
et dont la profondeur était de 36 mètres, s’est ouvert dans l’infralias, en mêmé
temps qu’une masse de terre évaluée à 18000 mèlres cubes était engloutie1. De
nombreux mouvements de même nature, mais de moindre importance, se sont
produits non loin de là et s’expliquent par ce fait que l’infralias repose sur les
marnes irisées du trias renfermant de nombreuses lentilles de gypse2.
Dans la même région, aux environs de Brignoles, les entonnoirs si étranges
du Grand-Lautien3 (fîg. 42, p. 115) et du Petit-Lautien3, qui s’ouvent comme des
cratères d’explosion au milieu d’une plaine rocheuse dont l’horizontalité est presque
Fig. 119. — Lac de la Girotte. Vue prise du col de Véry.
(D'apr ès un e ph o to g rap hie d e M. E t ie n n e R it t b r .)
parfaite, les deux lacs de T o u r v e s le lac de Besse4 (profondeur 7 mètres) et les
dépressions qui renferment les lacs, ou plutôt les marais, de Gavoti :, de Gonfaron4
et de Redon ‘ (près de Besse) sont dus probablement aussi à des effondrements provoqués
par des dissolutions souterraines. Tous ces lacs se trouvent en effet dans
les marnes irisées et dans le muschelkalk, et ces deux étages sont, comme on sait,
riches en gypse et en gisements salifères.
On peut, avec beaucoup de vraisemblance, rapporter à la même cause le lac de
la Girotte (fig. 119), l’un des plus profonds des Alpes (99“,40) ; ce lac se trouve en
1. P a n e s c o r s e , R ap p o rt à la Société d'études scientifiques e t archéologiques d e Draguignan, s é a n c e d u
11 fé v r ie r 1878, in A. J a n e t , Comps et le canon d e l ’A r tu b y (A n n . C. A . F ., 1894, p . 86).
2 . Carte g éo lo g iq u e au gôôôô» feu iDe Draguignan, par Zurcher.
3. Ib id . Les n om s d e Grand e t de P e tit-L a u tien n e figu ren t pas su r c e tte ca r te, m a is s eu lem c u t su r
la ca r te M. I .; le s d eu x en to n n o ir s s e tr ouv ent en tr e le s v illa g e s de G a r é o u lte t de la Roquebrussanne.
4. Carte g é o lo g iq u e au — fe u ille Draguignan. D’après M. Léon Bertrand, le s p e tits la c s d’Agnel,
au p ied du p a s de la Cavale, dans la h aute v a llée d e la T in ée (Alpes-Maritimes), o n t u n e o r ig in e an a lo gu e.
Ce so n t d e s en to n n o ir s c r eu s é s dans d e s cou ch e s d e te r ra in lia siq u e q ui re cou v r en t le gyp se e t la ca r -
gn eu le d u tr ia s. L’un d’eu x , q ui e s t à se c , a u n d iam è tr e d e 60 à 80 m è tr e s e t u n e profon d eu r de 2b à
30 m è tr e s.
effet traversé par deux bandes de cargneule triasique 4, et l’on sait que, dans les
Alpes, le gypse est presque toujours associé à cette roche. Nous avons vu d’ailleurs2
que les eaux profondes de ce lac sont riches en sulfate de chaux, ce qui semble bien
prouver la présence souterraine du gypse. Peut-être aussi faut-il ranger parmi les
lacs de cette catégorie les lacs de Tignes (37m,50) (fîg. 120) et du Mont-Cenis
(31 mètres) (fig. 121), sur les rives desquels de nombreux affleurements de
gypse sont visibles, bien que, comme nous l’avons vu plus haut3, on puisse leur
assigner une autre origine. Peut-être aussi a-t-on affaire ici à des lacs mixtes, dont
la cuvette primitive, résultant d’un effondrement parles eaux souterraines, aurait
Fig. 120. — Lac de Tignes e t Grande-Motte.
ÎD'après un e ph o to g rap hie d e A. Dblebrcqub.)
été exhaussée soit par une moraine, soit par les alluvions d’un torrent latéral.
Le lac de Soings4, dans la Sologne, a peut-être une origine analogue. Il se
trouve dans une dépression assez large, mais dont la profondeur ne paraît pas
dépasser une quinzaine de mètres, qui s’ouvre au milieu des sables de la Sologne.
Mais, au-dessous de ces sables, on peut voir, un peu à l’est du lac5, les marnes
blanches du calcaire inférieur de Beauce. Il est possible que ces marnes aient été
délayées par les eaux souterraines et qu’il en soit résulté un effondrement qui a
donné naissance au lac de Soings.
On peut encore ranger dans ce groupe les petits lacs de Mouriscot (fig. 122)
1. Com mun ica tion de M. le Dr E . R itte r .
2 . P a g e s 199 e t 21b.
3. P a g e s 263 e t 277.
4. Carte g é o lo g iq u e a u fe u ille Blo is p a r D o u v illé . Des in d ic a tio n s fo r t in té r e s sa n te s su r c e la c
m ’o n t é té fou rn ie s par m on ami M. Legay, in g é n ie u r d e s p o n ts e t ch a u ssé e s à Blois.
b. N o tam m en t à cô té du ch em in de g ran d e com m u n ic a tio n q u i v a d e S o in g s à S e lle s-su r -C h e r .
L’a ffleu r em en t de la co u ch e q ui r ep r é sen te le ca lc a ir e d e Beau ce in f é r ie u r e st fo r t e x a g é r é su r la ca r te.