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LE LACTAIRE BRULANT
LACTAKIi'S PYROGALUS de Fries.
Fiiìì!/iis i{iclcsci'ns,¡mr;inaiiitssmus de Yaillanl. — Arjaricus ¡njrogcdus de Biilliard. ~ Aíjaricus {Lacli-
/Ihus) liijroijahis de Persoon.
Cluipeau convcxe-plan, puis déprime au centre,
glabre, ccncîrc-livide, à zones concenlrifjues plus
l'oncôes; sLipe cylindrique aminei à la base, parfois
courbe, d'une leinle pâle, plein, puis creux; lamelles
adnées-décurrentes, écarlées, minces, d'un
jaune rougeàtre; spores blanches, spliériques, à
papilles écbinnlées. Lait blanc, îi saveur très acre.
Odeur à peu près nulle. Été, automne. Dans les bois
ombrages. Espèce vcncncusc.
Vaillant a décrit le premier ce Ciiampignon.
8. Son ciiapeaii, dit-il, esL plat el tant soit peu
creusé en nombril dans le centre; il a 2 ou 3 pouces
de diamètre, d'un blanc fort sale, tirant sur la couleur
de bois, denté inégalement sur les bords, à
dents arrondies. Les feuillets ont 2 ou 3 lignes dans
le fort de leur largeur, de couleur fauve tirant sur le
ventre de biche,si plein de lait brûlant, que d'abord
qu'on les entame, il en distille des goutteleltes de
chaque feuillet. La chair du chapeau est assez
mince. Son pédicule a environ un pouce de long,
taillé encheville,dontla pointe est en bas et la tète
en haut; il a 4 ou 5 lignes de diamètre, et la pointe
moitié moins. » Cordier dit que ce Champignon
est vénéneux, et M. Quélet qu'il est le plus acre de
tous et très redoutable. 11 a également une certaine
ressemblance avec le Lactaire délicieux : on l'en
distinguera à la simple vue de la blancheur de son
suc laiteux. Dans tous les cas on devra le rejeter
comme toxique.
Pl. XXXVIL — Fig. -13, le Champignon vu en
dessus; 14, en coupe longitudinale; i5, spores.
LE LACTAIRE ROUX
LACTARIUS RUFUS de Fries.
Funi/iis l<iclescens,piper<(tiis,riifus de Vaillant. — Fmujns peiiieiilo,ct superna pileoli parie atro-rufi^,
lamelUs subriifis, seii rcmissi coloris, succicm lucleim el acrem ftindcns de Micheli. — Agaricus ritfus de
Scopoli.
Caíalos, Raffoult (Cortiier).
Chapeau convexe-plan, mamelonné, déprimé
autour du mamelon central, parfois même inl'ondibuliforme,
glabre, non visqueux, brillant, d'un
brun rougeâtre; stipe plein, puis légèrement creux,
ferme, cassant, de la môme couleur que le chapeau;
lamelles adnées-décurrentes, rapprochées,
d'une teinte beaucoup plus pâle; spores blanches,
verruqueuscs-échinulées. Lait blanc, tout d'abord
insipide, puis d'une saveur très àcre, brûlante.
Odeur nulle. Élé, automne. Dans les bois de pins.
Espèce vénéneuse.
Nous trouvons dans Vaillant qui a, le premier,
parlé de ce Champignon, la description suivante :
« 11 a depuis un jusqu'à deux pouces et quelquefois
davantage de largeur d'un bord h l'autre de son
chapiteau, qui s'enfonce lorsque la plante est en
état. Sa couleur est de chair tirant sur le bronze;
le pédicule est de la même couleur, ainsi que les
feuillets qui sont un peu plus clairs. Les feuillets
sont assez serrés les uns contre les autres, et l'intervalle
à la marge n'est rempli que d'une très
petite portion de feuillets. Sitôt qu'on égratigne
tant soit peu ces feuillets il en sort un lait blanc et
poivré. La largeur des feuillets est d'environ deux
lignes. La chair de ce Champignon est blanche,
mais teinte un peu de fauve. Son pédicule est
plein. » Cordier quaiille ce Champignon d'extrêmement
vénéneux : il rcippelle que Bulliard dit
qu'il est nxiisible à la plus petite dose, et que Krapf
rapporte plusieurs exemples de ses effets délétères,
car il aurait plus d'une fois occasionné la mort.
Suivant M. Quélet, cette espèce serait, d'après les
auteurs, la plus vénéneuse du genre Lactarius.
Quiconque, du reste, a placé une goutte du suc
laiteux de ce Champignon sur sa langue ne larde
pas à convenir qu'il est difficile de ne pas lui accorder
des propriétés malfaisantes. On commence
d'abord par ne rien éprouver de désagréable; puis,
au bout de deux minutes à sentir une chaleur insupportable
: on a beau alors s'essuyer la langue,
saliver à diverses reprises, on ne peut que très
difficilement se débarrasser d'une sensation brûlante,
des plus vives et des plus aiguës. Cette espèce
pourrait Ótre prise par erreur pour la Vachette,
quoiqu'elle soit plus réduite dans toutes ses parties
et d'une teinte rousse plus foncée. Cette méprise
serait vite reconnue el n'aurait pas de suites
graves, si elle était faite alors qu'on se contente
d'absorber le suc laiteux de la Vachette, au moment
même oû on la récolte : mais il pourrait en
être autrement d'échantillons c\ faire cuire, et dont
la cuisson ne détruiraitpas entièrementle principe
toxique.
Pl. XXXVIL — Fig. 16, le Champignon vu en
dessus; 17, vu en dessous; 18, en coupe longitudinale;
19, spores (coupe optique).