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meaux; les frondes, qui y paraissent inqilantées spiralement, à
trois ou cinq pouces les unes des autres, sont parfaitement linéaires
; n’ayant que de six à huit lignes au plus de large, sur
une longueur de deux pieds à deux pieds et demi, elles se terminent
en pointe ; plissées longitudinalement, surtout vers le milieu
, ces frondes sont fort régulièrement denticulées sur leurs
bords, rétrécies vers leur insertion sur la vésicule pétiolaire, et
s’y contournent fréquemment ; la vésicule est d’autant plus
remarquable dans notre macrocyste, que proportionnellement
beaucoup plus renflée qu’elle ne l’est dans toutes les autres espèces,
et plus large cpie la fronde même, elle présente un peu la
forme d'un coeur ; son diamètre au point le plus gonflé égale
environ la moitié de sa longueur, lacpielle est à peu près d’un
pouce et demi à deux pouces ; elle acquiert dans l’herbier une
couleur blonde, y conserve une élasticité remarquable, et ne
présente point à sa surface polie de ces stries qui sont si visibles,
notamment sur notre espèce n" 6.
Explication des Planches.
Pl. 8. Extrémité d’une tige ou rameau de macrocyste à frondes étroites, de g randeur
naturelle. L a racine que nous tenons de feu M. Lamouroux pourrait bien être
celle d’une autre espèce, notamment celle du macrocyste commun.
g. M .t cR O C Y S T E v o A i i ïF ixOE , [y>\. Macrocystis (pomífera),
frondibus lineari-ensiformibus, planis, ciliato-spinulosis; vesiculis
sphoericis.
Macrocystis ( Humboldtii) , caule tereti, vesiculis sphoericis,
foliiferis, foliis lineari-ensiformibus, ciliatis. Agardh, Syst.,
p . 2 9 3 .
Laminaria pomífera. Lam., E s s ., p. 22.
Fucus pyriferus. Esp., Fuc., tom. II, p. 28, tab. CXXI ’A (Syn.
exclus.).
Fucus ( Humboldtii), caule dichotomo, foliis alternis, lineato-
linearibus, marginihus spinulosis, tuberculo globoso, petiolato
suffidtis. Humboldt et Bonpland, Plant, oequin., tom. H, p. 7,
pl. 68.
Fucus ( Hirtus J, caule filiformi, foliis linearibus, spinulosis ,
utrinque pilosis, tuberculo globoso, petiolato suffultis. Humboldt
et Bonpland, Plant, oequin., tom. II, p. 9, pl. 69.
Nous n’hésitons pas à regarder comme identicpie avec l’espèce
dont il est question celle dont Esjier figura une seule
fronde, cju’on dirait calquée sur celle qui se voit la plus basse
dans notre planche g. La forme et la couleur qu’il lui donne ne
conviennent pas moins-cpie les dimensions, la disposition des
cils marginaux, qui ne sont point des dentelures, et l’absence
de tous plis formés par des sillons anastomosés sur toute la
surface. Quant au fucus hirtus de MM, Humboldt et Bonpland,
il n’est qu’un double emploi de leur Humboldtii, dont nous
possédons en herbier un échantillon donné par l’un de ces
voyageurs. Un fucus velu de toutes parts eût été sans doute un
phénomène bien digne d’être noté ; mais la prétendue villosité
qu’on crut y apercevoir, d’ailleurs fort mal représentée par le
dessinateur, est un polypier qui altérait par places l’une des
plantes les plus glabres, les plus polies, et même les plus luisantes
qui soient dans les mers .Les deux voyageurs qui ont
pris pour deux plantes différentes le macrocyste dont il est ici
question, le recueillirent croissant sur les côtes de l’océan Pacifique,
non loin de Truxillo, au port Cbancaye, et flottant
dans la rade de Calao. M.. Durville l’a retrouvé sur les côtes
du Chili à la Concepcion.
Plus petit cjue les espèces précédentes, le macrocyste pommi-
fère a sa racine courte, rayonnante, et s’appliquant sur les