
M. Vallée, ingénieur des ponts et chaussées à Dax, les lacs de Léon (351 hectares),
de Moliets, de Laprade (24 hectares), de Soustons (730 hectares), d'Hardy
(29 hectares), de Hossegor (85 hectares) n’atteignent pas 5 mètres, bien que la
superficie de quelques-uns d’entre eux soit importante.
On sait enfin que la profondeur du lac de Grandlieu est très faible; d’après
Deïesse ', elle ne dépasse pas 2 mètres. D’après un plan de sondage dressé par le
service des ponts et chaussées et qui m’a été communiqué par M. l’ingénieur en
chef Lefort, elle serait de 1“,30 aux basses eaux d’été et de 2“,50 aux hautes eaux
d hiver. Ce lac est cependant un des plus étendus du territoire français, car sa
superficie est de 3 600 à 3800 hectares3.
7 ° É T A N G S D U L IT T O R A L M É D IT E R R A N É E N
OBSERVATIONS.
Entressens
Dézeaumes3
6 mètres.
4 mètres.
7012 hectares, d’aprèt
une mesure faite au
planimètre sur h
carte n° 1134 du Ser
vice hydrographiqui
de la Marine.
15 567 hectares d’après
une mesure faite au
planimètre sur la
carte n° 1172 du Service
hydrographique
de la Marine.
95 hect. 49 (cadastre)
87 hect. 22 (cadastre).
Cette profondeur de 30 mètres se rencontre
au fond d’un entonnoir, situé
entre Balaruc-les-Bains et la pointe
de Bouzigues et qui est représenté
sur la Pl. XX. Abstraction faite de
cet entonnoir, l'étang forme une
I cuvette à fond presque plat, dont la
profondeur la plus grande est dé
11“,30, à peu près sur la ligne qui joint
Mèze à la pointe du Barrou.
L’étang de Berre se compose de deux
bassins, l’étang de Berre proprement
dit, dont là profondeur maximum
(10“,50) se trouve un peu au nord de
la pointe de la.Mède, et l’étang de
Vaine dont la profondeur est de 6“,30.
Ces deux bassins sont séparés par un
seuil qui prolonge la pointe des salines
de Berre et sur lequel la profondeur
est de 3 mètres.
L’étang de Caronte,'qui fait communiquer
l'étang de Berre avec la mer, n’a
que des fonds de 1 mètre, indépendamment
d'un chenal artificiel.
Bassin à fond plat.
Bassin à fond plat.
1. Voir la carte particulière dés côtes de France du Service hydrographique de la Marine, n° 1134. Dos modifications
assez importantes seront apportées à la carte de l’étang de Thau à la suite de sondages récents que vient d'effectuer M. Favé,
ingénieur hydrographe de la Marine. A 2 milles environ à l’est de Marseilian, M. Favé a découvert de nombreux hauts-
fonds, d origine madréporique, et sur lesquels il y a moins de 3 mètres d’eau.
2. Ibid., n» 1172. M. Favé, qui a révisé récemment la carte do l'étang de Berre, n'a pas trouvé plus do 9 mètres de profondeur.
Cette différence provient probablement d'erreurs dans les anciens sondages, car il no semble pas que, depuis la révision
de la carte qui a précédé celle de M. Favé et qui a été faite en 1872, le fond do l’étang ait pu s’exhausser de 1“,50 par
les apports des affluents.
3. Les sondages de l’étang de Dézeaumes ont été faits par M. Etienne Gorvais, chef des services techniques de la Compagnie
des Salins du Midi. Je le remercie vivement du précieux concours qu'il m'a prôté.
1 . D el esse, Lithologie des mers d e France, p . 9 3 .
2 . D’après des d o cum en ts de MM. Mille e t Lefort, in g én ieu r s en c h e f des ponts e t ch a u ssé e s.
Tous les autres étangs du littoral méditerranéen semblent être très peu profonds.
Les étangs du Comte etdeMeyranne ont sur les cartes d’état-major et du ministère
de l’Intérieur une importance fort exagérée ; ils sont envahis par la végétation
et ne sont plus à présent que des marais. Quant aux grandes lagunes du littoral,
elles paraissent n’avoir qu’une profondeur extrêmement faible. Celles de la Palme,
de Bages avec ses dépendances, de Leucate, de Mauguio, n’ont que 1 à 2
mètres 1 ; il en est de même de l’étang de Scamandre ou des Iscles2, ainsi que du
grand étang de Valcarès, dont la superficie atteint douze mille hectares3, et qui est
appelé aussi Petite Mer (Pichoto Mar). D’après la Compagnie des Salins du Midi,
la profondeur de l’étang de l’Estomac n’excède pas 3 mètres.
