
côlé le mol S/iilhis, qui, depuis les contemporains de Pline jusqu'aux Napolitains du temps
de l.")illei], servait à iiomiuer les Cèpes, pour mettre à la place le mot Boleltis, nom romain par
excellence, apjjliqué à l'Oronge et déjà à tort dérivé de sa signiiicatioi) pat- Tournefort pour
designer la Morille? Erreur regrettable, qu'il y a d'autant plus lieu de déplorer, qu'elle s'est
maintenue arbitrairement dans la nomenclature depuis lors jusqu'à nos jours.
Dillen distingue les esjièces de son genre ^înif/^v'/a en vingt-trois comestibles et soixante-treize
sus]>ecles. Il n'est pas facile de reconnaître, à l'aide des [ihrases très courtes de l'auteur, les
espèces dont il a voulu parier. On ne peut s'éclairer souvent, [lour y arriver avec quel(]ue probabilité,
qu'en fiiisant usage des phrases synonymi(|ues de G. et J. Bauliin, de Sterbeeck, etc.,
que I )illen cite lui-même ajirès ses propres phrases. Nous croyons néanmoins pouvoir rapporter
au Sanguin ou Lactaire délicieux des modernes {Laclarius delic'mm), Tespèce classée dans
ses Funrji lamdkdi esculeiili, ([u'il a p p e l l e l a t e r i l H coloris, croce sacco hirgens.
Quant ù ses Fwigi JamelUs carenies, Champignons dépourvus de lamelles, il n'en signale
pas les propriétés et n'en l'ait pas une classilication spéciale en Comestibles et Vénéneux. Le
Cèpe d'été paraît répondre à ses trois phrases : Boleiiis magnns JnUi mcnsis {in silva, posi pluvins),
Dol'cliis marptiis Angusli inensi.s, et Boleias viagniis, pedicuJo reticAilalo crasso {Julio et
Augmto, m hicu). Ce caractère de gros pied réticulé n'avait pas encore appelé l'attention.
Nous ne trouvons rien aulre, dans cet ouvrage de Dillen, à ajouter ici, comme se rapportant
plus partie:ulièrement à notre sujet.
VAILL.V.NI-, qui ne s'est point occupé, comme Tournefort, d'embrasser dans ses études le
règne végétal tout entier, mais (|ui s'était contenté d'étudier une à une toutes les plantes des
environs de Paris, avait porté une attention particulière sur les Végétaux inférieurs et préparé
des matériaux nouveaux pour les décrire. La mort ne lui laissa malheureusement pas le temps
de les coordonner. De là des erreurs regrettables dans la publication de son Bolanicon parisiense
qui fut faite, avec l'aide de Sherard, par Boerhaave en 1727. Néanmoins, cet ouvrage
fait époque dans notre histoire : les remarquables descriptions tracées d'après nature par Vaillant,
les figures exécutées de même par le célèbre Aubryet, ont permis de mieux connaître certaines
des espèces déjà signalées antérieurement et de prendre note de l'existence de nouvelles
espèces non connues jusqu'alors.
Les végétaux cités dans le Bolanicon parisiense, étant disposés d'après l'ordre alphabétique
des genres, Vaillant ne s'occupe de classer méthodiquement que les nombreuses espèces du
genre F'ingns. On trouve donc successivement dans son ouvrage les genres suivants, qui sont
à peu de chose près ceux de Tournefort :
Agaricus: Boletus (Morille et Phallus); Clavaria (Coralloïdes simples) et Corallo-Fangus
(Corailoïdes composées de Tournefort) ; Fungiis: Fimgoides; Lycoperdon et Tubem. En tête du
genre Fungits se trouve la mention suivante :
« 11 faut diviser les Champignons en six familles :
" I " Ceux qui font des Chapeaux sans doublure ;
<' 2" Ceux dont les Chapeaux sont doublés de petites houppes ou papilles ;
« 3° Ceux qui les ont doublés de longues pointes, semblables aux piquants des Hérissons ;
(' i" Ceux ijui les ont doublés de tuyaux;
" 5° Ceux qui sont doublés de nervures rameuses ;
« G° Ceux qui sont feuilletés. »
Les deux premières familles ne nous intéressent pas directement dans ce travail. La troisième
comprend le genre Hérisson [Fnngm Frinaceus) ; la quabième, le genre des Cèpes {Fuiigus
porosus)-, la cinquième, les Chanterelles; la sixième, tous les Champignons à lamelles ou à
feuillets, c'est-à-dire lacatégorie la plus nombreuse de beaucou[). Vaillant la traite de la façon
suivante :
L a l'czize-Ciboire, d'après Vaillaiit. L a Pezize-Limaçoii, d'après Vaillant.
« Sixième famille de Champignons, dont le chapeau est feuilleté en dessous. Il faut diviser
cette famille ainsy :
Premii're classe. Ceux qui font des pédicules simples.
" J. Les plus grands. — 2. Ceux qui sont plus petits.
« Deuxième classe. Ceux ([ui font des pédicules ronds et creux.
« Troisième classe. Ceux qui font des pédicules avec des anneaux. »
Ce qui lui permet de répartir, dans les divisions de cette sixième famille, environ quatre-vingtdix
espèces. La mort prématurée de l'auteur ne lui a malheureusement pas permis de mettre la
dernière main à son travail et d'achever complètement cette répartition qui laisse souvent à
désirer.
Parmi les espèces Comestibles et Vénéneuses dont on doit la connaissance première à Vail