
m’ont été obligeamment communiquées par M. de Morlot, directeur de ce service ; il
en résulte que l’amplitude des variations aété, du 19 août 1892 au 31 décembre 1895,
de 15m,82 1, le maximum ayant été atteint le 29 mars 1895 et le minimum le 23
septembre 1893. Aux lacs d’Allos (Basses-Alpes), de Lovitel (Isère), de Robert (Isère),
que j’ai visités en eaux basses, la laisse des hautes eaux est parfaitement visible sur
les rochers qui bordent le rivage. La variation atteint au moins 11 mètres au lac de
Lovitel, 10 à 12 mètres au lac d’Allos, 6 mètres aulac Robert; elle dépasse 12 mètres
au lac du Grand-Lautien (Var), alimenté probablement par une nappe souterraine2.
D’après Lecoq, le niveau du lac de Montcvneire est aussi très variable3. Par contre,
d’après le même auteur4, la variation est très faible au lac du Bouchet, où elle
n’atteint que 0” ,30 à 0m,40, et elle m’a paru être du même ordre au lac d’Issarlès. 11
est probable que ces deux derniers, alimentés par de petites sources sous-lacustres,
reçoivent une très faible quantité d’eau et que, dès lors, les variations de leur niveau
doivent être minimes, quel que soit leur mode d’écoulement.
Un calcul très simple montre que le niveau des lacs à écoulement sous-lacustre
est beaucoup plus variable que celui des lacs à écoulement superficiel.
En effet, le débit d’un déversoir est donné par la formule suivante5 :
( 1 ) . Q = 0 ,3 5 L H l / 2 g H
dans laquelle :
Q représente le débit exprimé en mètres cubes par seconde ;
g l’accélération de la pesanteur, soit 9,8088;
L la largeur du déversoir, c’est-à-dire de l’émissaire du lac;
H la hauteur du niveau du lac au-dessus du seuil du déversoir, c_est-à-dire du
fond du lit de l’émissaire ;
ou bien, puisque g = 9,8088, par la formule;
(2) Q = I ,5 5 L H l / i .
L’écoulement sous-lacustre peut être assimilé à l’écoulement par un orifice
muni d’un ajutage cylindrique6; il sera donné parla formule7:
(3 ) • Q = 0 ,8 2 A l / 2 g H
dans laquelle :
1. S i l ’on tie n t c om p te du n iv e a u e x tra o rd in a ir em en t é le v é du 28 d é c em b r e 1882, o n trouve q u e
l’am p litud e la p lu s gran d e e s t d e 17m,20.
2. V o ir pa g e 51 le s d é ta ils r e la tifs à la variation d e c e n iv e au.
3. L'Eau sur le Plateau Central de la France, p . 331.
4. Loc. c i t ., p . 319.
5. Collignon, Cours d ’h yd rau liqu e, 2° éd itio n , p . 146.
6. Cette a s s im ila tio n su p p o se q u e la lo n g u eu r d e s c a n a u x so u te r ra in s e s t tr è s fa ib le , c e qui n e st
p a s to u jo u r s l e ca s. Mon r a is o n n em en t se r a v ra i a fo r tio r i si c e tte lo n g u eu r e s t c on sid é rab le .
7 . Collignon, loc. c it., p. 135.
Q et G représentent les mêmes quantités que précédemment,
A la section de l’orifice, c’est-à-dire du fond de l’entonnoir ;
H la hauteur du niveau du lac au-dessus de l'orifice d’écoulement.
Ou bien, puisque g = 9,8088,
Q = 3 , 6 2 A l /H .
Cherchons, dans l’un et l’autre cas, à exprimer le débit uniquement en
fonction de la hauteur H, et supposons, pour fixer les idées, que nous ayons
affaire i
1° A un lac à écoulement superficiel dont le débit moyen soit de 4 mètres cubes
par seconde pour une profondeur de l’émissaire, à la sortie du lac, égale à 0",66;
dans ce cas, comme, d’après les règles de l’hydraulique*, la hauteur du niveau du
lac au-dessus du seuil du déversoir doit être à celle de la tranche d’eau qui coule
sur ce seuil dans le rapport de 3 à 2, on a H = I ; on tire alors de la formule (2) la
valeur 2,60 pour L, et cette formule (2) devient :
' ' ( ¿ p F ' ; q= 4 hI / h ;
2° A un lac à écoulement sous-lacustre dont le débit moyen soit également de
4 mètres cuhes par seconde pour un orifice situé à 25 mètres de profondeur; dans
ce cas la formule (4) montre que A doit être égal à 2/9 de mètre carré et cette formule
(4) devient :
(6) . Q f ^ 5 -
Ces deux exemples pourraient d’ailleurs trèsbien se rencontrer dans la nature;
en effet, le débit moyen du lac de Saint-Point est, comme nous l’avons vuS de
4"°,60; d’autre part, la profondeur de l’émissaire du lac de Nantua est de 0?f,40
e n eaux basses près de la sortie du lac; enfin l’entonnoir du lac de Chaillexon se
trouve à une trentaine de mètres de profondeur3.
Nous pouvons traduire graphiquement ces deux formules. Si nous portons en
abscisses le débit et en ordonnées la hauteur du lac, soit au-dessus du seuil du
déversoir, soit au-dessus de l’orifice d’écoulement, nous obtiendrons les deux
courbes représentées par la figure 50.
On voit tout de suite, à l’inspection de ces courbes, que, pour un lac à déversoir,
à une oscillation très légère du niveau autour de sa valeur moyenne correspond
une variation considérable du débit de l’émissaire, tandis que 1 inverse a
lieu pour un lac à écoulement sous-lacustre. Ainsi, pour le lac à déversoir, une
augmentation du quart dans le débit, qui serait ainsi porté à 5 mètres, corres1.
C o l l i g n o n , loc. c it ., p . 145.
2 . P a g e 113.
3. Voir PI VII.