Les étangs de l’Olivier, de Lavalduc et d’Engrenier, qui paraissent très importants
sur la carte d’état-major4, sont en réalité des bassins naturels dans lesquels
l’eau est amenée artificiellement. Le premier est en communication avec l’étang de
Berre par le canal mi-aérien, mi-souterrain de Craponne; les deux autres, séparés
par une chaussée basse qui semble être artificielle, reçoivent l ’eau de la Méditer- •
ranée au moyen d’un canal construit par la Compagnie des Salins du Midi, qui les
exploite comme salines. Sans ces travaux d’art, ces lacs ne recevraient que quelques
ruisseaux insignifiants et seraient à peu près à sec. D’après les sondages que j ’ai
faits, la profondeur de l’étang de l’Olivier est de 10 mètres et celle de l’étang
d’Engrenier de 3m,50 ; celle de l’étang de Lavalduc est de 1 mètre à l m,50
seulement5.
1. Plans dressés par le s se r v ic e s des p o n ts e t ch a u ssé e s d e l ’Au de e t de l ’Hérault.
2. Rense ign em en ts de M. L am o th e, in g é n ie u r d e s p on ts e t ch a u ssé e s, à N îm e s.
3. Lenthéric, le Rhône, t. II, p . 443, e t les V illes mortes d u golfe de Lyon , p . 57.
4. D’après l e cad a str e , la su rfa c e d e l ’é ta n g de l ’Olivie r e s t d e 211 h e c ta r e s 55 a r e s ; d’a p rès le s
plans lev é s p ar la Compagnie des S a lin s du Midi, c e lle s d e s é tan g s d e Lavalduc e t d’E n g r en ie r so n t
re spe ctiv em en t d e 238 h e c ta r e s 76 are s e t de 150 h e c ta r e s.
5. D’après le s sondage s effe c tu é s p ar la Compagnie d e s S a lin s du Midi. M. Léon Au co c a p u b lié u n e
étude fort in té r e ssan te su r la co n d itio n lé g a le 'd e s étang s sa lé s d e la Médite rrané e, dans u n m ém o ir e lu
dans la séan c e du 19 a oû t 1882 de l ’A c adém ie des S c ien c e s m o r a le s e t p o litiq u e s (Comptes Rendus des tra vau
x de VAcadémie, t. II, 1882, p . 773, e t Mémoires de V'Académie, t. XVII, 1891, p . 733). D’après u n e
com mu nica tion orale que m ’a fa ite c e sa v an t, l ’a lim en ta tio n des é ta n g s d’E n g r en ie r e t de Lavalduc en
eau d e m e r n ’au rait pas tou jou r s é t é a r tific ie lle ; à c e r ta in e s ép o q u e s, la Médite rrané e au ra it, p en d a n t des
temp ête s, envahi c e s étang s d ont e lle n 'e st s ép a r é e q u e p a r u n s e u il tr ès b a s . Même, dans le s s iè c le s
p r é c éd en ts, le s ea u x p ro v en an t d e c e s ir ru p tio n s s e so n t, p a ra it-il, t e llem e n t c o n c e n tr é e s e t so n t
deven u es si r ich e s en s e l q u e l ’a dm in istr a tio n d e s g a b e lle s, v o u la n t em p ê ch e r la con tr eb an d e d e ce
prod uit, a fa it con struire l e can a l d u Roi p o u r d im in u e r , au m o y e n d’u n e n o u v e lle a rr iv ée d’ea u de
me r, la sa lur e d e c e s b a ssin s. Il p araît d’a illeu r s b ie n c e r ta in q u e le s é ta n g s d e Lavalduc .et d ’E n g r en ie r
n on t r e çu l’ea u d e la m e r q u e par à -c o u p s e t d’u n e m a n iè r e to u t à fa it in t e rm itte n te ; c a r M. Gervais,
in g én ieu r d e la Compagnie des S a lin s du Midi, m ’a d it a v o ir v u Lavalduc c om p lè t em e n t à sec.