
loujoui's dix ou même douze heures. r;irement davantage. Les premières douleurs apparaissent
dans ia réiiiou épisiaslriqiie. puis siu'vteuneut des nausées, des vomissemenls, des évacuations
alvines, île l'anxiété, dos coliques jilus ou moins fortes; la petitesse du pouls est extrême. Il y a
somnolence ou plutôt prostration très grande, soif intense, et les liquides avalés sont rejetés
aussitôt: suciu's froides; la face, la langue, les doigts sont souvent cyanosés. Les urines sont
ordinairement rares, et I nitelligence se conserve jusqu'à ce que la mort vienne terminer ces
souiïrances, ce qui arrive au bout de deux à quatre jour s et même plus, à moins qu'une réaction
salutaire se produise, que les accidents cessent et que la chaleur et la circulation se rétablissent.
<a's symptômes favorables n'ont lien malheureusement que trop rarement et seulement lorsque
des vomissements naturels ou provoqués ont fait rejeter le poison avant qu'il ait eu le temps
d'agir, ou quei a quantité prise n'ait pas été assez considérable. De toute manière, les malades
se ressentent toujours pendant fort longtemps de leurs accidents. »
" L'ellet delà Fausse Oronge, ajoute-t-il, est beaucoup plus prompt que celui de l'espèce ]-)récédente
: elle est plus acre, un peu moins dangereuse parce (|u'elle provO(|ue les vomissemenls
avant que le Champignon soitdigéré. »
Les synijitomes de l'empoisonnement par les Russules âcres et les Lactaires sont rapides
connue ceux de la l-'ausse Oronge, M. Boudier dit (pi'il se produit des vomissements, des douleurs
épigastriques, des coliques plus ou moins fortes,quelquefois du délire et un coma plus ou
moins profond, mais qu'il est très rare que ces symptômes aient une issue funeste, les vomissements
naturels ou provoqués faisant presque toujours rejeter, dès le principe, la presque totalité
du poison. Enfin, la convalescence est moins longue et ([uelques jours sufrisent d'ordinaire
au complet rétablissement.
Les empoisonnements par les Cèpes vénéneux ont été moins étudiés : leurs symptômes paraissent
se rapprocher plutôt de ceux causés par les Russules acres et les Lactaires. Leur principe
toxique, peu connu, parait fixe comme chez les ()ronges, car on a constaté des cas d'empoisonnements
fort graves provoqués par des conserves de Cèpes desséchés dans lesquelles des
espèces vénéneuses se trouvaient par mégarde mélangées à des espèces comestibles.
Les redoutables accidents qu'entraîne l'ingestion de ces diverses espèces de Champignons
nécessitent ini traitement approprié aux symptômes particuliers de leurs effets toxiques. Nous
croyons utile de reproduire ici quelques-uns des moyens curatifs conseillés par M. Boudier,
dans le mémoire signaléci-dessus, " En première ligne, dii-il, nous citerons les vomitifs : employés
au début, lorsque le poison n'est pas digéré, on en obtient sonven t ies meilleurs effets et
la cessation plus ou moins prompte" des accidents; employés plus tard, ils sont inutiles et
doivent, s'il y a d("jà quelques heures que le poison a été ingéré, être remplacés ])ar des émétocalharti(|
ues, puis par des purgatifs ou des lavements de même nature... Comme le temps est
précieux, si l'on n'avait pas de vomitifs sons la main, il faudrait provoquer les vomissements
par tous les moyens possibles, les doigts enfoncés dans la gorge, le sel, etc. Après les vomisse-
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mcntsiaviiriséspar des boissons abondantes, je crois qu'il serait prudent de donner une solution
très légère d'iodure ioduré de potassium, par cuillerées, de temps en temps, [¡référable ait
tannin ou à rinlbsion de noix degalle... Il faudr a de [)lus ramener la circulation jiar tous les
moyens possibles si les extrémités se refroidissent, et même ne [¡as attendre ce sym|)tôme cp.ii
est constant, ranimer le malade, si l'assoupissement ou la prostration le gagnent, {lar du thé ou
du café conseillés déjà avec raison par le J3' Léveillé. Dans ces derniers cas, il est bon de surveiller
l'inllammation gastro-intestinale etde la combattre par les moyens convenables. L'éther
a été préconisé dans ces derniers temps : on en a obtenu de grands soulagements... Tous ces
moyens ne valent certes i)as de bons antidotes pour prévenir les accidents ou les arrêter, mais on
ne pourra espérer les trouver (|ueÎors( pie les principes actifs des Champignons auront été tous
isolés, déterminés avec soin, et étudiés dans les réactions ([u'ils présentent. Toutefois, l'on devra
se trouver heureux si l'on parvient à conjurer des accidents aussi graves. Les malades ne
sont pas encore guéris; ils ontbesoin, suivant la gravité de la maladie, de j.tlusienrs joui'S et
môme de plusieurs mois pour se rétabhr complètement, »
Dans la thèse fort intéressante, parue en 18H;5, et intitulée: Les ClHiui.pigitoi'us cumeslihles H
vénéneux de larégion de Monlpellier et des Cávennes,{\u^ avons déjà citée, M. LNI:is Pi.a.ngihin
a jHiblié de nouvelles observations sur les cmpoisonnementscausés par les Oronges vénéneuses
et a fait connaître les résultats de quelques expériences tentées sur des chiens avec ces Champignons.
Nous ne pouvons (|u'y renvoyer le lecteur, dans l'impossibilité où nous nous trouvons
de résumer tous les faits signalés par l 'auteur et de ne pas répéter ce cpie nous avons déjà dit sur
ce sujet. Nous noterons seulement ici ce que le D''Louis Planchón retient de deux expériences
faites avec l'Oronge panthère, qui lui semble contenir le même alcaloide que la Fausse Oronge.
Il lui parait même probable que la proportion de cet alcaloïde est plus forte dans l'Oronge panthère,
car i5(.) grammes de ce Cbampignon ont toujours eu une action plus énergique tpie
•i5<.) g r amme s de Fausse ( )ronge. On fera donc bien de se méfier de cette Oronge panthère et de
ne pas la recueillir au lieu et place de l'Oronge vineuse qui est comestible.
Nous signalerons encore dans cette thèse ce (|ue l'auteur a écrit sur l'Oreille de l'Olivier
{Plcnruius olearins), et sur l e Cèpe perfide {Bolelus luridus) : il en sera(iuestion dans la partie descriptive
de notre travail, ainsi que d'autres faits rapportés par le même auteur à d'autres es{)èces
de Champignons. xXous y joindrons des constatations du même ordre faites par d'autres observateurs,
et notamment par M. Quélet.
Il ne nous a pas été possible de rendre comjite ici des nombreux cas d'em[)oisonnements attribués
aux espèces vénéneuses dont il vient d'être parlé plus haut. Mais nous croyons utile de
l'aire connaître dans tous ses détails, fort instructifs par eux-mêmes, le terrible accident qui a
fait onze victimes à l'Asile agricole de Saint-Louis, près Bordeaux, le6 octobre 1884, et i jui paraît
devoir être attribué à des préparations culinaires dans lesquelles, par une funeste méprise,
des Oronges bulbeuses avaient été récoltées pour des Boules de neige. Tous les symptômes de