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eaux des régions supérieures èt qui, grâce à l’humidité et à la chaleur de cette
exposition, y prennent un développement inusité. L’une est l’élégante Digitttlis
purpurea qui penche sur la rivière ses eorhlWroses'tachetées de brun. L’autre
est une curieuse espèce de Réséda aux tiges rameuses, roides et dépourvue# de
feuilles, qui formmdes buissons arrondis de 2 'à trois pieds de diamètre; elle
avait déjà été observée dans la région alpine de la Sierra Nevada au milieu
de circonstances âss'ez curieuses pour eu dire quelques mots. Au plus fort de
la guerre de l’indépendance, des guérillas s’étaient'formées sur tous les points
royaume,, et chacun cherchait à' nuire, à sa manière à l’ennemi commun.
Quoique le royaume de Grenade fut cmtaparativement tranquille, une troupe
de partisans s’était assemblée dans la Sierra Nevada, elle occupait le sentier
par lequel on va chercher la neige, renvoyait chaque-jour àrvide les arrieros
qui montaient de Grenade et s’emparait de leurs mules. Comme la privation
de cette substance est fort pénible dans les pays chauds, le gouverneur français
craignit une émeute populaire, but auquel tendaient les^insurgés de la
montagne, et envoya une colonne mobile pour l'établir les.communications.
M. Bory de St.-Yincent qui la commandait, parvint à surpreiÿre lès guerril-
leros, en habillant ses soldats comme les arrieros ordinaires ÿt se faisant
accompagner de mulets; on's’empara de trois des partisans qui ’jurent fusillés
pour l’exemple et le reste prit la fuite. Ce fut en ce moment que le Chef de
cette petite expédition, qui s’occupait déjà’àlors de botanique, décoiitrit le
Réséda complicata, il battit éncore les montagnes pendant deux jours et gravit
même le pic de Yeleta; les plantes qu’il rapporta de çetteqexcursion furent
malheureusement perdues quelques années plus tard, dans la retraite de
Vittoria, maïs ses notes lui permirent de publier une florale' qui, avep un
petit mémoire de Lagâsca et Rodriguez, dans les Annales de Madrid, a été
longtemps tout ce qu’on connaissait sur la végétation de la Sierra Nevada.
Eh remontant sur l’autre rive les pentes situées en face de San Geronimo,
on arrive bientôt au travers des cultures à une paroi verticale de- rocs, au pied
de laquelle sont des éboulements oit croît en abondance ;le Laserpitium galli-
einn. On surmonte-cet obstacle par une coupure naturelle qui le traverse, et
on arrive à de grands espaces d’Erinacea Hispanica, puis à des bois de Pinus
sylvestris elair-semés et de petite taille ; le genévrier et la Sabine, les Astragalus
monspessulanus elmacrorrhizus sont abondants sous leur ombre. Arrivé au haut
de ces pentes, je vis au midi, à une lieue à peu près de distance, une pyramide
calcaire aux flancs argileux, qui était le but de mon excursion. C’était
le Cerro de Trevénque,l’une des sommités de la formation calcaire les plus.
visibles de Grenade, elle -s’élève au milieu du contrefort qui sépare les
Vallées de Mônachil et'de Dylarf^Eour arriver jusqu’à sa base, je traversai des
prairies o«n croissait le Cirsiwài gregarium, la Scutellaria alpina , puis des
taillis de divers arbrisseaux dont un eh particulier captiva toute mon attention:
son*troiie élevé-d;é-6 à 8 pieds était lisse, ’blanchâtre et entièrement dépouillé
de Sfm écordjè qui pendait en longues lanières brunes et filamenteuses, il se
divise en br'ap'èSes qui sont à peu près- toutes de .la même longueur ce qui lui
donne ude«forme arrondie et quelque ressemblance dansle port avec l’acacia
en parasol ; le feuillage est argenté et d’une grande élégance ; de longs épis
garnis les uns de fleurs jaunes, les autres de siliques couvertes d’aspérités me
firent reconnaître aussitôt un nouvel Âdenocàrpus, il croissait en abondance
et donnait à croate un caractère d’étrangeté.
Les pèntes de Trevenqun, rapides de tous les côtés et formées d’argile et
d’une terre stérile-.et jaunâtre, ne me donnaient que peu d’espoir d’une riche
récolte ,jje ftfs surpris d’y trouver de nombreuses e£ rares espèces de plantes.
Ce fut d’Sbôrd ÿErodiutn asplenidides jdejà observé par Desfontaines dans
l’Atlas, il èst remarquable par ses feuilles tachées de noir qui se flétrissent
avecKne rapidité étonnante, dès qü’on l’arraché, les fleurs assez grandes sont
roses>et Veinées, tachéesidejpourpre. Je cueillis ensuite VHelianthemum pan-
n<fum, la Scabiosa pulsatilloïdes’ et une chicoracée très-curieuse formant
un genre nouveau que j ’ai dédiAà mon ami Hænsèler. Là croissaient encore
Santolina carêsoens, Oinonis cephajotes, Anthyllis Tejedensis, Convolvulus
nitidus, Passering. tartonraira, Brassica humilis et l’Arbutus ma «m de nos
Alpes, mais-w^flernier était très-rare, et on voyait qu’il se trouvait là à la
limite la plus méridionale de son aire. L’ascension de cette cime est fatigante
pàr la nature du terrain tiii-dur èt qui s’éboule cependant sous les pas, j ’en
fus dédommagé par la vmi qui est formelle et fort étendue à cause de la
position centrale de ce point;’j ’étais là àtr milieu de toutes les vallées de ce
versant de latehaine, elles sont disposées à peu près en éventail, étant beaucoup
plus rapprochées à leur origine qu’à leur débouch^dans la plaine. La plus septentrionale
■ est .celle du Xenil dont on pouvait deviner la position entre la
Sierra de Guejar elDirnajo, vient ensuite la vallée duMonaqhil, puis tout
à coté dé Trevenque et à sa base nord,_ une gorge profonde et précipiteuse
npmmêe le Barranco de Guenes, elle descend,jusqu’à la Vega, mais elle ne
contient aucun cours d’eau, et prend naissance âu pied du rocher seulement
et nôricçomme les autres au faite de la chaîne. Au bas des flancs méridionaux
de Trevenqûé, court l’étroite et profonde vallée de Dylar dont le fleuve entre