
l>ilLOi-esque, mais en môme temps si caraclérislic[
iiô que nous pouvons cei-laineincnl. considérer
l'Oronge comme l'espèce clonL l'usage chez les
Homains peut avanl Loulcs les autres être affirmé
sans conteste : a L'enveloppe ou vulva, dit-il, sort
(k Icrrc ¡a première pour renfermer l'Oronge,
comme le jaune de l'oeuf est renfermé dans le blanc
qui l'environne...-i). L'Ëcluse qui rappelle également
cette descripLion de Pline, et donne le premier
une figure reconnaissable de l'Oronge, ajoute
qu'il n'est pas douteux que ce Cluiinpignon soil
bien le bulelus tant célébré par les Romains; il
ajoute qu'il était estimé de même en Hongrie,
où on le [jréparait de dillerenlcs laçons. Ainsi,
on choisissait les Jeunes individus comme étant
plus parfumés et plus délicats : après les avoir
épluchés et faiL cuire dans l'eau, on les hachait et
on les servait dans une sauce préparée avec de la
crème, du persil haché et du poivre. Ou bien, privés
de leurs pédicules, on les faisait cuire sur de la
bi-aise et on les servait avec un jaune d'oeuf.Oubien
encore, privés de leurs pédicules, on les fricassait
dans une poêle avec des oeufs et du beurre. On en
faisait également sécher pour les conserver : on les
faisait plus tard cuire dans l'eau et on les servait
avec un assaisonnement préparé avec le liquide
L'Oronge, d'après l'Écluse (IliOl).
réduit par la cuisson et du pain grillé, le tout
additionné de vinaigre, de poivre, de gingembre,
etc. Il sera intéressant de comparer ces diverses
préparations culinaires avec celles que conseillait
Apicius. Depuis la Reiuiissance, il n'est pas non
plus d'auleur qui n'ait célébré l'Oronge. Paulet en
fait le plus grand éloge. Roques dit ([u'on regarde
l'Oronge comme le plus fin, le plus délicat des
Champignons. Vittadini en parle comme du Champignon
le plus délicieux de l'Italie, el chose assez
curieuse, il dit qu'on préfère les individus adultes
à ceux renfermés dans le volva, les jiremiers étant
plus savoureux. C'est une exception à la règle bien
établie que les individus jeunes sont meilleurs que
les adultes. M. Qnélet le qualifie aussi de délicieux.
Nous ne pouvons qu'être de cet avis : les essais
que nous en avons pu faire nous ont facilement
persuadé ([ue la réputation de ce Champignon,
depuis l'Antiquité romaine jusqu'à nos jours,
n'était pas surfaite. On se gardera de le confondre
avec la fausse Oronge, espèce vénéneuse,
qui a certains points de ressemblance avec lui,
la couleur de la partie supérieure du chapeau
notamment, mais qui s'en distingue à première vue
par la couleur blanche du siipe et des lamelles.
Pl. 11. — Fig, 1, le Champignon dans le volva;
le môme en coupe longitudinale; 3, sortant du
volva; 4, dans son complet développement; 5, en
coupe longitudinale; 6, spores.
L'OKONGE BLANCHE
.l.)MA'/T.'l OVOIDEA de Quùlel.
Funrjus asculeuiiis, nnigtius, e voli>a erumpens, Coins albus, graviter odorants, lamcllis cmhris el creberrime
denticulads, pedículo obeso, unulato de Micheli. — Fmgus albus de Magnol. — Leucomgces pcctinalus de
Daltarra. — Agaricus ovoides albus de Bnlliard. — Agaricus {Amunita) ovoideus de Fries.
(D'après l'hisloirc ; Boletus ocoideus).
Coucoumèle, Goqucmelle, Oronge blanche {Paulel). — Coucoumelle blanche, Couconmelle fine (Rofjues).
— Champignon blanc, Coucoumèle, Boulé (.1/. de Seynes). — Lera Blanca (M. Baria). - Lou Coulé,
Mujulo blanco {M.-L. Planchón). — Oriol cougoumèle {M. Roumcguère).
Farinaccio, Farinon, Cocchbianch (//«/.). —Wei s s e Kaiserling
Champignon blanc dans toutes ses parties. Chapeau
de forme arrondie, iiémisphérique, à bord
courbé en dessous, dépassant les lamelles, sans
stries, plus ou moins frangé; stipe épais,solide, flocculeux
aranéeux dans toute sa longueur, peu renflé
k la base où il reste enlouré d'un volva très ample,
persistant; voile large, retombant, entier, frangé;
lamelles épaisses, élargies, libres, h tranchant presque
lisse; spores irrégulièrement sphériques, spiculées,
blanches. Odeur faible, saveur agréable.
Éiéef. automne. Dans les taillis, les bois découverts,
les forêts peu ombragées. Plus commune dans le
midi que dans le nord de la France. Espèce comestible,
recherchée.
Vittadini dit (|ue ce Champignon doit être placé
à bon droit parmi les espèces comestibles les plus
délicates, mais qu'il est inférieur k l'Oronge. On
l'apprête d'ailleurs de la même façon. M. Barla
lui trouve une odeur assez forLe et désagréable, ce
qui était du reste l'opinion de Micbeli, et dit qu'il
n'est pas d'usage aux environs de Nice de le récolter
comme espèce alimentaire. M. (Juélet le qualifie de
très délicat. M. Louis Plancbon dit l'avoir vu apporter
sur le marché de Montpellier par grandes
corbeilles : il le déclare très bon, n'ayant pas
l'odeur forte et désagréable que lui a t l r ibueM. Barla,
mais manquant un peu de parfum.
Nous engagerons à ne pas consommer ce champignon
sans avoir la certitude qu'il n'a aucun des
caractères de l'Oronge vireuse, espèce dont on ne
saurait trop se méfier, et qui se présente quelque