
Tourves (0*r>4Q9j dans le Var, cette quantité dépasse 0S'',30 ; encore pour le lac de
la Girotte n’y a-t-il que les couches profondes qui atteignent celte richesse en sels
dissous. A ces lacs plus chargés que les autres vient se joindre le lac italien du
Mont-Cenis (0sr,9), situé tout près de la frontière française.
La teneur des eaux d’un lac dépend évidemment de la nature des roches que
traversent ses affluents. C’est dans les lacs dont le bassin d’alimentation est riche
en gypse, roche relativement soluble (lacs de Tignes, du Mont-Cenis, de Tourves,
de Besse, de la Girotte), que le résidu sec atteint le poids le plus élevé, presque
1 gramme pour le lac du Mont-Cenis. Dans les lacs dont le bassin d’alimentation est
entièrement calcaire (lac d’Annecy, lacs du Jura), le résidu fixe est, en général,
compris entre Os1", 15 et Os1',20. Exceptionnellement, il s’élève à 0sr,255 au lac de
Bare et tombe à Os1,1086 au lac du Grand-Maclu. Dans ces lacs, le carbonate de
chaux est la matière dominante; on y trouve toujours aussi un peu de carbonate de
magnésie, et souvent des traces de sulfates et de chlorures. Enfin, les lacs dont le
bassin d’alimentation se trouve entièrement en terrain formé de roches silicatées
(roches granitiques, roches basaltiques, roches cristallophylliennes et souvent
roches primaires), tels que les lacs de Belledonne, du Plateau Central, des Vosges,
beaucoup de lacs des Pyrénées, sont extrêmement pauvres en matières dissoutes. Le
maximum trouvé a été de Os1,079 au lac Pavin, le minimum de Os1',0-183 au lac de
la Godivelle-d’en-Haut; l’eau de ce dernier lac est presque de l’eau distillée. La proportion
d’alcalis, très faible dans les lacs à bassin gypseux ou calcaire, devient au
contraire importante dans les lacs de cette catégorie. Ainsi le quart du poids du
résidu sec du lac d’Issarlès consiste en soude et en potasse.
6 ° O R IG IN E D E S P R IN C IP A L E S M A T IÈ R E S D I S SO U T E S D A N S L E S LA C S
Silice.
La très grande abondance de silice dans tous les terrains explique facilement,
malgré sa faible solubilité, les légères quantités de ce corps qui se trouvent dans
les eaux des lacs*. La silice peut d’ailleurs exister à l’état de silicate soluble de
soude ou de potasse. Elle se trouve en quantité relativement abondante dans les
eaux profondes du lac de la Girotte (Os1’,032) et dans les eaux du lac Pavin
(0sr,0221) ; dans les autres lacs on n’en rencontre que quelques milligrammes.
Carbonate de chaux.
Il provient de la dissolution des calcaires dans l’eau à la faveur de l’acide carbonique
de l’atmosphère. Les lois de cette dissolution ont été étudiées par
i . Voir Daubbée, les E aux souterraines à l'époque actuelle, t. II, p . 10 e t 141.
M. Schloesing1. Nous aurons tout à l’heure l’occasion de revenir en détail-sur cette
importante question.
' Carbonate de magnésie.
Il provient de la dissolution des dolomies, des cargneules et même des calcaires
ordinaires qui renferment toujours une certaine quantité de carbonate de magnésie L
Les lois de cette dissolution ont été étudiées par M. Engel3. Nous aurons également
l’occasion d’y revenir.
Sulfate de chaux.
11 provient en général de la dissolution du gypse, dont la solubilité est environ
de 2 grammes par litre4. Aucun des lacs que j ’ai étudiés n’est d’ailleurs saturé de
ce sel; le lac du Mont-Cenis, celui qui en renferme le plus, n’en a que 0sr,738 par
litre; après lui le lac de Tignes en contient OscôôS.
Certains lacs, dont le bassin est entièrement formé de roches silicatées et
paraît dépourvu de sulfates, renferment cependant un peu d’acide sulfurique
(lac de Gaube ()er,0025, lac de Gérardmer 0*r,0029). Il provient soit des inclusions
que renferment certains cristaux et dans lesquels des sulfates existent à 1 état dè
dissolution5, soit de l’oxydation de l’hydrogène sulfuré mis en liberté par la décomposition
des matières organiques.
Il arrive parfois que cette oxydation se produit dans les bouteilles où l’eau est
conservée et fausse les résultats de l’analyse; ainsi, en 1891, M. Duparc n a pas,
malgré de£ recherches minutieuses, trouvé trace d’acide sulfurique dans l’eau du
lac de Paladru fraîchement récoltée, tandis que la même eau, étudiée de nouveau
après un séjour de cinq ans dans des bouteilles, m’en adonné 0o1,0024 par litre.
Sulfate de magnésie.
La quantité d’acide sulfurique contenue dans l’eau de la plupart de nos lacs est
insuffisante pour saturer toute la chaux. Il est donc possible que tout l’acide soit
combiné à cette base et qu’il ne s’y trouve pas de sulfate de magnésie. Il faut
pourtant faire une exception pour le lac du Mont-Cenis qui renferme, outre O^jTSS
de sulfate de chaux, encore 0Br,0585 de sulfate de magnésie, et pour celui de Tignes
it j S ch loe s in g , Encyclopédie chimique, t. X . Contribution à l’étude de la chimie agricole, p . 138.
2 . L. Ddparc, Calcaires p o rtc la n d in s des environs de S a in t-Im ier (Arch. S . P . N. G ., 3" p é r io d e , XXIII,
p. 323, 1890).
3. E n g e l , Sur la so lub ilité , des sels en présence des acides, des bases e t des sels (Ann. ch. e t p h „
6® sé r ie , XIII, p. 349, 4888).
4. Ag en d a d u chimiste, 1895, p . 280.
B. ZmiiEL, Lehrbuch d e r Pétrographie , t. I, p . 171. — Sobbv, Quart. J o um . Geol. Soc., 1888, p. 472.