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L-oii à ^ì'Ligtìr mi oignon ; ;iuvage? Nos Pyliuigoriciens mime le
I'Linos amis? Prends vite ces deux Champigìions dyeim el
y a d(.'. la vianile, s'aniu
l'eraient-ils?..
Kl [ilus avant il fijoiUe :
" Mais i|ui sail ce qui i)eut arriv
l'ais-les rôlir.
Cephisodore, disciple d'isocrale, fcprocbc au philosophe A ris lo te, dans les cpudi'e livres
iju il a laits contre lui, de s'èlre occupe d'une chose peu digne de lin en recueillant des proverbes,
et lui objecte qa'Anliphone a l'ait une pièce intitulée Les Proverbes, dans laquelle on
lit ce qui suit :
® — Pour moi, quand je mange ([uelque chose de chez vous, je m'imagine manger des
Champiijnum criids, des pommes acerbes, ou toute auti'e chose capable d'étrangler.
« Les Champignons sont une production spontanée de la terre, et il y en a bien peu qu'on
puisse manger, caria plupart causent un étranglement mortel. C'est pourquoi Épicharme dit
en plaisantant :
« Desséchés et durs comme vous êtes, vous nous étrangleriez comme des Champignons.
« Nicantire rapporte les noms des dillerents Champignons, et entre autres ceux des Champignons
qu'on doit regarder comme mortels :
« Les Champignons, dit-il, de TOlivier, du Grenadier, de l'Yeuse sont des excrémenls végétaux,
ennemis dn corps, de même que ceux qui sont comme gonllés, visqueux, lourds, car ils
causent des étranglements mortels.
« 11 dit ailleurs :
« Si vous arrosez souvent le tronc du Figuier, a|>rès l'avoir couvert de fumier tout autour,
il y croîtra des Champignons innocents. Faites venir de lels Champignons (¡j.ûy.vzxç) ; mais n'arrachez
pas ceux qui viennent sur les racines qui courent à la su[)erhcie du sol.
« Nicandre dit ensuite:
"Vous aurez soin de faire rôtir des Champignons Amaniles {mycêias amanilas, ^j-vy-ri-Kç
¿¡j.avc7xç).
« Dioclès de Caryste dit, dans son Traité des coinestibles salubres, que parmi les légumes
champêtres, il faut faire bouillir la betterave, la mauve, la patience, l'ortie, l'arroche, lesbulbes,
la Trii/fe et les Champignons.
« Diphile écrit que les Champignons sont stomachiques, laxatifs, nourrissants mais dilTiciles
à digérer etllatueux, lels (¡ue ceuxdel'îie de Cée; mais, selon lui, il yen a aussi beaucoup (pii
tuent. Ceux qui sont légers, mollets, un peu friables,paraissent être innocents : lels sont ceux
(jui croissent au [àed des Ormes et des Pins; mais on regarde connue nudfaisants les Ckwnpignons
noir s, livides, f/ars, et ceux qui, après avoir été bouillis et serrés quelque temps, sont
comme coagulés : tous ces Champignons tuent si l'on en mange. On cm[)loiera contre leurs
mauvais eifets une potion d'hydromel ou d oxymel, du nitre et du vinaigre; mais de quelque
manière que ce soit, il faut vomir après avoir pris ces breuvages, Ainsi les Champignons
doivent êti'c apprêtés surtout avec dn vinaigre, de l'oxymel ou du miel, ou du sel : on leur
oterii ainsi leur quahté strangulatoire.
« Théophraste, dans son Uisloiredesplantes, écrit ce qui suit ; Tels sont ceux qui croissent sous
terre, et ceux qui croissent dessus; par exemple ceux que quelques-uns ¿ippellenlpesïs (irsÇt;)
et qui croissent |)armi les Champignons; or ceux-ci n'ont pas de racines, Le Champignon a
cependant un rudiment d'attache dans les fibrilles qui partent de l'extrémité inférieure de sa
tige prolongée. »
Athénée, dans son cha|iitre xxi sur les Truffes, s'exprime ainsi sui- ce sujet :
« On hl dans Théophraste :
«... Telle est la génération et la nature des choses qui sont produites en terre, comme la
Truffe et ce qu'on a[ipelle le Misy (iii-v) rpii croît aux environs de Cyrène. La saveur en esL des
plus agréables et l'odeur tient de celle delà viande. Telle est aussi la génération et la nature de
lilon qui croit en Thrace.
" Diphile dit que les Truffes sont difficiles à digérer; il y en a même {{ui étranglent comme les
Champignons. »
Enfin nous trouvons dans les Geoponica, recueil de travaux antérieurs concernant les
sciences physiques, l'agriculture, etc., rassemblés [)ar plusieurs savants vers l'an 050, sur l'ordre
de Constantin Vil, surnommé Porphyrogénète, empereur de Byzance, quelques notes écrites
par Takiîntinus sur les Champignons.
Cet auteur donne les conseils suivants: «Pour faire pousser des Ch;m:ipignons, il convient de
recueillir de la terre de montagne et de faire brûler dessus des branches d'arbres avant la
pluie : après la pluie, il s'en développera.
« Lorsque l'on coupe un tronc de Peuplier et que l'on verse une solution de leyain sur la
souche quireste dans le sol, on obtient au bout de quelques jours le Champignon du Peuplier
{m-ycêtes aigeirilai-iioy.riT:içaiyiipn:M). » Il s'agit, comme pour Dioscoride, du Pholiota /Egerila.
Si nous essayons de résumer les connaissances de l'antiquité sur les Champignons en tant
que désignation et concordance synonymique chez les Grecs et les Romains avec les noms
Irançais ou scientifiques actuels, nous ne pourrons le faire qu'à la condition, bien entendu, de
rester parfois dans le doute. Mais certaines espèces, et non les moins intéressantes, ont été
désignées de façon à être notoirement reconnues : nous croyons donc utile d'appeler
sur ces espèces plus ])arlicuhérement l'attention et de marquer leurs synonymes par des
points alhrmatifs; on trouvera l'explication du peu de concordance qu'olfre la nomenclature
ancienne avec la nomenclatiirc moderne dans l'exposé qui va suivre de l'histoire de
!a science raycologi(|ue depuis la Renaissance jusqu'à nos jours. C'est avec ces réserves