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Quant à la nature du sol, beaucoup d’espèces y sont à peu près indifférentes:
d'autres, au contraire, paraissent y être très sensibles, et une expérience
déjà assez longue, nous aiiprend que les ter rains graniti(|ues lour
conviennent généralemenl ; ce (pii est encore essenliel, c'est (jno la terre
soit bien amonblie par uu labour profond et débarrassée do toute autre
végétalion arboresccnle, car les Eucnlijplns n'a imen t pas le voisinage
d ’arbres qni leur disputent le sol et la lumière.
Ces beaux végétaux ne s’accommodent pas non plus des ter rains salés, el
presque tous souffrent quand ils sont assez ra])prochés de la me r pour en
recevoir l’embrun sur leurs feuilles. La vive lumière et une large circulation
d’air leur sont indispensables pour l’évaporation de la grande
quantité d'eau dont leurs feuillos sont le siège. On sait, en effet, (pi’ils
exhalent [lar leurs nombreux stomates, une (|uaiitité considérable d ’eau,
puisée dans le sol, qu’ils drainent eu quelque sorte ; ce caractère est si dé-
velo|)pé dans le groupe, que l’on voit dans leur pays d ’origine certaines
espèces des milieux secs, avoir des racines rentlées en une sorte do bulbe
où elles emmagas inent des quantités d ’eau, parfois assez considérables
pour désaltérer los indigènes australiens.
Itepi'oductioii. — Le meilleur moyeu de reproduire les E u ca lyp tu s est par
la graine ; on sème en ter rine ou en pot, ou même, dans un endroit chaud, sur
terre légère' ou terreau de feuilles additionné de sable siliceux. Les graines, .
étant pour la plupar t vaines et très fines, doivent être semées dru et à peine
recouvertes, tout en maintenant r iuimidité autour d ’elles p a r imbibition
de fond ; dans ces conditions la germination no tarde pas à se faire, dans
1 -2 semaines, lo jeune plant apparait avec deux feuilles cotylédoimaires,
souvent très caractéristiques ; il est alors très délicat et ne doit surtout pas
mnmpier d ’humidité ; il doit èlre abrité contre l ’action directe du soleil. Do
très bonne heure on doit isoler les br ins de semences, les placer par 2-3
dans un petit pot, puis leur faire subir, des rempotages, ju sq u’à ce qu'ils
aient atteint les dimensions suffisantes pour être mis en place.
Quint à l ’époque des semis elle varie avec les climats; pour l'Europe et
lo nord de l’/Vfrique c’est généralement au printemps, depuis la fm de
février jus ipfen mai, pour que les jeunes plants aient le temps de se
développer et de prendre de la force avant lo reto ur de l’hiver.
Végétation. — La croissance des E u ca lyp tu s varie beaucoup aussi d ’une
espèce à l'autre ; quelques-unes poussent avec une extrême rapidité et
dépassent considérablement sous ce rap p o r t celle de nos arbre s indigènes;
telles sont notamment les Ë . globulus, E . Mulleri et E . gomphocephala, qui,
dans une vingtaine d ’années atteignent au moins le volume ot la h auteur
d ’un clièiie de cent ans. D'autres, sans croître aussi vite, ont c ependant un
développement assez rapide pour pouvoir donner en peu de temps des bois
de charpente, de menuiserie et de char ronnage ; tels sont les E . versicolor,
marginata, crcbi'a, botryoides, robustn, leucoxylon, Gunnii, tnminalis, riidisi
corynocalix, roslrala, gomphocephala, cornula, amplifolia, tercticornis ot
polyanlhema.
Un certain nombre suppor tent assez bien la taille, maïs ils ne dra-
geonnent pas el repoussent mal do souche.
Produits, utilisation. — Les Eucalyptus sont susceptibles de nombreux
emplois, el de donner plusieurs produits industriels. On connaît leur grande
puissance d’assainissement des pays insalubres; p a r leur capacité d ’a b s o rp tion,
leurs nombreuses racines et la propriété éminemment évaporante de
leurs feuilles, les e aux stagnantes, siège des miasmes, disparaissent, et leurs
exhalations aromatiques combattent aussi les effluves (jui se dégagent des
milieux paludéens. Ces végétaux peuvent être aussi utilisés par tout, où le
climat le permet, comme essences forestières; non seulement ils croissent
rapidement, mais ils peuvent encore donner un excellent bois de construction,
de service, de travail ot de chauffage.
Ce bois, de couleur var iable, depuis lo blanc clair jusq u’au brun rouge
foncé, esl dur, homogène, d ’une grande densité , d ’une fente difficile,
résistant aux efforts et aux causes de destruction. Quoique sa structure
varie d ’une espèce à l ’aulre, d’une manière générale il est caraclér isé
par des couches annuelles peu distinctes, des rayons médullaires fins
(visibles seulement à la loupe), égaux el très nombreux, à 1 - 2 assises de
cellules tubulaires ; les vaisseaux, isolés, à peu près uniformément répartis
dans la masse, sont assez gros, visibles à l ’oeil nu sous forme de petites
ponctuations blanches et remplis d ’une sorte de résine concrète. Le
surplus de la masse est formé par un tissu fibreux, très fm, à parois
très épaisses, ponctuées, et par un parenchyme ligneux, peu abondant , à
éléments courts et à parois épaisses.
Les E u ca lyp tu s peuvent être avantageusement employés pour boiser ou
reboiser certaines par lies dénudées du nord de l'Afrique ju sq u ’à la liraile la
plus avancée du S ah a ra algérien. Au Cap de Bonne-Espérance où les terrains
secs abondent, plusieurs espèces ont déjà ren d u de grands services. En
dehors de ia région de l’Olivier, et là seulement où les hivers sont tempérés,
quelques espèces parmi les plus rustiques pour ront être essayées, telles
sont ; les E . coccifera, viminalis, Gunnii, urnigera et cordaia.
Au point de vue ornemental, on peut dire que tous les E ucalyptus de
grande taille, quand ils se sont développés dans des conditions de sol et
de climat convenant à leur por t majestueux, sont décoratifs ; leur feuillage
persistant, leurs nombreuses fleurs blanches, jaunes ou rougeâtres sont du
plus bel effet ; les plus recommandables sous ce rappo r t sont, d ’après
M. Naudin, les suivants : E . botryoides, dioersicolor, polyanthema, amygdalina
rohusta, calophylla, resinifera, urnigera, corgnocalyx, cornula, leucoxylon, et
quelques autres ; les E . Preissiana, megacarpa, ficifolia, etc., de faibles
dimensions, mais à grandes fleurs jaunes , oranges ou pourpres , sont de
jolis arbris seaux d’ornement.
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