
déjà malade et bien âgé à cette époque, mais qui, lorsqu’il
s’agissait de sa science chérie, retrouvait encore tout le feu et
1 ardeur d’un jeune homme.
De retour à Genève, je passai l’hiver de 1837-1838 à
classer mes immenses récoltes, ^comprenant près de 1800
espèces, en plus de 100,000 échantillons, et déjà au printemps
de i 838 je publiai , pour prendre date, un Elenchus
contenant les descriptions abrégées de 200 espèces qu’une
étude prélirtiinaire m’avait désignées comme nouvelles. Cette
forte proportion de plantes encore inconnues, si remarquable
pour un pays situe dans les limites de l ’Europe, s’explique
.facilement si l’on réfléchit que le royaume de Grenade
n’avait été parcouru que par un petit nombre de botanistes
tout a fait en passant, et qu’il est peut-être, quant à sa Flore,
la portion la plus favorisée de la Péninsule, à cause de la variété
de ses expositions. Depuis la publication du présent ouvrage,
cet Elenchus, augmenté et modifié dans un grand
nombre de points , est devenu inutile, et je ne reconnais, dorénavant,
comme expression de mes idées, relativement à la
Flore de Grenade, que l’Énumération el les Additions, qui la
suivent. , I
Sentant combien ce premier travail était encore incomplet,
et voulant d'ailleurs mettre en oeuvre la totalité des màtérj
riaux que jâ[vais recueillis, je me mis aveq ardeur à une étude
plusi approfondie de toutes-mes plantes. Déjà possesseur moi-
même d’un herbier riche;en plantes, méditerranéennes, je pus;
grâce,à mon séjour à Genèye, comparer, dans le célèbre,herbier
de de Çandolle, lesi,types,des, espèces de la Flore française
et du Prodromus, ainsi qu’un grand nombre de celles
de Lagasca, de Brotero et de Léon Dufour, envoyées par c,eS
auteurs. Fn même temps de fréquents voyages à Paris me
mirent à même de visiter les riches herbiers de cette ville, et
en particulier ceux de Tournefort, de Jussieu et de Desfontaines,
les plus, importants pour moi. A la mêmê époque,
M. Heyiand, notre habile peintre d’histoire naturelle, travaillait.
sous ma direction à reproduire mes espèces nouvelles
où peu connues. Grâce à la bonne conservation de mes
échantillons et aux notes que j’avais prises sur les lieux quant
au port et à la couleur, grâce surtout au sentiment profond
de la nature qui caractérise cet artiste distingué; ces figures
ont pu atteindre une perfection remarquable, quoique faites
d apres des plantes desséchées; à l’exception d’un petit nombre
dessmees sur des échantillons vivants et élevés de mes graines.
Je suis heureux de témoigner ici à M. Heyiand mon amitié
et ma reconnaissance.
Ma publication, commencée >en i83q, marcha rapidement
jusqu’en 1841 et.était alors aux trois quarts terminée; les
dernières livraisons ont été; retardées par d’autres travaux
que j’entrepris alors, tels que l’étude des collections de
plantes orientales rapportées par Aucher-Ëloy, les publications
auxquelles cette étude donna lieu, et surtout par un
long, voyage entrepris en 18421 et dans lequel je visitai la
Grèce et une partie de l’Asie mineure. Qu’on ajoute1 à ces
causes de retard mon éloignement du lieu où se gravait et
s imprimait mon ouvrage, les longueurs qui s’ensuivirent; et
Ion excusera, j’espère, des délais qui, après tout, n’onfpas
dépassé ceux d autres publications d’égale étendue. C’est en
1844 seulement que j’ai achevé la partie.géographico-botani-
que de 1 ouvrage et les Additions et Corrections qui terminent
la partie descriptive.