
D’après Daubrée , les eaux du lac du Bouchet reverraient le jour sous la forme
de sources abondantes, qui jaillissent au pied du cône volcanique qui forme la
cuvette du lac.
3° V IT E S S E D E R E N O U V E L L EM E N T D E S E A U X D E S LA C S
Toutes les molécules d’eau qui arrivent dans un lac n’y séjournent pas pendant
le même temps. Les eaux des affluents peuvent être un peu plus légères que celles
du lac et glisser, sur la surface de celui-ci, jusqu’à l’émissaire, sans se mélanger avec
les couches profondes. D autre part, nous verrons que, dans certains cas, les eaux
de ces dernières couches ne peuvent remonter que très difficilement dans les
régions superficielles. Il en résulte que la vitesse de renouvellement est très
variable suivant la région du lac que l’on considère.
Mais la durée du séjour moyen de ces diverses molécules est aisée à calculer;
elle est évidemment égale à celle qui sérait nécessaire pour vider le lac ; en d’autres
termes, elle est égale au quotient du cube du lac par le débit de l’émissaire
Nous pouvons la donner pour quelques lacs. Elle est :
pour le lac de Genève, de 252 x^SsÜoOO8 ’ Soit 11 années> 73 jours;
pour le lac d’Annecy, de — - 123500000 - „.
■10,74 x 31 536000 ’ d années, Ud jours,
pour le lac de Saint-Point, de — 1614000 : soit 205 iours •
’ 4,60 x 86 4003 ’ J0U s ’
pour le lac de Chaillexon 6 &>1 OOP— ¡ours
13,504 x 86400 P Jours’
Cette durée est, comme on le voit, extrêmement inégale.
H. — Variations du niveau des lacs.
Comparaison entre le s la c s à écoulement superficiel et le s la cs
à écoulement sous-lacustre.
Le niveau d’un certain nombre de lacs est réglé artificiellement et ses variations
n’offrent plus aucun intérêt d’ordre géographique; tel est le cas aux lacs de
1. Les B aux sou te rraines i Vépoque actuelle, 1 . 1, p. 96.
2 . 3 1 5 3 6 0 0 0 r ep r é sen te le n om b r e d e se c o n d e s c o n ten u dans u n e a n né e.
3. 8 6 4 0 0 r ep r é sen te l e n om b r e d e se c o n d e s c o n ten u dans u n e jo u rn é e .
4 . 13»«,50 r ep r é sen te l e d éb it du D ou bs, au Saut d u Doubs, im m éd ia tem en t en aval du la c de Chaill
e x o n , d ap r è s l e Mémoire c ité à la p a g e 113. Il e s t m e su r é au s e u il d e la ch u te . Ce d éb it n e r ep r é sen te pas
e x a c tem en t c e lu i du la c , a tten du q u ’u n e p a r tie des eau x d e c e d ern ie r , n o tam m en t c e lle s qui s ’é chap p en t
p ar 1 en to n n o ir , r e p a ia it p eu t-ê tr e a u -d e sso u s d e c e s e u il, d ont le n iv e au sem b le ê tr e su pé rieu r à
c e lu i du fo n d du la c . La v ite sse d e r en o u v e llem en t des ea u x du la c p our ra it d onc ê tr e en co r e in fé r ieu r e
a cm q jo u r s .
Genève, d’Annecy, de Paladru, au lac Bleu ou de Lesponne, au lac d’Orédon, au
lac des Corbeaux, au lac de Gérardmer, etc.
Sur les lacs dont le niveau n’est pas réglé, -les observations sont assez peu
nombreuses. Nous en possédons unesérie très complète au lac duBourget, à l’échelle
du Port-Puer, faites par le service des ponts et chaussées. Il en résulte que, de 1867 à
1893, la variation extrême a été de 3 mètres. De même au lac de Nantua, où, il est
vrai, les observations ne sont pas régulières, les écarts les plus grands se maintien-
Fig. 49. — Lac de Chaillexon en eaux très basses, le 23 septembre 1893.
(D’après une photographie.)
nent dans la même limite. Une forte crue, à laquelle j ’ai assisté, a fait monter
en vingt-quatre heures, les 23 et 24 juillet 1894, le niveau du lac d’Oo de 2m,30
environ. Nous pouvons dire que, pour nos lacs à déversoir aérien, 3 mètres représentent
l’amplitude extrême des variations de niveau. Ce chiffre est d’ailleurs
sensiblement dépassé pour d’autres lacs à écoulement superficiel ; ainsi il atteint
7 mètres pour le lac Majeur '.
Les variations du niveau des lacs à écoulement sous-lacustre sont infiniment
plus considérables. Depuis le 19 août 1892, l’inspectorat fédéral des Travaux
Publics a fait des observations hydrométriques sur le lac de Chaillexon (fig. 49), qui
1. F o r e l, Gazette de Lausanne, n o v emb re 1889. Cette va r ia tio n c on sid é rab le e st d u e au x p r é c ip ita tio n s
ex tra o rd in a ir em en t ab ond antes q ui o n t lie u su r le v e r sa n t ita lie n des A lp e s.