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Les opérations chimiques qu’on tait subir aux minerais,
sont donc en général simples et peu variées. On.
peut dire que le feu en est le principal agent, et que
les seuls réactifs qu’on y emploie, sont : 1°. dans beaucoup
de circonstances, lesdilférens minerais eux-memes;
2°. les terres et les pierres, qui, suivant leur nature et
leur mélange , doivent être considérées comme fondant
; 3°. le charbon qui non-seulement sert à fondre ,
à sublimer, ou à volatiliser certaines parties, mais qui
dans bien des cas doit être considéré comme désoxi-
dant ; 4°> l’air qui ne sert pas seulement à animer le feu,
mais qui est souvent employé comme oxidant ; 5°. le
mercure et l’eau , qui sont les deux seuls dissolvans que
l’on emploie dans les travaux à froid, &c.
Les bornes très-resserrées dans lesquelles nous devons
nous renfermer, ne nous permettent point de traiter ces
différens sujets d’une manière générale, ni de présenter
des élémens complets et méthodiques de métallurgie j
nous devons nous contenter d’indiquer comment on
retire l’or, l’argent, le plomb , le cuivre, &c. de leurs
minerais. Les seules généralités que nous placerons ici ,
auront pour objet de faire connoîlre quelques instru-
mens , et sur-tout quelques fourneaux employés dans
la plupart des opérations métallurgiques , et dont la
description n’appartient pas plus particulièrement à une
opération qu’à une autre.
Foumaaux. Tout fourneaii est composé de quatre parties principales,
qui sont tantôt séparées, et tantôt confondues
quant à la place, mais jamais quant à l ’action.
Ces parties sont le foyer, la bouche, le laboratoire et
la cheminée.
Le foyer est le lieu où se place le combustible quel
qu’il soit.
La bouche est la partie par laquelle le fourneau aspire
l ’air nécessaire à la combustion. Sa position et sa direction
peuvent varier sans que les autres parties changent y
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ce qui apporte des différences assez grandes dans l’effet
des fourneaux. Les conduits d’air et les machines soufflantes
en sont des appendices.
Le laboratoire est le lieu où se met la matière sur
laquelle doit agir le combustible. — Les creusets, les
rigoles, les bassins de réception , les chambres de sublimation
, les récipiens, &c. en sont des dépendances.
La cheminée est le chemin que suit le courant de calorique
; elle est terminée par un ou par plusieurs canaux
qui servent au dégagement des produits de la combustion,
et auxquels on donne souvent et plus spécialement
le nom de cheminée ■
1 Cette division s’applique à tous les fourneaux quelque compliqués
qu’ils paroissent ; elle rend leur description plus méthodique
et plus claire ; elle permet de l’abréger en la généralisant. Nous ne
pouvons lui donner ici les développemens nécessaires , nous nous
contenterons d’en faire quelques applications.
Le F o y e r est : — unique et latéral dans les fourneaux à réverbère
, dans ceux de coupelle, &c.; — multiple et latéral dans les fours
cylindriques à porcelaine, & c.;— central dans le fourneau pour l’antimoine,
dans celui pour le laiton ; — inférieur dans la plupart des fours
à chaux , des poêles d’évaporation , des fourneaux de grillage , &c. ;
— supérieur dans les fourneaux de ressuage , d’amalgamation, d’affinage
du fer, &c. ; — enveloppant dans les forges de serrurier, dans
les mouilles où l’on cuit la porcelaine peinte , dans celles où l’on fait
les essais docimastiques, 8cc. ; — confondu avec le laboratoire dans
les hauts fourneaux, les fourneaux à manche, les fours à cuire le
pain, dans ceux à cuire la brique ou la chaux avec la houille, 6cc.
La Bou ch e est : — inférieure dans la plupart des fourneaux à
réverbère, &c. ; — latérale dans la plupart des fourneaux d’évaporation
et de distillation ; — supérieure dans les fours à porcelaine, et
dans tous les fourneaux dont le combustible brûle à flamme renversée
; — prolongée dans les fourneaux de fusion dits à vent, dans
lesquels l’air est amené sur le foyer par un canal. Son action est
augmentée par les conduits d’air et par les machines soufflantes.
Le L a b o r a t o ir e a des positions déterminées par celles du
foyer ; nous venons de les indiquer plus haut. Il est : — fermé dans
les fourneaux de distillation, d'évaporation , de sublimation, et dans
tous ceux où la matière soumise à l ’action du feu est renfermée dans
un vaisseau particulier et ne reçoit pas cette action immédiatement.
La C h e m i n é e est : — im m é d ia t e , lorsqu’elle part directement du