
entièrement gelé le 5 juillet 1894 (fig. 57), et le lac glacé du port d’Oo, sont peut-
être aussi des lacs polaires. 11 en est de même du lac bien connu de Mârjelen, dans
Fig. 57. — Pic d’Arriel et lac d’Arrius (Basses-Pyrénées), entièrement gelé le 5 juillet 1894.
(D'après une photographie de A. D e le b e c q ü e .)
le Valais, sur lequel on voit, au coeur de l’été, flotter lés glaçons détachés du glacier
d’Aletsch (voir fig. 71, page 249).
CHAPITRE VIII
COULEUR, TRANSPARENCE ET MIRAGES DES LACS
I. Couleur.
Dans l’imagination populaire, dans le langage des poètes, un lac est nécessairement
bleu; mais, ici encore, nous avons affaire à une légende. Sans doute, si, par
un beau jour d’été, nous regardons un lac du haut des coteaux qui l’environnent,
ce lac nous paraît bleu, mais alors il nous renvoie la couleur du ciel; ce n’est pas sa
propre couleur qu’il nous montre. Pour connaître celle-ci, il nous faut éliminer les
rayons étrangers qui se réfléchissent sur le lac et regarder celui-ci verticalement;
nous avons ainsi la vraie couleur de son’eau, vue par transparence, et non plus la
couleur des objets étrangers vus par réflexion. Cette couleur n’est pas toujours
bleue : souvent elle est verte, parfois même elle est presque jaune.
I l M E SU R E DE LA CO U L E U R D E S L A C S — .GAMME D E FO RE L
Pour mesurer la coloration des lacs, M. Forel a eu l’heureuse idée de mélanger
en proportions variables des solutions de sulfate de cuivre ammoniacal bleu et de
chromate neutre de potassium jaune1. Voici les formules de ces deux préparations :
Solution bleue :
Sulfate de cu iv re ......................................... 1
A m m o n ia q u e ............................................. 5
Eau. 194
200
Solution jaune :
Chromate n e u tre de p o ta ss ium . . . 1
E a u ...................................................................... 199
I . F.-A. F o r e l, Léman, t. II, p. 465.