
d’autre part, sont deux facteurs qui ont une influence manifeste sur l’accumulation
de l’eau. Dans les terrains à roches fissurées, tels que le Jura, le Karst, il existe des
bassins fermés qui seraient convertis en lacs, si les fissures venaient à se boucher ;
de même, dans les régions où il pleut très peu, beaucoup de cavités, qui sont à sec
à présent, se rempliraient d’eau si le climat venait à se modifier.
Le mode de formation des lacs de barrage est en général beaucoup plus simple
à découvrir que celui des lacs dans la roche en place ; aussi les étudierons-nous en
premier lieu.
n . — Lacs de barrage.
Un barrage arrêtant les eaux de manière à former un lac peut être produit par
diverses causes, dont les principales sont :
1° Un éboulement;
2° Un glacier ;
3° La moraine d’un glacier actuel;
i° La moraine d’un ancien glacier;
5° U ne,coulée de lave;
6° Un volcan surgissant au milieu d’une vallée ;
7° La muraille circulaire du cratère d’un volcan ;
8° Les alluvions d’une rivière ;
9° Un cordon littoral;
10° Des dunes.
J’examinerai chacun de ces cas en particulier, en cherchant des exemples parmi
les lacs du territoire français. Je laisse, avec intention, de côté certains lacs d’un
type tout particulier et qui n’ont pas de représentants en France, tels que ceux, par
exemple, qui se forment à l’intérieur des atolls ou îles coralliennes.
Je mentionnerai, lorsqu’elles existent, les feuilles de la carte géologique de
France au gonno 011 ^ëuren^ 'os lacs que je décrirai. Le lecteur trouvera d’ailleurs
aisément la position de chaque lac en consultant les tableaux qui figurent à la fin de
cet ouvrage.
1 ° B A R R A O E P A R D N É BO U L EM E N T
II est évident que, si un éboulement vient à barrer une vallée, les eaux de la
rivière qui la parcourt sont obligées de s’accumuler et de former un lac. Nous avons
en France un certain nombre d’exemples de lacs formés de cette manière, entre
autres le lac de Montriond1 (fig. 66) (profondeur 10 — 16 mètres) dans une
vallée tributaire de la Dranse du Chablais, le lac de Lovitel (fig. 21, p. 58)
(5 0 63 mètres) dans une vallée tributaire du Vénéon, affluent de la Romanche,
Fig. 66. — Lac de Montriond (Haute-Savoie‘ et digue d’éboulis le soutenant à l’aval.
(D'après une photographie do M. Albert Michbl-L évy.)
le lac de Sylans1 (fig. 67) (22 mètres), situé dans la dépression qui fait commu-
Fio. 67. — Éboulis qui ont donné naissance au lacde Sylans (Ain). Le lac est situé derrière la digue. 15 septembre 1895.
(D’après une photographie de A. Delebecque.)
niquer la vallée de la Valserine avec celle de l’Oignin et que suit le chemin de fer de
Bellegarde à Nantua. Les deux lacs des Hôpitaux2 (profondeurs 5 mètres et 10m,50),
1. Carte g éo lo g iq u e au fe u ille Nantua, p a r B en oist. C’e st à to r t q u e su r c e tte ca r te on a r epr ésen
té le la c com me barré par u n e m o r a in e . Voir au ssi P l. XXII.
2. I b i d , feu ille Nantua. C’e s t à tor t que su r c e tte car te le la c d’am o n t e st r ep r é sen té com m e situ é
to u t en tie r dans la ro ch e eh plac e.