
par de Saussure, par Necker1, par Morlot8, par Alphonse Favre3, par M. Ernes
Favre*, par M. Forel5. Elle est composée de cailloux roulés associés à des sables;
elle forme, dit Alphonse Favre, en quelques endroits une roche meuble et sans consistance,
qui se désagrège aussitôt qu’on la touche; d’autres fois, les cailloux sont
Fig. -110. — Lac de Genève. Vue prise des hauteurs'-tjui dominent Montreux. Au fond, la crête du Jura.
(D ap rè s une photographie.)
liés entre eux par un ciment d’une ténacité telle qu’on les brise plutôt que de les
détacher. Elle est visible dans les trois localités suivantes
1° Aux environs de Genève et particulièrement près du bois de la Bâtie
(fig. 111), au-dessus du confluent du Rhône et de l'Arve “ ; elle s’élève en ce point
jusqu’à une trentaine de mètres au-dessus du lac, elle est recouverte par le terrain
glaciaire et repose sur la molasse visible en plusieurs points du lit du Rhône. Elle
est constituée par des couches sensiblement horizontales de galets et de sables et
1. Etudes géologiques dans les Alpes.
2. Bull. S. V. S. N ., t. VI, p. 101 et seq., 1858.
3 A lp h o n s e F a v r e , Recherches géologiques dans les parties de la Savoie, du Piémont et de la Suisse voisines
du Mont Blanc, i. I, p. 87 et seq., e t Description géologique du canton de Genève, 1.1, p. 82 e t 1.1 et II,
passim.
4 . E r n e s t F a v r e , l’Origine de l’alluvion ancienne (Arch. S. P. N. G., n o u v e lle p é r io d e , t . 5 8 ,
p. 18, 1877).
5. F.-A. F o r e l , le Léman, t . p . 170.
6. Voir la c a rte du canton de Genève a u jg-jw,, p a r Alphonse Favre.
renferme toutes les roches des bassins de l’Arve et du Rhône ; on y trouve en particulier
les euphotides caractéristiques de la vallée de Saas dans le Valais ; à sa base s’y
voient des couches de lignite. Cette alluvion se prolonge d’ailleurs en amont dans
la vallée de l’Arve et en aval dans celle du Rhône; elle est, en maints endroits,
visible dans les méandres encaissés de ces deux rivières et parait former au-dessous
du terrain glaciaire un soubassement continu de Genève au fort de l’Ecluse.
2° Sur la colline de Bougy, au-dessus de Rolle, où elle s’élève jusqu’à
275 mètres au-dessus du lac. Elle est, comme à Genève, horizontale et recouverte par
F ig . n i . — .Falaise (l’alhivion ancienne du coteau de Saint-Jean, en face du bois de l a Bâtie, au-dessus
du confluent du Rhône e t de l’Arve.
(D'après une photographie de M. J u l l i k n . )
le glaciaire, et repose aussi sur la molasse ; elle est constituée par les cailloux de la
vallée du Rhône.
• 3° Dans la vallée de la Dranse du Chablais, principalement entre Thonon et
Bioge, et entre Bioge et Chevenoz, dans la vallée de la branche de la rivière issue
d’Àbondance. Elle est en général horizontale, sauf en certains points où elle a une
inclinaison, assez irrégulière d’ailleurs, de quelques degrés vers le lac. Elle est
recouverte par de puissants amas de terrain glaciaire et repose sur les couches,
souvent très fortement redressées, à travers lesquelles la vallée a été creusée. Elle
est constituée par des cailloux qui appartiennent au bassin delà Dranse ; les roches
cristallines y sont très rares et peuvent d’ailleurs provenir des pointements voisins
des Gets, dans la partie haute de la vallée.
Quelle que soit la région où on l’examine, l ’alluvion ancienne constitue un dépôt
torrentiel et nullement un dépôt lacustre ; ses matériaux ont été déposés à l’air libre