
Y O t A C E ÿ
'lyot. tre retour, nous allâmes nous baigner bans{î'&
vi.jHÜUt. Rivière , proche d’un Jardin,où le Roy pren è
quelquefois le même divertifTement.-
Nous, abordâmes proche de la V ille ,. pour
Damefbrt aller rendre vifite â, une Dame, qui avoir 130...
ans ,, dont le Roy m’avoit parle, ôc qu’il m’a-
vo it ordonne de voir. Elle demeüroit ave c
une grand’ tante de SaMajefté, qui avoit la^
direction de tontes les Danfeufe*. Comme-
nous, venions de la part de ce Prince , on nous
introduisit dans l’appartement des femmes,,
qp’on voulut faire dan fer , croyant qpenous»
venions pour cela ÿ mais je les remerciay, eit
difant que j ’avois dcja joiii de ce divertiife-
ment;, furquoy on me mena auprès de fartante;
du Roy , à laquelle je rendis grâces de l’hon-
neuf qu’elle m’avoit voulu faire,. & lui dis»
que je fouhaitois feulement de voir cette;
vieille Dame. Quelques Demoiselles* ,, cu~
. rieufes de me voir m’y conduisirent & je;
la trouvay dans un aSTez pauvre appartement,,
aSïife Sur une efpece de table,, couverte d’une,
toile g rife, à la maniéré du pais ,, ôc la têtes;
nuë. Elle étoii encore affez fraîche, & avoio
fa v o i* affez ferme y. mais; elle étoit fi. foibie:
des jambes r qu’elle ne. pouvoir.plua fe foute-
nir y aufïi n’avait-elle plus que la peau & les;
©s.. Comme le jour commençoit à bailler, fe:
fis allumer une chandelle,, que je pris d’une
main^
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iïiain, & mis l ’autre devant , ôc demanday a rÿotîv
cette Dame fi elle voyoit bien la lumierev
Comment U vernis-je , reprit-elle, j>uis que vau*
tene% U main devant I Cependant elle ne pou-
voit plus distinguer les traits du vifage.r Je
lui demanday enfuite,. pour éprouver fa mé-
moire , d’où elle é to itp » p i s native de faka-
jtra, me dit-elle > c’eft l’ancien nom de Bat a--
v i a , avant qu’elle fut prife par la Compagnie,,
il y a 97. ans ^ ôc je vins habiter en ma jeu--
ne {Te. à cBantamr oîijay connu 74 Rois , qu’elle
nomma tous par leur nom.. Elle mangeoit ce-^
pendant toujours comme à l’ordinaire y mais*
elle tomboic dé rems en tems dans l ’enfan-
ee,, ôt alors> elle ne demandoit point à man-'
ger y mais on prenoit foin de lui en donner.-
Au refte , elle avoit les yeux fort enfoncez',
dans* la tête , ôc les cheveux tous gris ôc fort
minces fykU, ôc fon grand âge lui avoit courbe-
cous les doigts en dedans* Apres l’avoir allez;
eon Sidérée, nous prîmes congé de la tante
du Roy , que nous remerciâmes de fes hori-r
nêtetez.
S Le lendemain je mepréparay àpartir fur le-
foir , dans une Barque du pais , n’ayant pas-
voulu m’en retourner dans le ^aiffeau“ qui
m’avoir amène r & qui avoir fait v o i le 1©.'
jour précédent, parce que les .vents contraires
arrêtent quelquefois long - tems en che-'
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