
cetelïroyable empoisouueiiieiit out élé d'ailleurs caractérislii|ues des clfels lardils du poison de
eesi'edoulablcs Champignons, qui ne |jermelleut pas d'y jiorler secours en lem|)s utile. Beaucoup
de personnes, émues de ce triste événement, se sont deraondé si, grâce aux progrès de
l'inslruction, la connaissance des espèces toxiques ne pourrait être vulgarisée, alin d'empêcher
le retour périodique de ces accitlents presipie toujours mortels (it). Nous no us associons de grand
cuau- à ce désir bien naturel, mais nous doutons (]u'on puisse de longtemps encore réussir à
résoudre cette (|uestion humanitaire.
\'oici le récit détaUlé qui en a été propagé ])aj' la voie de la presse, à deux jours de distance.
« Un empoisonnement jjar les Champignons, qui a eu de terribles conséquences, est arrivé
lundi dernier à l'Asile agricole tie Saintd^ouis (Gironde). Cet établissement, qui sert à former
des agriculteurs et des horticulteurs, se divise en deux quartiers, le iiuartier des grands, qui
compte treize jeunes gens, et le (piartier des petits, qui compte trente-deux entants.
» Lundi matin, la cuisinière de l'asile, connue sous lenoiride soeur Brigitte, alla cueillir dans
un bois voisin quelilues Champignons, qu'elle servit au déjeuner des grands. La journée se
passa sans incident: mais, dans la nuit, plusieurs jeunes gens furent pris de violentes douleurs
d'entrailles; le médecin de l'Asile fut avisé en toute hâte et donna les premiers soins aux
malades.
» Malheureusement la digestion des ahments empoisonnés étant déjàtrop éloignée pour que
les remèdes en pussent conjurer les effets, l'un des malades ne tarda pas à succomber, et son
décès fut bientôt suivi d'autres. Jusqu'à présent, dix jeunes gens ont déjà succombé dans d'horribles
souffrances; les trois autres et le surveUlant sont dans un état grave. »
II La Gironde annonce qu'un onzième enfant a succombé la nuit dernière à l'orphehnat
Saint-Louis. Il était âgé de quinze ans. L'état des trois autres est toujours inquiétant.
» Il résulte de l'enquête à laquelle s'est livrée la justice que, quelques jours auparavant, une
semaine environ, la cuisinière de l'Asile avait cueilh des Champignons dans les bois de l'établissement,
les avait préparés etservis aux autres soeurs de l'Orphelinat et du couvent voisin.
Ce mets avait été trouvé exceUent par les religieuses, qui n'avaient éprouvé aucun malaise.
Encouragée par ce résultat, la soeur Brigitte est allée faire unenouvelle cueillelte dans les bois,
cueillette dont on connaît les funestes conséquences. Par mesure de précaution elle avait, en
faisant cuire les Champignons, placé dans sa poêle où dans sa casserole, une pièce de un fi anc
en argent qu'elle avait retirée sans aucune souillure, ce qui lui avait fait croireque les Champignons
étaient inoffensifs. Ce moyen, comme on le voit, n'est pas toujours aussi efficace qu'on
veut bien le dire. Le plat de Cliampignons était peu copieux et tous les pensionnaires n'ont
pu en manger, ce ilui exiilique ijue le nombre des personnes atteintes n'a été que de (pta-
(u) SI. le D' Guillaud s'usl fail nulaiiimaiil l'ôloquciil inlorpiilo ilo tes ieaiiinenls pliilanlliiopii|uca dans lu Journal il'lilslaiienalurdlt. ik Hordeam:
sldHSiid.O«esi. Son ¡nléressaulailiale a élé rcpraduit dans la Biditliii ii= 1 de la Soaidldmstoloiii.iuo (1885).
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torze, auxquelles il faut ajouter deux religieuses (|ui n'ont éprouvé qu'un léger malaise.
ï Quant à la responsabilité pénale, la Gironde croit savoir que soeur Brigitte et la soeur
supérieure de l'Orphelinat, quiaprêtél a pièce de monnaie, seront poursuivies conformément
aux dispositions des articles 319 et 320 du Code pénal, pour homicides par imprudence et complicité
de ce délit. »
En dehors des empoisonnements trop réels causés en général par les Oronges vénéneuses, la
Yolvaire blanche ou grise, quelques Russules ou Lactaires et certains Cèpes pernicieux, il
arrive parfois que des indispositions assez graves sont attribuées à des Champignons ré|ratés
• comestibles. Or, ces accidents sont dus à deux causes dont il est bon de tenir compte : aux m'odifications
graves C|ue subissent les Champignons dans leur composition chimiipie à l'époque
de leur maturité; aux indigestions, suite inévitable de repas ou trop copieux, ou dans lesquels
sont consommés, soit de Irop grandes i|uantités de Champignons, soit des Champignons insuffisamment
cuits. Il convient donc de ne faire entrer, autantqne possible, dans les préparations
culinaires, que des Champignons cueillis avant leur maturité : à ce premier état de développement,
Us sont du reste plus tendres, plus sucrés, plus déUcats, d'une digestion plus facile, qualités
qui, d'ordinaire, ne se retrouvent plus dans la môme espèce récoltée trop tardivement.
Mais de même que telle espèce comestible, prise à divers états de développement, présente
des propriétés culinaires plus ou moins estimables, les autres espèces également comestibles,
comparées entre elles, se recommanderont dilléremment au choix de consommateur. Illui sera
ainsi loisible de les grouper en deux ou trois catégories, d'après le degré d'excellence de leurs
qualités nutritives. Nous croyons pouvoir lui proposer d'établir commesuit, sans vouloir tontefois
nous faire l'arbilre du goût, les hstes des espèces de premier, de second et de troisième
choix, toutes jugées bien entendu sur des récoltes faites avant leur maturité :
1* Espèces très rccommandaUes : L'Oronge, le Champignon de couche, la Boule de neige des
champs, le Champignon sanguinolent, la Grande Coulemelle, le Grand Coprin (très jeune), le
Mousseron, le Lactaire sanguin, la Vachette (surtout crue), l'Oreille du Peuplier, l'Oreille de
Chardon, la Souchette, la Corne d'abondance du chêne, la Giróle ou Chanterelle, la ChantereUe
pourpre, la Trompette des Morts et le Faux Mousseron, ces deux espèces commecondiments;la
Nonnette voilée ou le Cèpe jaune, la Nonnette ou le Cèpe pleureur, le Cèpe d'Eté et le Cèpe
(d'automne), le Cèpe bronzé, la Croquette des sapinières, le Hérisson, les Morilles, laMorilletle
blanche et la Morillette brune, les Truffes noires.
2" Espèces recommamlables à divers litres : l'Oronge vineuse, la Volvaire livide ou Grisette,
laBoule de neige des bois, la Boule de neige des prés, la Boule de neige bâtarde, la Coulemelle
bâtarde, la petite Coulemelle, la CoulemeUe chauve, la Caussetta de Nice, le Champignon du
Peuplier, les Pivoulades, la Peuplière, le Précoce, la Colombetle, le Gros et le Petit Pied bleu,
le Mousseron d'automne, la Langue de carpe, leMousseron des haies, le Prévat, lePalomet.
le Cliarbonnier, leRougillon, le Cèpe orangé, ele.