
une idée par 1L>S dil'ficultés ([ue rencontrciil M. de Scynes dans la recherche de ses spécimens
d'étude. « Les espèces comestibles, dit-il, bien que les plus abondanles, sont souvent les plus
difllciles à rencontrer, parce ({u'elles sont ordinairement récoltées dès l'aube du jour, soit par
les travailleurs, en allant aux champs, soit par leurs femmes,qui vont chercher du vieux bois
el faire des fagots. La moisson du botaniste mycologue lui est très disputée par les paysans, par
les moutons qui sont très friands de Champignons, et dont les troupeaux nombreux parcourent
les bois toute la journée; par les limaces, les escargots, les larves de toutes sortes, qui déploient
une grande activité à consommer la plupart des espèces. » Les planches qui accompagnent cet
intéressant mémoire représentent les résultats de très bonnes études sur Ihyménium et les
spores des Champignons supérieurs.
E n 1872, M. QUÉLET publiait la première partie de ses travaux de mycographie qu'il devait
annuellement faire suivre de parties supplémentaires, en décrivant sans cesse des espèces nouvelles,
en critiquant les types spécifiques plus ou moins contestables, et en ajoutant toujours
de nouvelles connaissances à celles précédemment acquises. Cette première partie de ses travaux
est intitulée : Les Champignons ihi Jura et des Vosges. M. Quélet, élève de Fries, y fait
emploi de la classification de ce dernier; mais, plus hardi que le Maître, il détruit Thomogénéité
du genre Agaricus. « .l'ai cru nécessaire, dil-il, d'élever au rang des genres, les sous-genres de
Fries formant tous des groupes très naturel s et parfaitement distincts. » C'est le premier coup
[)orté au vieil édifice linnéen, car il en sera de même avec le temps des genres Boletus et Ilydnnni,
et, dans les rapports delà science moderne avec rAnti([uité et la Renaissance, l'histoire
reprendra tous ses di-oits.
En 187/1, M. Gn.LCT commençait la pubhcation de son ouvrage intitulé ; Les Hyménomycèles
ou Description de tous les Champignons {Fungî) qui croissent en France. Comme M. Quélet, il
élève a u rang de genres les sections du genre friesien Agaricus, et, comme M. de Seynes, il les
réunit aux autres genres de Fries pour les grouper , non plus en deux catégories, mais en quatre
(Leucosporées — Rhodosporées — Ochrosporées — Mélanosporées) d'après la couleur blanche,
rose, ocracée ou noire des spores. De même que M. Quélet, M. Gillet donne quelques renseignements
instructifs sur les espèces comestibles ou vénéneuses.
Dans cette même année 1874, paraissait à Upsal un livre bien précieux pour les mycologues,
j e veux parler des flipuenomycetes FAiropoei d'ELIAS FRIIÎS. C'est dans cet ouvrage, en effet,
que le célèbre mycographe suédois résumait savamment toutes les connaissances acquises jusqu'à
ce jour sur cet immense groupe de Champignons, dont il ne décrit pas moins de 2772 espèces,
nombr e déjà considérable et qui pourtant s'accroît encore d'année en année ! U n e longue
existence, consacrée en grande partie à des études mycologiques, une aptitude particulière à
bien déterminer et caractériser les espèces, ont permis à Fries de condenser brièvement dans
sa dernière oeuvre les résultats de ses propres travaux, ceux de ses devanciers et ceux de ses
contemporains. Nous ne parlerons donc pas ici de tous les ouvrages que cet auteur a publiés
entre le Syslema mycologicum et les liymenomyceles Europoei, nous en tenant à ce <]uc nous
venons de dire de cette dernière oeuvre, dans laquelle nous regretterons toutefois de voir conserver
intact, nonobstant la tentative antérieure de M. Quélet, cet ancien genre Agaricus, avec
toutes ses subdivisions, mais ne comprenant pas moins alors de 1200 espèces!
Enfin nous signalerons encore, comme rentrant plus particulièrement dans notre sujet, les
publications suivantes. Un Glossaire mycologiqne (-1875) donnant l'exjilication des noms patois
des Champignons du midi de la France, par M. C. ROÜMEGÜKRR, qui, dans u n autre ouvrage,
la Flore mycologique de Tarn-el-Garonne ('1880) fourni l d'intéressants détails sur les Agaricinés
de ce département. Une Description des Champignons de la Finlande, par M. KARSTEN (1879),
dans laquelle il n'hésite pas à augmenter le nombre des genres d'Agaricinés, d'après des vues
nouvelles sur l'importance des caractères (jue présentent le volva ou le voile, môme à l'état
rudimentaire : il étal)lit ainsi 80 genres. Nous voilà bien loin de l'unique genre linnéen Agaricus,
dont M. Karsten nous paraît conserver bien à tort le nom [)0ur désigner les espèces congénères
du Champignon de couche! Les Champignons observés à La Rochelle et dans les environs
(1882), par M. G. BEUXARD, oeuvre consciencieuse, accompagnée d'excellentes figures et
dont la partie mycographiiiue est suivie de renseignements utiles sur la consommation des
espèces comestibles dans la Charente-Inférieure. Les Champignons comestibles et vénéneux de la
Région de Montpellier et des Cévennes (1883), par M. Loui s PLAXCHON, ouvrage faisant suite à
celui de M. de Seynes, mais à un [loint de vue plus économique et médical, et dont nous ne
pouvons que faire l'éloge; nous ]i'aurons pas besoin de faire ressortir tout l'intérêt que présente,
dans la troisième partie de cet ouvrage, le recueil des observations et des expériences
nouvelles publiées par l'auteur. Les extraits que nous en donnerons plus loin le feront comprendre
suffisamment. L'iiistoire naturelledes Champignons comestibles etvénéneux par M. SICARD
(1883), dans laquelle l'auteur, s'inspirant des travaux de Léveillé, dispose les espèces qu'il décrit
d'après les idées du Maître. Les Champignons supérieur s,\idx M. FORQUIGXON (1886), très bonne
introduction à leur étude. La synonymie provençale des Champignons de Vaucluse, par M. RÉ-
Guis (1886), où se trouvent d'intéressantes observations sur les espèces de ce département.
E n f i n , t o u t récemment, M. QUÉLET a eu l'heureuse idée de pubher un Aperçu des qualités
utiles ou nuisibles des Champignons, dans lequel il a résumé toutes ses opinions sur ce sujet.
Nous n'avons eu garde de ne pas profiter des précieuses indications de ce savant distingué,
([ui déclare avec raison que la connaissance scientifique des espèces est, en même temps, la
clef de la Mycologie et le flambeau de la Mycophagie. Dans le but de faciliter cette étude, il a,
du reste, également rédigé son Enchiridion Fungorum in Europa media et proesertim in Gallia
vigentium (1886), répertoire concis de toutes les descriptions d'espèces signalées jusqu'ici en
France et dans les pays circón voisins, et disposées dans un ordre méthodi(iue i
classification nouvelle presque entièrement propre a l'auteur.