
Le Sahara est, d’une manière générale, un continent
élevé. On a calculé que sa hauteur moyenne devait
dépasser de 460 mètres le niveau de la mer. Dans
son ensemble, on peut le considérer comme une surface
renflée, s’ahaissant de tous côtés vers sa périphérie,
avec des versants difficiles à délimiter et un
peu confus. Ce relief général est assez varié. Il présente
plusieurs chaînes de montagnes de 1500 à
2000 mètres d’altitude, comme le Ahaggar souvent
couvert de neige l’hiver, l’Aïr, le Thibesti, le Djebel
es Soda,, etc.
D immenses fleuves ou plutôt de grandes nappes
torrentielles quaternaires y ont déposé de vastes
alluvions et produit des érosions puissantes. L’Ighar-
ghar, grossi de nombreux affluents, s’est creusé à
travers le plateau de Tinghert un lit large parfois de
deux à trois heures de marche et si haut que ses
bords sont parfois qualifiés de montagnes; uni à
l’Oued Mya, il forme le grand bassin de l’Oued Rhir,
il coulait de l’intérieur du Sahara vers les Chotts.
L’Oued Seggueur, l’Oued Guir, etc., avaient des bassins
analogues diversement orientés. Tous aujourd’hui
sont des fleuves morts. Leur lit, envahi par les
sables, n ’est pas toujours facile à suivre. Seulement
lors des grandes pluies,un torrent éphémère en occupe
une faible partie, produisant encore dans ces terres
meubles, sans végétation, des érosions considérables.
Sous ces lits, à des profondeurs variables, existent
souvent des nappes aquifères importantes.
Le Sahara se compose en somme de quelques
chaînes de montagnes; de vastes plateaux, diversement
ondulés, tantôt formés de roche dure couverte
d’éclats noirâtres (Hamada), tantôt de nature alluviale
(Reg); de dépressions sans issue (Dayas, Seb-
kas, Chotts, suivant leur importance); de dunes
sableuses, de lits’ de torrents bordés de berges
abruptes, parfois disséquées en masses verticales de
l’effet le plus pittoresque (Gour, au singulier Gara),
et enfin d’oasis, là où les sources naturelles ou
artificielles créent une végétation luxuriante qui se
traduit par une tache d’un vert sombre au milieu de
la désolation générale.
Climatologie. -— Le climat seul stérilise ces terres,
qui seraient sans cela aussi riches que d’autres.
A quoi tient cet état de choses? On a prétendu longtemps
que le grand facteur des déserts de l’Asie et
du Sahara était l’alisé soufflant du pôle vers l’équa-
teur, dévié vers l’ouest par la rotation de la terre. Cet
alizé, pauvre en eau, à cause des basses températures
du nord, dépouillé encore d’une partie de son humidité
par les hauts plateaux de l’Asie, arrivant dans
des contrées plus chaudes, devait devenir très sec.
L’observation directe n ’a pas vérifié, pour le Sahara,
cette théorie simple et grandiose. Ce n ’est que dans
le sud du Sahara et seulement en hiver que l’on
trouve quelque chose d’analogue à cet alizé. Les
causes du Sahara paraissent être plus locales. L’hiver
(1), le Sahara, étant assez élevé, est plus froid que
les mers environnantes ; il s’y crée alors un centre
de hautes pressions et le vent souffle du centre très
calme vers la périphérie. L’été, c’est un phénomène
inverse qui se produit; le Sahara surchauffé forme
une cheminée d’appel et les vents soufflent de la
périphérie vers le centre. Ce sont les seuls qui pour-
(1) On observe presque partout des températures de — 8 °, qui
doivent être bien dépassées dans les montagnes.