
côté d’une route de voitures et à un kilomètre d’un village, et le lac d’Issarlès, le plus
vaste du Plateau Central, au bord duquel s’élève un hameau de 250 habitants, ne
possédaient aucune embarcation. Par contre, certains lacs élevés et éloignés de
toute agglomération, ont un bateau, ou du moins en avaient un lorsque je les ai
explorés; je citerai, dans les Alpes, ceux de Tignes, de la Girolte, d'Allos, de Cos
(le bateau de ce dernier appartient à la Société des Touristes du Dauphiné) ; dans les
Pyrénées, ceux de Caïllaouas, de Gaube, d’Estom, d’Oo (ces trois derniers très fréquentés
par les touristes).
J’ai dû, en conséquence, me résigner à emporter un bateau dans mes expé-
Fig , 7.— Bateau Osgood munijdu petit appareil de sondage avec sa malle. Le bateau est représenté tiré à terre
dans un jardin couvert de neige.
ditions. Je me suis servi, pour explorer les lacs facilement accessibles, d’un bateau
démontable système Berthon, du poids de 90 kilos et pouvant être facilement
transporté soit en voiture, soit à dos de mulet. Mais cette embarcation, excellente
et très pratique, eût été beaucoup trop lourde pour les lacs des hautes régions. J’ai
fait alors usage du bateau démontable américain Osgood qui ne pèse que 25 kilos
et qui tient tout entier soit dans une malle, soit dans deux sacs dont chacun
constitue la charge d’un porteur. Ce bateau est représenté par la fîg. 7, tiré à terre
et muni du petit appareil de sondage représenté à la page 18. Mon ami E.-A. Martel,
qui s’en est servi pour ses explorations souterraines, en a donné une description
détaillée dans son ouvrage sur les Cévènnes*. Je l’ai transporté sur les hautes
nappes d’eau des Alpes et des Pyrénées, et même sur un glacier (celui de Gorner)f
tv “ '■$. Fig. 8: — Petite tempête „sur le lac Lanoux (2.154 met.) (Pyrénées-Orientales), 29 juillet 1894.
La vue, prise d u‘m ilieu du lac, représente la partie amont. Dans le coin à gauche, la tête du batelier.
(D’après une photographie do A. Delebecque.)
et j ’en ai été très satisfait. Cependant je dois reconnaître que son défaut de stabilité
le rend souvent dangereux et qu’il n’est pas toujours capable de supporter les
Fig. 9. — Bateau Osgood sur le lac de Miguelou (2 261 mèt.) (Hautes-Pyrénées), 7 juillet 1894.
A droite une équipe de porteurs.
(D’après une photographie de A. Delebecque.)
petites tempêtes qui s élèvent parfois sur les lacs de montagne. Ainsi; sur le lac
Lanoux, dans les Pyrénées-Orientales, le vent s’étant mis à souffler soudainet
. E .-A. Martel, les Cévennes, p . ( 5 0 , P a r is, De làgrave, 1 8 9 1 .