
l’on réfléchit en effet qu’en France les massifs des Alpes et des Pyrénées renferment
chacun plusieurs centaines de lacs, que le Jura en possède près de quatre-vingts et
le Plateau Central près de quarante, sans compter ceux des Vosges, des Landes,
et des autres régions de notre territoire, on comprendra facilement que plusieurs
vies d’homme seraient nécessaires pour faire un travail complet.
J’ai dressé les cartes hydrographiques détaillées de 32 lacs. Ces cartes ont été
publiées, sous le patronage du Ministère des Travaux Publics, dans un Atlas1
formé de 11 planches :
Pl. I. — Lac de Genève ou Léman *.
Pl. II, — Lac du Bourget.
PI. III. — Lac d’Annecy.
Pl. IV. Lac d’Aiguebelette (Savoie).
Pl. V.. — Lac de Paladru (Isère).
Pl. VI. Lac des Brenets ou de Chaillexon, lacs de Saint-Point, de Remoray
et de Malpas (Douhs).
Pl. VIL'ÿf# Lacs de Nantua, de Sylans et Genin (Ain).
Pl. VIII. — Principaux lacs du département du Jura : lac de Chalain, lac
Dessus ou du Val, lac Dessous ou de Chambly, lacs de Narlay, de la Motte, du
Grand-Maclu et du Pelit-Maclu.
Pl. IX. — Lacs de Laffrey et de Petit-Chat (Isère), de laGirotte (Savoie).
Pl. X. —• Principaux lacs du Plateau Central : lacs d’Issarlès (Ardèche), du
Bouchet (Haute-Loire), Pavin, Chauvet, de la Godivelle-d’en-Haut et de Tazanat
(Puy-de-Dôme).
PL XI. E - Principaux lacs du département des Vosges :'lacs de Gérardmer,
de Longemer, de Retournemer3 et des Corbeaux.
Les Planches IV à XI ont été publiées à l’échelle du ; les planches II et III à
celle du ; la planche I à celle du ¿ j .
Tenant, pour faciliter l’intelligence du relief, à représenter un lac entier sur une
seule feuille, j ’ai dû naturellement employer une échelle plus petite pour les lacs de
grande surface.
Les courbes isobathes ont été espacées soit de 5 mètres, soit de 10 mètres;
dans ce dernier cas, j ’ai intercalé en pointillé des courbes intermédiaires de
5 mètres, là où la forme du relief immergé l’exigeait. Même pour quelques lacs
(lacs de Saint-Point, de Paladru), j ’ai tracé dans certaines parties les courbes de
1. A tla s des Lacs Français, gravé p a r Erhard (Baudry, 15, ru e des S a in t-P ère s, à P a r is, éd iteu r ). Des
r éd u c tio n s de c e s ca r te s so n t d o n n é e s dans c e liv r e .
2 . La p a r tie su is s e du la c .L ém an a été lev é e p a r M. J. Hôrnlimann, so u s la h aute d ir e c tio n du co lon e l
L o chman n, c h e f du b ur eau top o g rap h iq u e fédé ra l à B erne. Mes cou rb e s se so n t ra c co rdé es d’u n e man iè r e
tr è s sa tisfa isa n te a v e c c e lle s de c e t h a b ile topographe.
3 . Les p r em ie r s son da g e s s é r ie u x d e s la c s d e Gérardmer, L o n g em e r e t R e tou rn eme r o n t é té fa its par
M. J. T hou let (Bull. S . G. P ., 7e s é r ie , t. XV, p. 557, 1894). Grâce a u x m é th o d e s p lu s e x a c te s q u e j ’ai
em p lo y é e s, j ’ai pu r e v ise r e t c pm p lé t e r le s c a r te s d r e ssé e s p a r c e savan t o c éanograph e.
PROCÉDÉ S DE SONDAGE DES LACS. 25
mètre en mètre. Des teintes bleues, dont l’intensité augmente avec la profondeur,
facilitent la lecture de ces cartes. Enfin (et c’est une innovation qu’on devrait, à mon
sens, introduire sur toutes les cartes hydrographiques), j ’ai, sur le conseil de
M. F.-A. Forel, représenté par un point noir Remplacement de chaque coup de
sonde. Je n’ai pas inscrit la cote de chacun des points ainsi marqués, ce qui aurait
surchargé les cartes bien inutilement; mais le nombre et la disposition de ces
points permettent d’apprécier le degré de confiance qu’on doit accorder aux courbes
isobathes».'.;':
J’aurais voulu pouvoir représenter aussi le relief du sol émergé tout autour de
ces lacs. Il parait irrationnel en effet d’arrêter la représentation du terrain juste à
l’endroit où il commence à être visible ; comme le dit très bien M. Vidal de la
Blache1 dans une critique qu’il a faite de mon travail; « il y a quelque chose de peu
géographique à séparer ce qui est vraiment inséparable ». Je partage entièrement
l’avis du savant sous-directeur de l’École Normale. Sur les magnifiques: cartes au
gljj et au ¿5 du Bureau Topographique Fédéral,.les courbes sous-lacustres né sont
q u e jè prolongement des courbes du terrain émergé, et même, en général, le
contour du lac ne coïncide pas avec une de ces courbes. Il en est de même dans
l’Atlas des lacs autrichiens*. En France, malheureusement, les courbes de niveau
n’existent point ; nos cartes d’état-major ne sont point assez parfaites; pour permettre
la reproduction exacte du terrain aux échelles adoptées pour mes cartes
hydrographiques. J’ai donc dû, à mon grand regret, m’arrêter au rivage, espérant
qu’un jour les topographes viendront poursuivre mon travail sur la terre ferme.
A côté de ces lacs, que les cartes font connaître dans tous leurs détails, j ’ai
exploré d’une façon èommaire un certain nombre de lacs, soit de moindre importance,
soit plus difficilement accessibles. Sans en faire le lever topographique, j ’ai
cherché à déterminer exactement leur plus grande profondeur et à connaître
approximativement la forme de leur relief.
Ce sont :
Dam les Alpes :
Dans le département de la Haute-Savoie : le lac de Montriond.
Dans le département de la Savoie : les lacs de Sainte-Hélène, de la Thuile,
de Saint-André et de Tignes.
Dans le département de l’Isère : les lacs de Cos, Cotepen, Carré, de la
Motte, Noir, Blanc, Jeplan, de la Sagne et de la Corne (Sept-Laux) ; les lacs Crozet,
du ^rand-Doménon, du Petit-Doménon, Merlat, David, Longet, Claret, Robert
\ . A nn . Géogr., B ib lio g rap hie d e l ’a n n é e 1893, p . 6 7 .
2 . A tla s der OE sterreichischen Alpenseen, p u b lié p ar A. P ence: e t E d. Richter, l r0 e t 2® liv r a iso n s , Hôlzel’s
Geogr. Institut, V ien n e , 1895-96. Sur le s ca r te s d e la c s d r e s s é e s par l e b u r e a u top o g rap h iq u e fédé ra l, le s
co te s in sc r ite s r ep r é sen ten t n o n pas d e s p ro fon d eu r s, m a is des a ltitu d e s a u -d e ssu s du n iv e a u d e la me r.
Les so u stra c tion s qu ’on e s t o b lig é d e fa ir e p o u r av o ir lè s p ro fo n d eu r s r e n d en t p a r fo is p én ib le la le c tu r e
de la ca r te. C’est u n lég e r in c o n v én ien t.