
j i a r l e r . En revancho, L'ËcUise en donne déjii une
(igurc reconnaissablc (reproduilo ci-conlrc) eL une
bonne descriiUion, et sait en distinguer les trois variétés
Îauve, ronde et brune; il cite ce Cliainiiignon
comme un des plus agréables et dit que les Français
l ' a p p e l l e n t probablement Marille parce qu'il ressemble
en quelque façon au l'ruit du Mûrier {'¡md
ad Movi friiciiia /¡(/iirani non nihil uccedaí). Jean
Bauhii! dit qu'en Allemagne ou estime tellement ce
Champignon qu'on en fait des chapelets ([ue l'on
suspend à des clous pour les conserver jusqu'au
milieu de l'biver : on les fait cuire alors dans l'eau
bouillante et on les apprête ensuite avec du beurre
et des aromates. Tous les auteurs ont vanté, depuis
lors, les excellentes qualités de la Morille, notamment
Paulet, Letellier, Roques, etc. Vittadini la
place au-dessus de toutes les espèces congénères,
comme étant la plus délici\te et la plus savoureuse.
D'après M. de Seynes, la Morille serait le Champignon
comestible le jtlus recherché de la zone maril
i m e de la région de Montpel l ier : on le recueillerait
a u mois d'avril pour le ma n g e r iinmédiatement ou
le conserver sec; les habitants d'Aigues-Mortes en
f e r a i e n t aussi une grande consommation. JI. Baria
dit aussi que la Morille est apportée fréquemment
sur les marchés de Nice, surtout lorsque les pluies
d u printemps sont abondantes. M. Quélel déclare
que c'est un très bon Champignon, mais que cependant
il cause parfois de véritables empoisonnements
: éblouissements, nausées cl vomissements.
Nous pensons que ces légères intoxications, fori
r a r e s du reste, doivent provenir ou d'une consommation
trop abondante de Morilles insuffisamment
cuites, ce(|ui les rend indigestes, ou de préparations
culinaires faites avec ce Champignon trop avancé
ou décomposé, Mais,employées comme condiment,
et alors en petite quantité, les Morilles ne causent
aucun accident; bien séchées, elles parfument
encore les ragoûts. Dans ces derniers temps, j'ai
fait connaître le développement assez considérable
de ce Champignon dans des champs de Topinambours
: j ' ava i s l'espoir qu'il ne serait pas impossible
d e met t r e en pratique cette observation, pour obten
i r une culture rationnelle de la Morille. Des essais
de semis ont même été faits et renouvelés dans ce
sens ; ma i s toutes les expériences son t res tées infructueuses.
L'histoire du développement du mycél
i u m , depuis la germination de la spore jusqu' à la
f r u c t i f i c a t i o n du Champignon qui l ' a produite nous
étant totalement inconnue, il nous est impossible
d e nous expliquer ces insuccès.
P l . LXVIII. — Fig. 1 et Champignons de la
variété fauve; S, Y un d'eux en coupe longitudinale ;
u n Champignon de la variét é hrme ; 5, u n autre
d e la variété romle; 6, asques et paraphyscs;
7 , spores.
LA MOliJLLE DES SAPINS
MORCHELLA CO^CA de Persoon.
espèce du genre des Fuiif/i esculenli de L'Ecluse. — Phallus cupilvlo OUOÎKJO et nhluso, tomjius rciiciilalo,
subtus opcrculato, pcliolo nudo, Ircvissimo de Gleditsch.
Ambourigau negre, Ambourigau Sendrous (M. Tiada).
Chapeau oblong-coniquc, creux, ii alvéoles
étroites, allongées, très nombreuses , d'un b run fuligineux,
trois ou quat r e fois plus long que le stipe
sur lequel il est immédiatement posé, et qui est
également creux, aminci près du chapeau et élargi
à la base, d'une teinte blanchâtre; liyménium
recouvrant toute la partie extérieure alvéolaire
d u chapeau et constitué par des asques cylind
r i q u e s octosporés entremêlés de parapl iyses claviformes,
cloisonnées; spores elliptiques d'un blanc
j a u n â t r e . Odeur et saveur assez fortes, néanmoins
agréables, Avril. Dans les Sapinières alpestres,
sous les Sapins. Espèce comestible, recherchée.
M. Quéletdi t que celte espèce est r a r e , peu employée,
mai s délicate. Nous l'avons trouvée excell
e n t e , mais parfois un peu coriace et d'un parfum
moins agréable que la Morille ordinaire.
Pl. LXIX. — Fig. 1, le Cliampignon entier;
2, en coupe longi tudinale; 3,asque et paraphyses;
spores.
LA MORILLE DELICIEUSE
MOliCHELLA DEUCIOSA de Frics,
Chapeau creux, allongé, étroitement conique, îi
alvéoles longues, closes par des cloisons longitudinales
parallèles, entrecoupées çà et là par des
anastomoses transversales très peu apparentes,
d ' u n e couleur jaunfitre pui s b r imât re, plus foncée
vers les alvéoles, dans lesquel les se trouve l'hymén
i um constitué par des a sque s cyl indriques à spores
oblongues elliptiques, jaunâtres et des paraphyses
p r e s q u e linéaires; stipe adhérent ii la base du
c h a p e a u , deux ou trois fois plus court que ce dern
i e r , renflé vers sa partie inférieure, lisse, blanc
h â t r e . Odeur cl saveur très fortes, mais encore
a g r é a b l e s . Avril. Dans le gazon des chemins, des
champs, à la lisière des bois, elc. Espèce comesiihle
asi'c: rare.
Suivant Roques, celte Morille serait plus sapide
et plus délicate que la Morille ordinai re. M. Quélel
la qualifie d'espèce t r è s fme e t très parfumée. Sa rar
e t é ne lui p e rme t point d'être connue des amateurs.
Pl. LXIX. — Fig. 5 el 0, Champignons plus ou
moins développés ; 7, l'un d'eux en coupe longitud
i n a l e ; 8, spores.