
LA FAUSSE ORONGE
AMANITA MUSCARIA de Persoon.
Bolcii veneui, dilnio ruhorc, rancido aspecíií, livido inUts colore, rimosa siria, pallido per ambiUm labro
de Pline. — Fungi nmscarit tic Corclus. — Mückcnsckwcmm de Bock (Tragus). — Quatrième espèce du
douzième genre des Fungi peniiciosi de l'Ecluse. — Fungus muscas interficiens de G. B;uihin. - Fungi
venenan, mnscarii diet i de J. Bauhin. — Fungus muscarius miniahis de Sterbceck. — Amanita muscaria
miniata de Dillen. — Fungus bulbos us, e volva crumpeiis, pileolo supcrnch pur te aureo, et ad orcis striato,
inferna et emulalo pedículo albis, radice bulbosa de Micheli. —Agaricus volva exceptus, pileolo conico, in
margine striato, petiolo anuíalo, in basin sqìumoso-tuberosam desinente de Gleditsch. — Amanita peiiolo
amiìato, sanguineo, lamcllis albis de Hallcr. — Agaricus slipitatus, lamellis dimidiatis, solitariis, stipite
volvalo, apice dilatato, basi ovato et Agaricus muscarius de Linué. — Agaricus imperialis de Batsch. —
llgjiopìnjlhm muscarimn de Pauiet . — Agaricus pseudoauruntiacus de Bulliard.
(D'après l'hisloire : Boletus muscarius).
Champignon rouge ou fausse Oronge {Paulet). — Royal picolai, Fans Goccon, Real velenous (J/. Darla).
— Fausse Oronge {M. dé Seijnes). — Faux jaseran, Mujoio folo, Tue-mouches (Cordier). — Rouge, Dourguino
(.V. L. Planchón). — Grapauadin roux, Iran]et qué empoussonno, Lera roussa, Oriol fol (.1/. Roumeguèrc).
Tignosa dorala, üovolo malefico, Coech vélenos {Ital). — Füegenschwamm, Fliegenpilz, llückenschwamm
{Alleni.).
Chapeau d'abord sphérique, puis oiiverl, élalc,
iï chair bianche, recouverle d'une pellicule rouge
v e r m i l l o n , visqueuse, h l aque l l e adi ièrenl les parlieules
nombreuses du volva; slipe blanc, d'abord
plein, puis creux, cylindrique, renilé à la base où
les restes du volva l'enloureni de plusieurs cercles
c o n c c n l r i q u e s blanchâtres ; voile b l anc , très ample,
r e l o m b a n t sur le stipe et bordé d'une leinlejaiin
i l t r e ; lamelles biaiiches, libres, assez serrées;
spores spheriques, apiculées, blanches. Odeur
n u l l e ; saveur peu accusée, un peu douceâtre sans
amerliime ni àcrelé. Tout l'aulonine. Dans les bois
découverls, les laillis, les forêts, etc. Commune
dans loute la France, mais plus rare dans le midi,
Espèce vénéneuse.
La fausse Oronge paraît, avoir élé connue de
P l i n e pour ses effets loxiques. On peut croire on
eifei, que ce Champignon esl bien celui donl il
p a r l e à propos des Oronges vénéneuses cl qu'on
r e c o n n a î l , dit-il, « « leur couleur d'un rouge peu
foncé au dehors, livide au dedans, aux crevasses de
leurs feuillets, à leur aspect sombre et à la bordure
pâle de leur chapeau ».
L ' É c l u s e , qui en a publ i é une bonne description
e l u n e assez bonne figure, raconte que les paysannes
des environs boisés de Francforl-sur-le-Moi n récoi-
Laienl ce Champignon pour le vendre à la ville;
on r a che t a i t , ene f f e t ,pour l e découper en morceaux
sur lesquels se portaient les mouches , qui mour
a i e n t après avoir absorbé le suc vénéneux.
A la suite d'une phrase de G. Bauhi n qui ne se
r a p p o r t e pas à la fausse Oronge, Vaillant en a
donné une description pittoresque. « Quand ce
Champignon sort de terre, dit-il, son chapeau est
presque sphérique et comme taillé k facettes, couvert
de grosses ci'oûtes répandues par cy par là. Il
est tapissé i n t é r i e u r eme n t d'une membrane blanche
douce et drapée comme un fin chamoi s . Ce chapeau
est port é sur un pédicule plein, long de quatre
à cinq pouces, dont le b a s a envi ron deux pouces et
demi de diamètre. Quand cette plante est dans sa
perfection, ce pédicul e a jusqu' à six à sept pouces
d e long, sur un pouce de d iamèt re, presque égal
La fausse Oronge, d'après l'Écluse (1601),
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dans toute sa longueur, mai s toujours renflé dans
sa base. Le chapeau s'étend jusqu'à cinq ou six
pouces, poli et à facettes en dessus avec quelques
verrues qui ne sont que des por t ions de l a peau dont
ce Champignon est peut être enveloppé avant qu'il
s o r t e de terre. Ce chapcau est d'une couleur de
ponceau, qui jauni t un peu sur les bords du chapeau
; ses feuillets sont blancs et ont environ
six lignes do large, assez pressez les uns contre les
a u t r e s . Il n'y a point de portions de feuillets dans
l e u r s intervalles. La membrane qui tapissait l'intér
i e u r du chapeau se rabat , quand il est ouver t , sur
le pédicule, en manière de peignoir. Ce Champignon
est doux quand on le mäche, et peu après
q u ' o n le coupe, il en sort une eau roussâtre, qui a
assez le goût et la couleur de cidre doux, mais il
n'est point laiteux ». Scopoli, parlant de ce Champignon,
dit qu'il ne tue pas toujours les mouches
qui y goîltent, mais qu'il les engourdit pendant
quelques heures, après lesquelles elles se réveillent
e t vivent. Il ajoute toutefois que le suc du Champignon
peut être employé pour tuer les punai ses des