
2° Lorsque le lac est agile* sa surface est mal définie' et la mesure de la
distance qui sépare cette surface du fond, ou, en d’autres termes, la mesure de la
profondeur, peut être entachée d’une erreur de 0m,l0 à 0m,20 ;
3° Lorsqu’il fait du vent, la dérive du bateau empêche le fil de descendre verticalement;
l’erreur qui en résulte peut être très importante; ainsi, pour une pro-
Fig. 6 : — Appareil de sondage système Belloc, simplifié par A. Delebecque, avec sa boîte.
(La figure le représente fixé sur une table au moyen d’une presse.)
fondeur de 310 mètres, soit celle du lac de Genève, il est facile de calculer que des
1° à 40° produisent les erreurs suivantes :
Déviation. Erreur en trop. Déviation. Erreur en tr
1° 0 m,0 5 6 ° - -lm,71
2° 0m,1 9 7° 2 “ , 3 3
3° 0m,4 2 8 ° 3m,0 5
4,0 v 0m,7 6 9° 3m,8 6
5° l m,1 8 1 0 ° 4m,7 8
On doit, en conséquence, si le lac est profond, se résigner à ne travailler que
par un temps calme:
11 faut remarquer que, malgré leur très faible diamètre, ces fils d’acier ne sont
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soumis qu’à une charge bien inférieure à celle qui provoquerait leur rupture, Les
cordes de piano des Aciéries et Forges de Firminy, dont je me suis servi ¿offrent
facilement une résistance de 200 kilos par millimètre carré; il en résulte qu’un fil
de 0““li"',4'de diamètre, dont la section est de 0”“m” °"'s,t2 environ, pourrait supporter
une charge de 24 kilos. Or, dans le dernier des trois appareils que j’ai décrits, la
chargé n’est que de 2 kilos, poids du plomb de sonde, plus 1 gramme par mètre de
fil immergé. On voit donc que, théoriquement, les chances de rupture de ces fils sont
très faibles. Néanmoins il serait imprudent de s’en servir pour descendre au fond
des lacs des instruments de prix; car leur résistance peut être singulièrement
diminuée, soit par la rouille, soit par des noeuds, ou, en langage technique, des
coques, qui se produisent lorsqu’on donne au fil une courbure ou une torsion exagérée.
Pour parer à ces deux inconvénients, il faut, d’une part, essuyer le fil avec le
plus grand soin, l’imbiber d’huile et le conserver dans un endroit bien sec1, d’autre
part, l’enrouler très régulièrement autour du tambour de l’appareil.
Il est, bien entendu, nécessaire de vérifier ces appareils de sondage. Pour cela,
on mesure très exactement une longueur d’au moins 100 mètres, soit verticale, soit
horizontale, et on lit la division que marque le compteur, préalablement mis au
zéro, lorsque l’extrémité du fil a parcouru la longueur ainsi mesurée. Dans le dernier
des appareils décrits, la poulie métrique avait un diamètre de 63”““"',5; le fil
ayant un diamètre de 0"luim,4, la longueur de fil déroulé était, pour un tour de la
poulie, 63'“u“',7 x - (rapport de la circonférence au diamètre), soit 0",20002*.
D’autre part, le compteur marquait 0”,20 par tour de la poulie.; l’erreur était donc
de 0",00002 pour 0",20 ou de 1/10 de millimètre par mètre, c’est-à-dire insignifiante
même pour des profondeurs de plusieurs centaines de mètres. La poulie étant
sujette à l’usure, il faut répéter de temps en temps la vérification.
Bal eaux.
On ne trouve guère d’embarcations convenables que sur les grands lacs, tels
que ceux de Genève, du Bourget, d’Annecy, ou sur les petits lacs visités par les
touristes (Nantua, Gérardmer, Lourdes). Sur beaucoup de lacs, en particulier sur
ceux de Saint-Point, de Paladru, d’Aiguebelette, les bateaux sont à fond plat et ne
marchent qu avec une extrême lenteur; sur d’autres lacs, plus nombreux encore, il
n y a rien du tout. Et ce ne sont pas seulement des lacs de haute montagne qui sont
ainsi délaissés; en 1892, le lac de Chalain, l’un des plus grands du Jura, situé à
1. Lorsqu'on r e sté u n ce r ta in tem p s san s en fa ir e u sa g e , on p eu t l'en r o u le r a u to u r d’u n e b o b in e en
b o is cL le con server dans u n d e c e s vases r em p lis d e ch lo ru r e d e ca lc ium d ont on s e se r t en ch im ie e t
qu’on a p p e lle d essicca teu rs.
■ 2. Ce ra ison nem en t su pp ose q ue , lo rsq ue le fil e s t en r o u lé a u to u r d e la p o u lie , c ’e s t la libr e du milieu
qui conserve une lon gu eu r invar iable, n e su b is sa n t n i con tr a c tion ni d ila ta tio n , c e qui n’e s t p eu t-ê tre pas
rig ou reusem en t ex a c t. Il e st d onc n é c e ssa ir e d e fa ire u n e v é r iflc â tïf§ e x p é r im e n ta le .