
lacustres * trouvées près de Charabéry, dans des bancs de marne situés sous l’allu-
vion ancienne, militeraient en faveur de cette hypothèse. Mais alors cet ancien lac
aurait été comblé parl’alluvion ancienne; une nouvelle vallée aurait été creusée au
sein de celle-ci et cette vallée aurait été transformée en un lac, le lac actuel, soit par
un affaissement des Alpes, soit peut-être encore, si l’on se range à l’opinion de
M. Brückner*, par l ’excavation des glaciers dans les dépôts meubles constituant cette
alluvion.
Remarquons d’ailleurs que, dans le voisinage du Bourget, la vallée du Grési-
vaudan paraît avoir été le siège d’un ancien lac. En effet, comme nous l’avons déjà
vu3, à une trentaine de kilomètres à l’aval de Grenoble, près du village de Saint-
Gervais, l’Isère qui, depuis Albertville, coulait daus une large plaine d’alluvions,
entre dans des gorges étroites qu’elle a creusées au travers d’un plateau molassique.
Ce plateau, qui, ainsi que j ’ai pu le constater4, forme un seuil continu entre les
deux versants rocheux de la vallée, domine d’une cinquantaine de mètres la plaine
alluviale. Il y a bien là une ceinture de roche en place qui paraît avoir soutenu un
ancien lac; ce lac s’est peu à peu comblé par les alluvions de l’Isère, du Drac et
d’autres rivières de moindre importance, en même temps que l’émissaire se taillait
un lit profond dans une molasse relativement tendre. Il est d’ailleurs difficile de
dire jusqu’où ce lac s’étendait en amont, car la partie supérieure de la vallée est
encombrée d’alluvions dont nous ignorons l ’épaisseur. Il se pourrait que le petit lac
de Sainte-Hélène, dont nous avons parlé plus haut5, relégué dans la vallée latérale
du Coisetan, fût une portion de cet ancien lac respectée par les alluvions de l’Isère.
La plaine de l’Isère, depuis Albertville jusqu’à Saint-Gervais, est en maints
endroits dominée par des alluvions anciennes horizontales, recouvertes par le
glaciaire et formant falaise comme au lac du Bourget. Sans faire aucune hypothèse
siir leur âge qui est encore assez mal déterminé, il est assez naturel de supposer
qu’elles sont antérieures à l ’ancien lac du Grésivaudan.
d . — LAC d ’ aM N E C Y *' (FIG. 1 1 3 ET 1 1 1 )
Les alluvions anciennes semblent être beaucoup moins développées autour du
lac d’Annecy qu’autour des lacs de Genève et du Bourget. Je ne connais qu’un point
où l’on rencontre un dépôt qui paraisse avoir quelque analogie avec elles. C'est une
1. J. Revil e t J. Vivien, loc. c it. — Il faut observe r to u te fo is q u e , a u -d e ssou s d es b anc s d e m a rne en
q u e stio n , on re trou v e d e s sa b le s e t des g a le ts n ’a yan t au cu n car a c tè r e la cu str e e t au ssi l e g la c ia ir e ,
d’a p r è s la r é c e n te d é cou v e r te de M. Vivien (voir p age 307). Ce la c n e s e r a it donc pas tr ès a n cien .
L 'épa isseu r de c e s m a rn e s e s t d’a illeu r s assez fa ib le , et le la c où e lle s s e so n t d ép o sé e s a pu n ’a v o ir qu’une
p rofon d eu r in sig n ifia n te .
2 . Voir page 303.
3. P a g e 298.
4 . Voir p age 298.
5. P a g e 278, On a vu d’a illeu r s q u ’une au tre o r ig in e p eu t lui être a ssig n é e .
6. Carte g éo lo g iq u e au ^ 0Q0, fe u ille A n ne cy . Voir au ssi p l. III.