
D Bertheiand, qui en avait fouillé quelques-uns, y
avait trouvé les débris de nombreux squelettes, quelques
fragments de poterie et des anneaux en brome.
Tout près, sur les bords de l ’Oued Tarfa, on voit
encore une série de logettes, qui semblent avoir servi
d habitation aux constructeurs de ces dolmens.
Dans la province d Oran, outre les nombreux
umuli dont nous avons déjà parlé et qui contiennent
des crânes dolichocéphales, comme ceux des dolmens
de Rokma, on trouve quelques curieuses nécropoles
sur les bords de la Mina ; d’abord les Souamah sur la
rive gauche. Ce sont des chambres funéraires, adossées
a un rocher qui forme la paroi du fond. Les
parois latérales sont formées de blocs superposés et
la couverture est formée par des sortes de longues
poutres en pierre brute juxtaposées. D’après M. R. de
La Blanchère, les Souamah seraient des sépultures
chrétiennes, mais il est probable que ces monuments
sont bien plus anciens qu’ü ne le suppose et que les
quelques signes chrétiens que l’on y rencontre y
ont ete ajoutés longtemps après leur construction,
de meme que certaines parties en pierre taillée et
ornée, évidemment d ’origine chétienne.
Toujours sur la rive gauche delà Tafna, mais plus
en aval se trouve un groupe de tours rondes en
pierre de taille et renfermant des galeries sur lesquelles
s ouvrent des chambres mortuaires ; galeries
et chambres sont recouvertes par de grandes dalles
en pierre brute.
Vis-à-vis des Souamah, sur la rive droite, se trouvent
des tumuli de grande dimension, avec des
galeries et chambres mortuaires pareilles à celles
des tours de la rive gauche.
Quant aux Djeddar, situés entre Frendach et
Tiaret, ce sont de grands monuments en forme de
pyramides quadrangulaires reposant sur une petite
tour carrée. Ces monuments, hauts d’une vingtaine
de mètres, sont évidemment d’origine chrétienne et
ont probablement servi de tombeau à la dernière
dynastie des rois de Mauritanie (1).
Les premiers habitants. — Quels furent les premiers
habitants de l’Algérie? Quels sont les peuples
qui construisirent ces sépultures mégalithiques ou
qui couvraient de dessins les rochers du Sud ? On ne
peut encore faire à ce sujet que des hypothèses.
Pour le général Faidherbe, les dolmens auraient été
construits par un peuple blond venu d’Europe par le
détroit de Gibraltar. Ces blonds auraient peuplé les
Canaries et le nord de l’Afrique; nous avons vu que
l’examen des crânes avait conduit M. de Quatrefages
à des conclusions identiques. Les plus anciennes
peuplades que l'histoire mentionne dans ces régions
se nommaient elles-mêmes Lioua ou Liboua. Ce sont
les Libyens des Grecs. Déjà l’on trouvait chez elles
des bruns et des blonds. Ces Libyens blonds de
Scylax étaient-ils les mêmes que les Tamahous blonds
figurés sur les monuments égyptiens, auxquels les
Pharaons envoyaient une ambassade 2800 ans avant
notre ère (2)? Ces Libyens blonds ou ces Tamahous
étaient-ils venus d’Europe par, le détroit de Gibraltar
lors de la grande invasion, à laquelle se rattache la
légende des colonnes d’Hercule, sont-iis les cons-
tructëurs de nos dolmens? Étaient-ils au contraire
' (1) Voÿ. Bulletin de la Société de géographie et d’archéologie
d ’Oran, 1882, p. 264.
. (2) Letourneux, Lettre à M. E. Desor.
Battandier et Trabüt. — Algérie. 13