
T n'est pas facile ù connaître. Dans tous les cas, elles onL ce caractère de commun avec le bois
d'être sujettes à la pourriture. On sait ce ([ui est arrivé, il y a quelques années, à Lartius
Licinius, (jui exerçait alors les l'onctions de préteur à Carthagèue, eu Espagne : on mordait
daiis une Truil'e, il faillit se casser les dents de devant sur un denier t[ui s'y Irouvait renfermé;
ce (jui montre clairement que la Trulfe englobe en elle la substance de la terre. 11 est certain
en tous cas (lu'elle lait partie des végétaux qui naissent et qu'on ne peut semer. »
DU -MISY, DE L'ITON ET DU GÉRANION
« Ce que l'on appelle misy dans la Cyrénaïque et que l'on place au premier rang à cause de
la suavité de son odeur et de la finesse de sa saveur est semblable à la Trulfe, tout en étant
plus cliarnu : il en est de môme de \'il07i de la Thrace et du géranion de la Grèce, B
DES THUFFES
« Voici ce que l'on rapporte de particulier sur les Trufies. Quand il pleut à l'automne et que
les tonnerres sontfréqueuts, elles seforment, mais principalement sous l'action du tonnerre.
Leur durée ne dépasse pas l'année. Celles que l'on recueille au printemps sont les plus tendres.
» Dans certaines localités, on prétend qu'elles se plaisent dans les terrains arrosés ; c'est ainsi
qu'à Mitylène, elles ne croîtraient point si la semence n'en était pas apportée de Tiare par le
débordement des lleuves : il est vrai qu'elles se trouvent très abondantes en cet endroit. Les
plus renommées en Asie viennent des environs de Lampsaque et d'Alopéconnèse, et en Grèce
des environs d'Élis. »
DES PEZIQUES
» On place parmi les Champignons les Peziques des Grecs, qui naissent sans racine ou
pédicule. »
Ce qui semble indiquer que, pour Pline, les Truffes n'étaient pas des Champignons. Il a Îallu
du temps pour que cette opinion erronée cessât d'avoir cours. Il sera question plus loin du
misy et de Viton. Quant aux Pezicoe, nous verrons que les commentateurs de la Renaissance
ont cru pouvoir reconnaître dans ces Péziques les Lycoperdons ou Vesses de Loup. Mais ce
qui semble singulier, c'est ([u'il soit si peu (juestion, dans les ouvrages des auteurs grecs ou
lalins que nous avons signalés précédemment, d'une des productions mycophagiques les plus
recherchées aujourd'hui; nous voulons parler de la Morille. Quelques commentateurs ont cru
trouver, à la fin du 122 du livre XIX de l'Uistoire nalurelle de Pline, un passage qui pourrait
se rapporter à ce Champignon. Il s'agit des différentes espèces de plantes qui naissent dans les
jardins.
% (X Nous ap[)ellcrons charnus, ajoute Plhie, certains autres végétaux, comme les l'Jjioiii/es
.i.i, qui naissent dans les [)arties humides des prés. Mais nous avons doimé di.'S ilétails sur les
. ] Champignons en [larlant des arbres et des essences hgneuses, et précédemment nous nous
étions occupés d'une autre espèce de Truil'e. »
Enhn, Pline fait connaître incidemment, dans le livre XX\'l, § un Champignon foi'l
estimé de nos jours en Italie, au point de vue de l'alimentation,
« Le Siderilis % dit-il, a une si grande veilu, qu'appliqué sur la blessure, mùme récente,
d'un gladiateur, il arrête le sang : ce que l'ait également la cendre ou le charbon de la I^Érule ;
le Champignon qui prend naissance à côté de sa racine est encore plus efltcace. »
Deux poètes latins, (pii vivaient encore un certain nombre d'années a[)rès l'iine, nous ont
transmis dans quelipies vers des détails sur le sujet i]ui nous occupe. Il nous reste si peu de
chose sur les Champignons dans les écrits de l'antiquité ([ue nous croyons utile de ne rien laisser
perdre. Ajoutons donc, ù ce que nous avons déjà cité, les extraits suivants des SatiroH de
Juvénal et des Êpigrammes de Martial.
Dans sa Satire Yi, sur les Femmes, JUVÉNAL s'écrie, en se reportant à la mort de l'empereur
Claude :
« Le Champignon d'Agri[>pine l'ut moins pernicieux, il ne lit que précipiter et l'aire tomber
dans le ciel un caduc vieillard dont la tête tremblail, dont les lèvres distillaient la salive à longs
trails'' » (Trad. Dusaulx).
Ce Champignon, le traducteur eût pu l'appeler l'Oronge (Boletus). Le poète l'avait du reste
déjàsignalé dans sa SatireY, sur les Parasites, et dans un passage très instructif comme réhabilitation
de cette excellente espèce, toujours distinguée des autres Champignons.
«Les Champignons sus[iecLs seront servis aux méprisables convives, l'Oronge au maître,
mais de ces Oronges que mangeait Claude avant celle préparée par sa l'enmic et après larjuollo
il ne mangea plus rien \ »
On remarquera cette expression caractéristique « ancipites Fungi " opposée à « Boletus s,
le Champignon le plus recherché, tous les autres Cham[>ignons étant tenus au contraire en
médiocre estime, et devant exciter la méfiance à i)lus d'un titre.
Dans sa Satire XIV, sur l'Exemple, Juvénal s'écrie :
1. Nccnon el carnosa alirjua appcllabiiiius, ni apougias
iiiliumore pralorum enasccnlcs, Fiingonm eiiini callimi,
in Ugni arbori!m'uie n.ihira diximus, ci aliogenerc tiiberuin
paulo anle.
2, Siderilis laulam vim lialjel, ut quamvis recenti gladialoris
vulneri illigata, sanguinem claudal: ([uod facil elferulut
einis, vel carbo: /^¡(ííjwsveroeliani efficacius, qui secundum
radicem ejus nascitur.
Minus ergo nocens eril Agrippina
Holettis, siquidüin uiiius prajcordia pressit
nie scnis, tromulunique cai)Ut descendere jussil
In cffiluu), et longaui maiiantia labi'a salivam.
{Salire VI, 020' vers et s
Vilibus ancipites Fungi ponenlur amieis,
Boli'tus tlomiuo, sed qualem Claudius edit
Ante ilium uxoris, posi, (¡uera nil ainpiius edil,
{Satire V, 146'vers eis
111