
une courbe sensiblement elliptique dont les axes ont environ 100 et 50 mètres de
longueur*. Sa profondeur, au-dessous du niveau de l’étang, atteint 30 mètres. Cet
entonnoir est également dû à une source, connue dans le pays sous le nom de
source de la Vise-, et dont l’existence se manifeste par de légères ondulations qui
viennent rider la surface de l’eau, et qui, ainsi que j ’ai pu le constater, sont encore
parfaitement visibles lorsque l’étang est agité par les vagues.
Entonnoirs produits par des émissaires sous-lacustres.
Nous en trouvons un au lac de Chaillexon, à l’extrémité orientale de la petite
plame centrale qui constitue le fond du lac; cet entonnoir dépasse, par une profondeur
de 31”,50, de *-,60 le point le plus bas (26",90) de cette plaine. Il se
termine par une fissure où s’engouffre l’eau du lac.
Je connais un petit entonnoir au lac d’Allos (Basses-AIpes), par où s’écoule
1 émissaire sous-lacustre du lac; il s’ouvre au milieu d’un amas de blocs et est
visible en eaux très basses. Un autre entonnoir est également visible dans les mêmes
conditions au lac d’Armaille (Ain). J’en ai cherché dans d’autres lacs qui n’ont pas
d’écoulement superficiel, tels que le lac Robert, le lac de Lovilel, sans pouvoir en
trouver.
... ^ ° ir pI- XX- Le le v e r top ograp h iq u e d e c e t en to n n o ir a é t é fa it a v e c b eau cou p d e so in I
d h a b ile té par M. Gauffre, c o n d u c teu r d e s p on ts e t ch a u ssé e s à Montpellier, à q ui j e su is h eu r eu x
a ad r e sse r m e s m e illeu r s r em e r c iem en ts.
CHAPITRE V
NATURE DU SOL DES LACS
Ainsi que- je l’ai dit dans le chapitre précédent, le sol primitif qui constitue
la cuvette du lac est rarement à nu ; il est en général recouvert par une couche plus
ou moins épaisse de dépôts.
M. Forel, dans son Léman *, distingue dans un lac deux natures de sol, le
sol d’érosion et le sol d’alluvion. Cette distinction est exacte; mais, comme l’a fait
très bien observer M. Forel lui-même, l’action de l’érosion, tout au moins de
l’érosion mécanique*, est, dans un lac, localisée en certains points. Cette érosion
ne peut s’exercer que dans le voisinage de la surface, et nous en avons décrit les
effets en traitant de la formation de la beine et du mont3. Le sol d’érosion est
représenté exclusivement par la grève et par la partie de la beine qu’on appelle
généralement beine d’érosion et dont la profondeur ne dépasse guère 5 mètres.
Nous pouvons dire en conséquence que “toute la partie du sol d’un lac située au-
dessous de la courbe isobathe 5 ou bien est un sol d’alluvion ou bien est le sol
primitif du lac. Étudions successivement ces deux natures de sol.
I. — Sol d’alluvion.
■1° P R I S E D E S É C H A N T IL L O N S
Pour connaître la nature de ce sol, il est nécessaire d’en prendre des échantillons.
A cet effet, il est commode de se servir d’une drague qui consiste simplement
en un seau en zinc un peu aplati, aux bords tranchants et attaché à une cordelette
longue de quelques mètres, qui est ellerinême fixée au plomb de sonde de la corde
1. T. I, p. 84.
2. Nous étudierons l’érosion chimique en traitant de la composition de l’eau des lacs.
3. Page 56.