
unes de ces dernières espèces viennent s’associer, le Thymus capitatus, la
Lavandula multificla, le Genista umbellata, plusieurs cistes, et surtout le
pittoresque Chamoerops humilis ou palmito qui envahit tout le terrain de ses
touffes robustes et dont les racines sont si vivaces que le feu ne peut les détruire,
et qu’il repousse de toutes parts au milieu du champ nouvellement
défriché qu’il dispute encore à la culture.
C’est un charme particulier à plusieurs villes du midi que ces solitudes qu’on
trouve presque à leur porte, et dont l’aspect âpre et pittoresque fait un piquant
contraste avec le tumulte et le bruit qu’on vient de quitter. A dix minutes de Malaga
est un endroit de ce genre nomme Cerro Coroncido. Ce sont des sommités
rocailleuses au pied desquelles on arrive après avoir traverse' le torrent desse'che'
de Guadalmedina quiborde la ville à l’ouest; on trouve d’abord quelques beaux
j ardins, où les sources qui sortent du roc entretiennent une admirable verdure sur
un sol naturellement pierreux. Plus haut, ce ne sont plus que des pentes incultes
coupées par des ravins, et surmontées çà et là de rochers calcaires. Je visitais
souvent cet endroit, riche en belles plantes malgré son aridité apparente. J’y
recueillis entre mille autres, Y Asperulahirsula,YHelianthemum marifolium,
les Convolvulus hnearcs et saxatilis. Entre les fentes des rochers sortaient la
Campanula velutina , aux feuilles tomenteuses, le Dianthus serrulatus.
1 H.yacinthus serotinus, la Polygala saxatilis, et une belle ombellifère à
fleurs jaunes, VEloeoselinum Lagascæ; enfin, à une hauteur de 5oo pieds
environ, je commençai à trouver la Putoria Calabrica, si commune dans
toute la région montagneuse de l ’Andalousie, et qui couvre les parois des
rochers de ses tapis ras et de ses élégantes fleurs blanches et roses dont la
forme rappelle celle du jasmin. De ces hauteurs on jouit d’une vue charmante
sur la vallée de Guadalmedina toute parsemée des casas de campo
des habitants de la ville, et sur Malaga, qui se déploie tout entière au
bord de la mer, surmontée de sa gigantesque cathédrale.
Une autre excursion, encore plus intéressante, et que j e ’fis à plusieurs
reprises, est celle du Cerro, ou pic de San A nton. C’est une montagne de
i 5oo pieds environ, terminée par un rocher escarpé, à pic du côté du nord,
et qui forme un des points culminants de la chaîne de collines qui bordent
la côte entre Malaga et Yelez. Il faut, pour y arriver, suivre pendant une
heure la route de cette dernière ville. Un peu avant le village dW Po lo,
on prend sur la gauche par le lit d’un arroyo, et l’on entre bientôt dans un
délicieux vallon resserre entre les montagnes, où le botaniste peut faire une
ample récolté de plantes que la fraîcheur de l’endroit et l’humidité produite par
les eaux d’un petit ruisseau, font croître là avec une vigueur toute particulière.
'ÜAnthyllis cytisoides, les Genista umbellâta et sphoerocarpos y disputent
le terrain aux Cistus Monspeliensis, albidus et crispus, qui forment entre
eux mille hybrides et épanouissent leurs corolles plissées aux premières heures
du jour. \1 Aristolochia Bætica, les Ruscus et d’autres plantes grimpantes
s’entrelacent à l’envi parmi les Figuiers d’Inde etlesbuissons de Rosa sempervi-
rens et en font des halliers impénétrables. Au bord même du ruisseau, j ’observai
le rare Poterium agrimonifolium, et quelques magnifiques touffes
de YOnonis speciosa, la plus belle espèce du genre, descendue probablement
avec les eaux des hauteurs du Colmenar, sa véritable patrie. En
montant ensuite le long des pentes de la montagne, on arrive à mi-hauteur
sur un petit replat occupé par deux fermes entourées de jardins d’orangers
et de citronniers, riantes oasis, au milieu de cette nature aride. C’est là
que dans mes excursions j ’allais me reposer, chez une famille d’excellents
labradores qui, dès ma seconde visite, me considérèrent comme un ami et
me recevaient avec cette hospitalité et cette aisance gracieuse qu’on ne trouve
qu’en Espagne parmi cette classe de la société. Je n’oublierai jamais cette cour
rustique, cette source sortant du rocher au milieu des fougères, ces points
de vue si variés encadrés par les arbres. De cet endroit jusqu’au sommet, on
s’élève parmi des rochers et des pentes rocailleuses que couvrent le Chame-
rops, YEphedra distachya, le Rhamnus lycioïdes, le Cytisus Malaci-
tanus, l’Olea oleaster, le Quercus coccifera, et le Cistus Clusii. Au milieu
de cette végétation, quelques plantes annoncent déjà la région submontagneuse.
Telles sont, Phlomis lyclimtis, Biscutellasaxatilis var. angustifolia,
Leuzea conifera, Serratulaflavescens et Sideritislinearifolia. Partout l ’utile
Sparterie, Macrochloa tenacissima montre ses touffes de feuilles roulées et
balance au gré du vent ses élégants épis argentés. Je cueillis aussi pour la
première fois la Minuartia montana, le Sedum glanduliferum et YUmbilicus
hispidus aux corolles violettes, qu’on trouve çà et là sur la couche mince
de terre végétale qui s’est formée à la surface des rochers.
Parvenu à la cime de la montagne^ j ’admirai le panorama étendu qu’on
y'découvre sur la pleine mer et sur toute la côte jusqu’aux Sierras de Mijàs
et de Ronda dans le fond. Au nord, la vue est bornée à peu de distance par
d’autres sommités de même hauteur que San Anton, mais moins escarpées, et
dont la plupart sont cultivées jusqu’au sommet en vignes et en oliviers. Là
dans l’exposition nord-est, croissaient au milieu de buissons rabougris (YUlex
australis, quelques plantes amies de l’ombre et de la fraîcheur, telles que Y A r e -