
8 ° A U T R E S L A C S D U T E R R IT O IR E F R A N Ç A IS
Plateau des Landes.
Les données les plus exactes que nous possédions sur les lacs du plateau des
Landes sont relatives aux lacs ou lagunes1 de la Laguë et de Troupins, où j ’ai trouvé,
pour le premier 4“,50 à 5 mètres le 7 novembre 1896*, pour le second 8'”,50 à
9 mètres le 5 novembre 1896. Ces dates sont intéressantes à citer, parce que le
niveau de certains lacs de cette région paraît être assez variable. Celui du lac de la
Laguë a, d’après les riverains, constamment baissé depuis plusieurs années ; le jour
de ma visite, la laisse des hautes eaux était parfaitement visible à deux mètres au-
dessus du lac. La Laguë a une superficie de 2 à 3 hectares. Troupins paraît être un
peu plus grand, et, d’après Jouannet3, son niveau serait à peu près fixe.
D’après ce dernier auteur4, la profondeur de la lagune du Château, près de
Saint-Magne, varierait de 5 mètres (15 pieds) en hiver à 2m,70 (8 pieds) en été.
D'après M. Fronsacq, conducteur des ponts et chaussées à Bordeaux, celle de la
lagune de la Hucau, également près de Saint-Magne, serait de 10 à 12 mètres. La
profondeur des autres lagunes n’est pas connue exactement; toutefois elle paraît
être assez faible. Quelques-unes sont même à sec ; ainsi la grande lagune de Lubbon,
à la limite des départements des Landes et du Lot-et-Garonne, qui paraît très
importante sur la carte, n’existe plus ; ce n’était qu’un vaste marécage que des
travaux de drainage ont assaini.
Gard.
L’étang de la Capelle n’aurait que 1 à 2 mètres de profondeur, d’après M. Louis
Faure, ingénieur des ponts et chaussés à Nîmes
Provence.
J’ai trouvé, le 12 novembre 1896, une profondeur de 7 mètres à 7“,50 pour le
lac de Besse (4 hectares 15 ares6) qui, ainsi que je l’ai dit plus haut’, est un
1. Je r é p è te ic i q u e , dans le s Landes, l e m o t lagune sig n ifie s im p lem en t p e tite n ap p e d’ea u e t n ’im p
liq u e a u cu n e com m u n ic a tio n .a v e c la me r .
2 . P o u r u n n iv e a u d e 137m,108, s o it 2 “ ,26 en co n tr e -b a s du som m e t d e la b o rn e k ilom é tr iq u e n ° 9
de la ro u te d ép a r tem en ta le n ° 4 du d ép a r tem en t du L o t-e t-G a ron n e. Ce n iv e llem en t, a in si q u e d’autre s
op é ra tion s r e la tiv e s a u la c , a é té e x é cu té p a r M. Dussarté , con d uc teu r d e s p on ts e t ch a u ssé e s à
Lavardac, q u i a é té p our m o i u n g u id e p r é c ieu x dans la r é g io n . Je tien s a u ssi à r em e r c ie r v iv em en t
M. Latou cb e, d ir ec teu r d e la Compagnie d e s R emo rq u eu rs d e la B a ïse , q u i, a v e c u n e ob lig e a n c e
e x t r êm e , a fa it transp o rter u n d e s e s b a te a u x su r la Laguë à m o n in t en tio n .
3. Jouannet, S ta tistiq u e du département d s la Gironde, t. I , p . 54.
4 . I d ., p . 54.
5. Com mun ica tion p e r so n n e lle .
6 . Com m un ica tion de M. R o cqu e, in g én ieu r des p on ts e t ch a u ssé e s, à Brignole s.
7 . P a g e 27.
bassin naturel alimenté artificiellement par une dérivation de la rivière l’Issole.
Le lac du Grand-Lautien (1 hectare 5 ares d’après le cadastre), situé près du
village de la Roquebrussanne, se trouve au fond d’une cavité cratériforme ouverte
au milieu d’une plaine rocheuse presque horizontale; le 13 novembre 1896, son
niveau, mesuré au baromètre, était à 17 mètres environ en contre-bas de l’ouverture
de cette cavité, et, d’autre part, un trait, gravé sur un rocher, à 5 mètres en
contre-bas de cette ouverture, attestait que, pendant l’année 1896, ce niveau
s’était élevé de 12 mètres au-dessus de celui que j ’ai constaté le jour de ma visite1.
On voit donc que les oscillations de ce niveau sont extrêmement variables, et que
la profondeur du lac, à certains moments, dépasse certainement 12 mètres.
Les lacs de Gavoli, de Redon, de Gonfaron, sont intermittents, et leur profondeur
est toujours très faible; celle des deux lacs de Tourves et du lac du Petit-Lau-
tieu n’est pas connue, elle ne paraît pas toutefois très considérable.
Sologne. .
Le lac de Soings est intermittent. Le 3 novembre 1896, jour où je l’ai visité,
il était à sec. D’après les habitants du pays, il aurait tari en 1857, aurait eu de l’eau
de 1858 à 1870, serait resté à sec de 1870 à 1874 et se serait rempli en 1874 pour
tarir de nouveau en 1894. Sa profondeur est toujours très faible.
Bretagne.
D’après M. Labussière, sous-ingénieur des ponts et chaussées à Redon, la profondeur
du lac de Murin ne dépasse guère 1 mètre. La superficie de ce lac est de
165 hectares*.
Normandie.
La Grande-Mare a, d’après les renseignements qui m’ont été communiqués
par M. Hembert, sous-ingénieur des ponts et chaussées à Pont-Audemer, une profondeur
de 2 mètres au plus et une surface de 110 hectares.
La profondeur de la Fosse-au-Mortier, dans les Ardennes, n’est pas connue.
1. L’ex a c titu de d e c e fait m ’a é té co n firm é e p a r M. R o cq u e , in g é n ie u r d e s p o n ts e t ch a u ssé e s, à
Brignole s, à qui j e d o is de tr ès in té r e ssa n ts d é ta ils su r c e tte r é g io n . Il p araît m êm e q u e l e la c s ’e st
encor e élev é 4 à 5 m è tr e s p lu s h a u t e t s ’e s t d év er sé p ar u n aq uedu c construit; so u s l e ch em in d’in té r ê t
com mu n n° I q ui p asse à c ô té d u la c , a q u ed u c q ui é ta it a u c on tr a ir e d e s tin é à é c o u le r d ans l e la c le s
eau x d’u n e p rop riété v o isin e .
2 . Odieux e t Vincent, Histoire e t Géographie de la Loire-Tnfèrieure, t . I , p . 1 2 7 , 1 8 9 5 .