limons, bergamotes, chinois, donnent en
Algérie de beaux produits; mais l’Espagne e t l ’Itabe,
qui ont acquis dans ce genre de culture une supériorité
incontestable, tant par une longue expérience
que par une appbcation plus grande, font aux fruits
algériens une concurrence qui devient presque
désastreuse, par suite des difficultés de transport qui
grèvent les produits algériens.
L'orange algérienne dite de Bbda représente le
type le plus fréquemment cultivé; ebe est réellement
très bonne, précoce, mais sur les marchés d’Europe
on lui préfère l’orange d’Espagne à peau fine, mince
et d’un jaune pâle. Dans la région montagneuse,
comme à Toudja, il existe des races d’orangers tardifs;
ces fruits, produits encore en très petites quantités,
sont vendus, en été, dans le pays à des prix très
élevés. L’orange sanguine, très parfumée, est assez
répandue, tandis que l’oranger de Jaffa est rare. Une
importante plantation de cet oranger, à Boufarik,
chez M. Borely la Sapié, démontre l’intérêt que présentent
en Algérie les essais méthodiques de toutes
les bonnes races de fruits dispersées dans la région
méditerranéenne.
Chez les Indigènes, le plus souvent, l’oranger est
reproduit par graine; ces arbres, qui atteignent dans
les sols profonds de très grandes dimensions, donnent
aussi une grande quantité d’oranges ; mais la quabté
est parfois défectueuse.
Peu après la pacification de l’Algérie, la colonie