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La (lescriplion (¡uc L'Écluse a donnée de ce
Cliami>ignon, jointe ù ta figure que nous reproduisons
ci-conlre, ne laisse pas de doute sur la conn
a i s s a n c e que l'on devait avoir depuis longtemps
d e ccUe espèce. Los expériences de Panleten ont
f a i t ressortir les propr iétés vénéneuses, une once
ayant suffi pour causer à un cliien dos vomissem
e n t s et des tremblements convulsifs. D'après
Roijues, un jeune chat qui en avait mangé une
once est mort vingt-quatre heures aj)rès; mais
deux cliiens n'eu aui-aient soiiiTert que pendant
d e u x jours. Get auteur cite encore les funestes
elTets produits par ce Champignon sur un jeune
c i j i r u r g i e n militaire qui en avait mangé un individu
cuit sur le gril avec un vrai Cèpe. Après tous
les symptômes d'un empoisonnement, vomissem
e n t s , tranchées, spasmes, etc. , et malgr é le rejet
des Champignons ¡"i moi t i é digérés, le malade souff
r i t violemment pendant quelques heures et la
d o u l e u r ne céda que sous l'action calmante de
l ' o p i u m . Réveil l'ayant donné ii u n chien, cru, pilé
et mélangé avec de la soupe, l'animal est mort le
c i n q u i è m e jour. M. Quélet le regarde comme un
Champignon nuisible, ou tout au moins suspect.
M. Louis P lanchón conseille de s e méfier beaucoup
d e cette espèce : 150 g r amme s coupés en petits
m o r c e a u x cuits dans l'eau, administrés à u n petit
c h i e n un peu malade déjà il est vrai, ont suffi pour
le faire périr en deux jours, après tous les symptômes
d'un grave empoi sonnement . Nous croyons
que, de tous les similaires des Cèpes d'été et d'automne,
c'est le plus dangereux, en raison de son
a b o n d a n c e relative dans les localités mêmes où
c r o i s s e n t ces deux Cèpes. Dans un hôtel de Suisse
où l'on faisait d'assez fréquentes préparations du
Cèpe d'été, un de nos amis ne fut pas peu en"rayé,
e n jetant les yeux sur un plat de ces Cèpes prép
a r é s pour la cuisson, de reconnaître parmi eux
u n échantillon de Cèpe perfide confondu avec les
comestibles . Cette méprise a du ótre faite plus
d ' u n e fois, et certains accidents causés par des
conserves de Cèpes y trouvent sans aucun doute
l e u r explication.
n . LVII. —F i g . 4, le Champignon vu de côté;
5 , en coupe longitudinale; G, spores.
LE CÈPE TROMPEUR
BOLETUS ERÏTHROPUS de Persooii.
(D'après l'histoire : Stiiììiis cnjîhropiiti.)
C h a p e a u convexe, fauve brunâtre, tomenteux,
ferme ; stipe cyl indrique mais plus gros ii l a base,
solide, ponctué sur un fond jaunâtre de très fines
s q u a m u l e s pourpres; byménium constitué pa r des
t u b e s libres, j aune s , puis verdatres, à pores petits,
ronds, d ' u n b e a u rouge vermi l lon ; spor e s oblonguesa
c u m i n é e s , jaumUres. Chair jaunâtre, bleuissant
a u moindre attouchement, mais-reprenant quelque
temps après sa teinte p r emi è r e . Odeur peu accusée;
s a v e u r a c i d e , i n g r a t e . J Ì t ó c l p l u s rarementiw/onwi;.
Dans les bois sablonneux, découverts. E'S/JÎÎCÎÎ vénéneuse.
Réveil a s ignal é ce Champignon comme vénéneux.
Cette espèce est très voisine du Boklus
luridus, dont le slipe est orné d'un fin réseau à
réticuIatioQS pourpr é e s , tandis que celui du B. eri/-
i/iropiis est finement pointillé de rouge pourpre.
Ces deux Cèpes paraissent être aussi dangereux
l ' u n que l'autre, et ce que nous avons dit du premier
s'applique également au second.
P l . LX. — Fig. 14, le Champignon vu d e côté : il
porte des traces de morsure de l imaces riui se sont
décolorées cl laissent voir la couleur jaune de la
chair du Champignon; 15, une coupe longitudinale
d u même, aussitôt après ia section du Champignon
; 16, spores.
LE CÈPE NOIRCISSANT
BOLETUS NIGRESCENS.
(D'après l'iiis luire ; Suiltus nigrescens.)
Chapeau hémisphérique, puis convexe-plan, sec,
d ' a b o r d lisse et jaunât r e clair, mais à la maturité
m a r q u e t é - c r e v a s s é et d 'un bran foncé;st ipe ferme,
p l e i n , d'un brun jaunâtre, d'abord lisse et claviforme,
pui s allongé et strié-scabre par des papilles
squameuses d'une teinte plus foncée; byménium
l i b r e autour du stipe, constitué p;ir des tubes serrés,
étroits, à pores petits, d'un j aune fauve clair
p u i s d'un jaune ocracé foncé; spores oblonguesacuminées,
j aunâ t r e s . Chair du chapeau e tdu stipe
j a u n â t r e , noircissant de plus en plus à l'air, après
l a c o u p c , tandis (¡ue i 'hyméniuni reste intact . Odeur
"nulle; saveur un peu astringente. Ëlc. Dans les
allées herbeuses, fraîches des bois.
que nous ne iroaeons pas sUjnaiéc par les auteurs.
Bien que des expériences particulière.s ne nous
p e r m e t t e n t pas d'affirmer la nocuité de ce Champignon,
nous n'hésitons pas îi le croire dangereux.
D'un autre côté, le noircissement immédiat de ia
chair au moment de la coupe invite peu à en faire
usage. Nous le classons, par suite, avec les Cèjjes
suspects.
Pl. LX. — Fig. 5, im Champignon très jeune;
G, en coupe longitudinale; 7, un autre plus
a v a n c é ; 8, en coupe longitudinale; un troisième
il la matur i t é ; 10, spores.