
papier, le dessin nel de leurs contours EUI moye n de celle même poussière qui s'en dégage abondammenl
dans l'espace d'un jour et d'une nuil. Nous nous sommes donc demandé s'il ne
sérail pas ¡mssible par suile de répartir (là où ce serail nécessaire) les seelions de Persoon,
rélcguées dès îors au second rang, dans les groupes primaires de Leucospennes, Erylhrospermes,
Méiaspermes, elc. ? Quiconque, en effet, se rendr a bien compte de not r e siijel, nous concédera
sans peine (¡ue ces sections de Persoon, quelle qu'en soil la valeur propre, n'en sont pas
moins établies sur des caractères qui n'ont pas l'importance du nôtre, n'étant pas tirés de la
fructification, et qu'elles sont de plus circonscrites dans des limites assez vagues. Nous regrettons
toutefois de n'avoir pu mettre en prat ique cette nouvelle méthode dans notre ouvrage, ce
qui provient de ce que nous n e connaissons pas encore assez bien la couleur de cette poussière
séminale, pour ne l'iivoir pas examinée dans un assez grand nombre d'espèces, etqu'il reste
quelques difûcultés à vaincre relativement à la diiTérenciation même des couleurs. Mais, puisque
la vérité est immuabl e dans la nature, nous ne désespérons pas de voir bientôt cette nouvelle
méthode donner une nouvelle force et un plus vif éclat aux travaux ultérieurs des mycologues.
»
Aibertini et Schweiniz se trompaient sur la valeur réelle de leur nouveau caractère, en le
considérant comme un caractère de premier ordre : la suite montrera suffisamment que
la couleur des spores ne constitue en réahté qu'un caractère d'ordre secondaire, parce qu'il
éloigne les affinités naturelles, et qu'il ne peut servir qu'à rapprocher systématiquement des
groupes liétérogenes qui n'ont entre eux de commun que ce seul caractère. Mais cela n e diminue
point l'importance de leur découverte par les services signalés qu'elle était appelée à
rendre, surtout dans une classification artificielle.
Un auteur à qui l'on doit les ¡ilus g rands travaux descriptifs qui aient été faits en mycologie,
n e devait d'ailleurs pas tarder à s 'emparer de la méthode nouvelle d'Aibertini et Schweiniz et à
la faire sienne. Vous voulons parler d'ELi.vs FRIES qui dans le premier volume de son Sijstama
mycologicum, paru en 1821, faisait déjà connaître les bases de sa nouvelle classification que
nous résumerons comme suit :
I. Conioraycètes. — Champignons réduits à des spores {Roîiilles).
II. Ilyphomycètes. - Champignons à spores sur des filaraonts {.\ioisis$ures).
m. CastéroraycotGS. — Cliampignons à sfores Mêmes {Lycoperdons, Clatliru
IV. Hymcnomycètes. — Champignons à spores sur un réceptacle externe {Pezi
. Phallus, etc.).
es, Agarics, Ciaoai
La classe des Hyménomycètes se subdivisait en deux sections, l'une à thèijues parfaites,
l ' a u t r e à thèques imparfaites ou nulles. La première section comprenait :
l' Les Champignons ù chapeau {A/jancs,
Cèpes, elc.).
ti° Ceux en massue [Clavaires).
S" Les Champignons mitrés {Jldvelks, Morilles).
Ceux en Cuiniles {Pezizes).
Les Agarics, tous pourvus de lamelles, consliluaient le genre Aijurlcas i|Lie Fries subdivisait
en six sous-sections d'après la méthode d'Alberlini et Schweiniz, savoir :
I. Spores blanches : Leucospoim (Ex. : Oronges, Coulemelles, Russules, etc.).
II. Spores roses : Jlyporhodiiis (Ex. ; Mousserons d'automne, des Iiaies, etc.).
I t l , Spores ochracces : Coriinaria (Cortinaires de Persoon).
JV. Spores fer rugineuses : Derminns (Ex. : Champignon du Peuplier, etc.).
V. Spores brun-pourpre : Pmlella (Ex. ; Chamjiignon de couche).
YL Spores Jîoires : Coprinusel Gomphiis (Coprins, etc.).
Dans ce premier ouvrage, E. Frics donne la description méthodique de toutes les espèces
connues, qu'il accompagne de la synonymie aussi complète que possible des auteurs ([ui l'ont
précédé. P a rmi ceux-ci, les plus récents étaient NEES D'ESENBECK, ( ¡uivenai tde publier en 1817
son livre illustré de nombreuses figures tyj)iqués de Champignons {Das Sfjsleni der J'ilze unci
Sclnvaimm),el SOWERDY qui avait fait paraître, de 1797 à 1815, son recueil de \ihiich.esd'English
Fungi, oeuvres remarquables pour l'époque, mais que nous ne pouvons que signaler ici.
Quelques années plus tard, en 1833, SECRETAN faisait paraître sa Mijcographie suisse, ou
Descripliou des Champignons qui croissenl en Suisse, ouvrage consciencieusement fait, dans
lequel se trouve une liste des espèces comestibles cl vénéneuses que les tendances d'esprit de
f a u t e u r ne pouvaient rendre bien pratique. Enei ïet ,se comparant à Bat tarra, qui voidait bien
étudier les Champignons, mais non les manger. Secretan s'exprime ainsi et non [ieut-6lre alors
sans raison :
« En comparant les différents auteurs, on est étonné de les voir très souvent en contradiction
; tellement, que sur l'espèce la plus commune, l'un la donne pour alimentaire, et l 'autre la
déclare poison mortel. Tout cela vient du chaos de la synonymie et du défaut de descriptions
exactes; l'un ayant goût é d'uneespèce, et l 'autre parlant d'une très différente... Si cette confusion
règne encore dans des écrits modernes, publiés par des hommes habiles, comment ne pas
s'elTrayer de la confiance avec laquelle on sert sur nos tables des Champignons cueillis comme
au hasard par des enfants ou des vieilles femmes? Ajoutez encore, que la même espèce, très
bonne dans sa première fraîcheur, devient dangereuse lorsqu'elle tend à décliner. Conclusion
que dans un choix aussi ])érilleux, il n'y aura jamais aucune sécurité tant qu'au moyen de
descriptions très com])lètes, on ne sera pas parfaitement d'accord sur la plante dont il s'agit et
sur uii nom unique pour la désigner. »
E n France, LETJÍI.LIEIÍ, dans l'espoir d'être utile, publiait en 1820 son Ilisloire des Champignons
alimenlaires ou vénéneux qui croissenl aux environs de Paris, accompagnée de 12 planches
coloriées représentant 107 espèces de demi-grandeur naturelle. Cet ouvrage n'eut pas tout le
succès qu'il méritait d'avoir; mais l'auteur ne se découragea pas. De 1830 à 1841, il faisait paraître
ses Siipplénienls à Dalliard, comprenant un grand nombrede figures omises par le célèbre
iconograj)he, et, celte même année ISi l , il commençait une publication sous le titre de : Avis
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