
CHAPITRE III
DESCRIPTION DES PRINCIPAUX LACS FRANÇAIS
A l’aide des procédés décrits au chapitre précédent, j ’ai pu déterminer le relief
des principaux lacs du territoire français. Quelques-uns d’entre eux ont fait l’objet
de sondages extrêmement détaillés, et je puis affirmer que peu de régions sur la
terre ferme ont été aussi minutieusement explorées que les lacs de Genève, du
Bourget et d’Annecy. D’autres lacs ont été étudiés plus sommairement; toutefois les
coups de sonde y ont été assez nombreux pour qu’on ait une idée suffisamment
exacte de leur structure.
Je vais donnera présent une description de ces lacs, description qui sera forcément
un peu sèche et que j ’abrégerai le plus possible; car, dans le chapitre suivant,
j ’aurai à revenir sur les formes topographiques de la plupart des lacs, en étudiant
les lois qui les régissent.
Je parlerai d’abord des lacs dont j ’ai dressé les cartes hydrographiques et qui
sont évidemment les mieux connus, et je suivrai l’ordre où ces cartes ont été publiées
dans l’Atlas des Lacs Français, Allas qu’il sera utile de consulter pour connaître dans
tous ses détails la forme immergée des bassins lacustres. Je résumerai ensuite par
régions les connaissances que nous possédons sur la topographie des lacs de notre
territoire.
I. -T- Lacs dont le s ca r te s hydrographiques ont été dressées.
1 “ 1.AC. D E G EN È V E ' (PL . l)
Le lac de Genève, ou Léman, occupe une dépression dont la longueur,
mesurée suivant l ’axe du lac, est de 72 kilomètres environ et la plus grande largeur
1. Voir la ca r te au 5Q^ dans l ’A tla s des Lacs Français (P lan ch e I). Que lques d é ta ils de la top og
rap h ie du la c d e Genève n ’on t pu ê tr e r ep r od u its su r la p la n ch e du p r é s e n t ou vrage, où le la c est
r ep r é sen té à u n e é c h e lle p lu s p e tite q u e su r l’A tlas. Cette r em a rq u e s ’ap p liq u e ég a lem en t a u x la c s du
B ourget, d’A n ne cy , d’A ig u eb e le tte , d e Paiadru e t de S ain t-Poin t.
de 13 “ ,8 entre le golfe de Morges et Amphion1. Cetle dépression se divise en
deux parties, le Grand Lac entre Yvoire et Villeneuve, le Petit Lac entre Yvoire et
Genève.
LeGrandLac forme une cavité, à fond plat, dont la profondeur est de 309”,40,
à peu près au milieu de la ligne qui joint Évian à Ouchy. Cette cavité renferme un
certain nombre de particularités topographiques dont les principales sont :
Quelques éperons immergés, sur la côte vaudoise, dont le plus important, en
facedeVillette, se. relève pourformer, à laprofondeurde238m,80, un petit monticule,
dominant de 11 mètres les fonds voisins.
Trois autres éperons, entre Clarens et la tour de Peilz, présentent aussi des
monticules (127“,30, 18 mètres et 22",30 de profondeur)*.
Un ravin sous-lacustre sinueux, qui s’étend depuis l’embouchure du Rhône
jusque devant Meillerie, sur une longueur de 10 kilomètres environ. Ce ravin est
constitué par deux digues reposant sur le talus général du lac, et entre lesquelles
se trouve un sillon. La profondeur de la tranchée atteint 20 à 30 mètres; elle est
encore de 10 mètres au delà de Saint-Gingolph, par 230 mètres de fond. Remarquons
en outre trois monticules sur les digues de ce ravin : le premier à un kilomètre
de l’embouchure du Rhône (profondeur 52”,90), le second au droit de Saint-
Gingolph (162”,40), Je troisième entre Saint-Gingolph et le Locum (215“,40).
De nombreux cônes de déjections ; le plus important est celui de la Dranse,
dont la pointe fait une saillie de 2 kilomètres sur la côte.
Le Petit Lac est loin de présenter la même régularité que le Grand Lac; il se
compose en effet de cinq cuvettes principales dont les profondeurs respectives sont,
en allant de l’est à l’ouest, de 76”,20, 70",10, 66 mètres, 70”,40 et 50", 10. La
plus orientale de ces cuvettes est séparée du Grand Lac par une barre, dite barre
d Yvoire, de Nernier ou de Promenthoux, et sur laquelle la profondeur est, à son
point le plus bas (col de la barre), de 66",30. Ces cuvettes sont séparées les unes
des autres par d’autres barres très aplaties sur lesquelles les profondeurs sont
de 62”,90,63 mètres, 64",20, 63”,80 et 46",20.
Un éperon très.important continue sous les eaux du lac la pointe de Bellerive.
A 1 200 mètres de cette pointe, il forme un monticule sur lequel la profondeur est
de 7 ,.10, la profondeur sur le col de la barre qui le relie au rivage étant de 14",90.
2 ° l a c d u B O U R G E T 3' ( p l . xi)
Le lac du Bourget est formé dans ses traits généraux d’un bassin assez régulier
dont la longueur est de 18 kilomètres, la plus grande largeur de 3 kilomètres en
1. Voir pour de n om b r eu x d é ta ils g éo g r ap h iq u e s le Léman de F .-A . F o r e l.
' ,L“ !1! s ’ o u plul<U lloLs’ du la c d e Genève son t a r t ific ie lle s ; c e so n t : 111e de P e ilz , p r è s d e V ille -
n eu v e, la Roche aux Mouettes, p r è s de Clarens, l ’île d e Laharpe , p r è s d e R o lle .
Voi'i la car te au Ù(J0 dans 1 Atla s des Lacs Français (P lan ch e II).