
ces nappes d’eau dans une étude générale des lacs, quoiqu’elles aient encore une
attache avec le monde maritime.
Ces étangs sont répartis sur la carte d’une manière extrêmement capricieuse.
Quelques-uns, comme ceux de Saint-Nazaire, de Leucate, de Thau, de Berre, ont
en quelque sorte une individualité bien établie; d’autres, au contraire, comme ceux
des environs d’Aigues-Mortes ou de la Camargue, ne sont que les compartiments
d’une même nappe d'eau que les atterrissements ont divisée à l’infini. Certains
d’entre eux ont des ramifications compliquées; ainsi l’étang du Doul, qui n’est
qu’un golfe de l’étang de Bages, n’est rattaché à ce dernier que par un chenal
contourné; il se trouve dans une cavité cratériforme presque entièrement fermée;
cette cavité n’a d’issue que par une passe large de 150 mètres tout au plus, qui
s’ouvre vers les salines de Peyriae, dans une direction opposée à celle de l’étang
de Bages1.
Citons, parmi les principaux, les étangs de Saint-Nazaire, de Leucate Ou de
Salses, de la Palme, de Bages ou de Sijean, l’étang de Thau, un des plus vastes et
le plus profond du littoral, l’étang de Mauguio ou de l’Or, l ’étang de Scamandre ou
des Iscles, le grand étang de Valcarès, appelé aussi Pichoto Mar (petite mer), les
deux étangs de Dézeaumes et d’Entressens, dans la Crau ; l’étang de Berre, le plus
vaste du littoral, et ses satellites, parmi lesquels je citerai les étangs de l’Olivier, de
Lavalduc, d’Engrenier et de l’Estomac; enfin l'étang des Pesquiers, qui sépare la
presqu’île de Giens du continent.
Remarquons que les étangs de Berre, de Valcarès et de Thau sont, après le
lac de Genève, les nappes d’eau les plus vastes de la France.
VlIIfgj- La c s de s autres régions du territoire français.
Les autres lacs du territoire français sont en général peu importants. Je
citerai :
Sur le plateau des Landes : les innombrables petits lacs ou lagunes8, dont les
plus importantes sont celles : de la Laguë, près de Lavardac, de Troupins, près de
Guillos, du Château et.de la Hucau, près de Saint-Magne, de Rouqueyre et de la
Grande Téchoueyre, près Saint-Symphorien, etc.
Dans le Gard : l’étang de la Capelle.
En Provence : les lacs de Tourves, de Besse3, de Gavoti, Redon, de Gonfaron,
du Grand et du Petit-Lautien, dans les environs de Brignoles.
Dans-la Sologne : le lac de Soings, entre Blois et Romorantin.
1. Voir le s fe u ille s E. M. Narbonne S. W. e t M. I. Narbonne.
2 . Le m o t lagune, em p lo y é dans la r é g io n , sig n ifie s im p lem en t p e tite n app e d’ea u e t n ’im p liq ue
a u cu n e com m u n ic a tio n a v e c la me r .
3. Voir p age 27 l ’ob servation r e la tiv e a u la c d e B e s s e .
Dans les Ardennes : la Fosse au Mortier, près de Signy-TAbbaye.,
En Bretagne : le lac de Murin, près de Redon, au bord de la Vilaine.
En Normandie : la Grande Mare, au bord de la Seine, entre Quilleboeuf et
Pont-Audemer.
Enfin, si j’ajoute à cette liste, d’abord les entonnoirs du Val de Loire, aux
environs d’Orléans, parmi lesquels l’un d’eux, celui de la Roture, mérite par son
étendue le nom de lac, puis les nombreuses flaques d’eau qui existent dans le lit
majeur de certaines rivières, principalement du Rhône, en amont de Lyon, et de
la Saône, aux environs de Seurre, j ’aurai, je crois, terminé à peu près la liste des
lacs naturels de France.
XX. — Étangs artificiels.
En effet, la plupart des autres nappes d’eau qui figurent sur les cartes sont
artificielles; par exemple, ainsi que j ’ai pu le constater moi-même :
Les grands étangs de la Forge, de Sermamagny et de Malsaussé, près dè
Belfort ;
Les innombrables étangs des environs de Lux eu il; et de Faucogney, dans la
Haute-Saône (étangs de la Maisonnette, d’Arfin, etc.) ;
Les étangs de la Sologne Bourbonnaise1, à l’est de Moulins;
Les étangs de l’île Crémieu (sauf les lacs de Moras, de Save, d’Àrandon et
de la Gorge), et ceux de Fallavier et de Saint-Quentin, un peu plus au sud-ouest;
Et encore, d’après des documents sérieux ou d’après des renseignements
que des correspondants obligeants ont bien voulu m’envoyer :
L’étang de la Bonde8, au pied de la montagne du Luberon, dans le
Vaucluse;
Les étangs des plateaux de Bonnevaux3 et de Chambarand4, dans l’Isère ;
Les étangs de la Dombes5, et, un peu plus au nord, ceux des environs de
Chalon-sur-Saône6 et de Bletterens7 ;
Les étangs de la Creuse8 ;
1 . Ln de m e s cam arad es, q ui e s t p o u r ta n t u n g éo lo g u e d istin g u é , m ’avait affirmé qu ’ils é ta ien t
n a tu r e ls, e t m av a it m êm e d onn é u n e th é o r ie d e leu r fo rma tion !
2. R en se ig n em en t dp M. Candelier, in g é n ie u r des p o n ts e t ch a u ssé e s, à Apt.
3. R en se ig n em en t de M. Moussier, c o n d u c teu r des p on ts e t ch a u ssé e s, à V ien n e .
4 . R en se ign em en t de M. Guéraud, c o n d u c teu r d es p on ts e t ch a u ssé e s, à S ain t-Marc ellin.
B. Dictionnaire géographique de la France, p ar Joanne, p. M M ;— ' la Domlies, p ar L. Gallois, A nn .
Oéogr., t. I, î 891-92, p. 128. — R en se ig n em en t d e H . DepércL, p ro fe sseu r à la F a cu lté des S c ien c e s de
y o n . — F a isa n e t Chantre, Monographie géologique des anciens glaciers de la p a r tie moyenne du bassin du
Rhône, t. II, p . 4 44.
6 . R en s e ig n em en t.d e M. De lafond, in g é n ie u r en ch e f des m in e s , à Cha lon-su r-Sa ôn e.
7 ’ n c n s c |Sn em cn l d e M. P e rn o t, so u s- in g é n ieu r d e s p on ts e t ch a u ssé e s, à L o n s -le -S a u ln ie r .
. R en se ign em en t de M. de Launay, in g én ieu r au co rps dos m in e s . '