
d'irrégularité, l’existence de régions distinctes est vraie quand on les prend dans
un sens un peu large, saisissable par les yeux les moins exerces, et l’étude
séparée de chacune d’elles est indispensable pour se faire' une idée juste de
la ve'ge'tation grenadine comparée à celle d’autres contrées. J’ai cru reconnaître
quatre de ces zones ou régions : la première, que je nommerai maritime ou
chaude, s’élève sur le revers méridional des montagnes jusqu’à environ 2000 p.;
à cette hauteur commence la région montagneuse ou dés plateaux, qui s’étend
jusqu’à 4^oo ou 5ooo pieds, suivant l’exposition, c’est la moins tranchée lie
toutes, et elle est plutôt une transition a la région alpine, qui s’étend à peu près
de 45oo à 8000 pieds d’altitude; vient enfin la région nivale, qui, de 8000 pieds,
s’élève jusqu’au faîte des dernières sommités. Peut-être par la suite une étude
plus complète de la flore du pays, la connaissance de localités plus nombreuses,
enfin des suites d’observations météorologiques qui manquent maintenant tout
à fait pour le midi de l ’Espagne, feront-elles changer un peu la délimitation
et même le .nombre de ces régions ; peut-être parviendra-t-on à en accorder
la fixation et la nomenclature avec les régions d’autres contrées de l’Europe
méridionale; mais ce travail est impossible dans l’état d’enfance ou est encore
la géographie botanique.
Mon catalogue, qui> à l’exception d’un très-petit nombre de plantes de là
partie orientale I j f royaume de Grenade, citées par Clemente etLagasca, ne
comprend guère que la flore de la province de Malaga et de la partie méridionale
de celle de Grenade, contient 1900 espèces'" de plantes vasculaires.
Ce nombre est très-certainement loin d’être complet, et je serais très-
embarrassé de dire, même approximativement de quelle proportion il
s’éloigne de la flore complète du pays ainsi circonscrit. Je ne crois pas cepen-
dant*trop m’éloigner de la vérité en pensant que le nombre des espèces phanérogames
qui restent encore à trouver dans la partie du royaume de Grenade
dont je m’occupe, ne dépassera pas un cinquième en sus du nombre ci-dessus,
et sera probablement beaucoup plus faible encore. Quel qu’il soit, du reste,
ce déficit ne changera pas sensiblement les résultats comparatifs auxquels nous
allons arriver, ni les rapports des diverses familles entre elles, à l’exception
peut^être^des Liliace'es, dont un plus grand nombre a pu m’échapper, parce
que je n’ai pas visité la contrée au premier printemps. Je n’ai compris dans les
calculs suivants que les plantes vasculaires, attendu que je n’ai recueilli les
cryptogames cellulaires qü’en petit nombre; je me bornerai à en dire quelques
mots très-succincts à la suite de chaque? région.
2. Région chaude.
Je comprends sous ce nom tout le littoral et le penchant méridional des
montagnes jusqu’à une hauteur de 2000 pieds environ ; j ’ai dit le revers méridional
seulement, car les localités situées à une altitude de 2000 pieds ou à
peu près, sur les plateaux intérieurs, ont plutôt le climat et la végétation de la
région suivante. La région chaude est météorologiquement caractérisée par
l’absence de la neige, qui ne tombe jamais ou presque jamais dans sa partie
inférieure, et qui, lorsqu’elle tombe quelquefois dans la supérieure,;, ne tient
que quelques heures, ou tout au plus un jour ou deux, sur le terrain; c’est ce
qui arrive, par exemple, aux bains de Carratraca dans larprovince de Malaga,
et à Lanjaron, dans celle de Grenade, à Canillas sur le revers méridional
de la Sierra-Tejeda, lieux situés, tous vers les limites ^supérieures de riotre
région. Au bord de la mer . à Malaga, à Motril, c’est un fait très^rare, et
qui ne se reproduit pas deux fois par siècle, que de voir la terre couverte
de neige pendant une demi-journée : l’eau, il est vrai, gèle quelquefois légèrement
en hiver à la pointe du jour, maïs dégèle dès que le soleil s’est ~ç'levé‘
Un second caractère de cette région est la répartition des pluies dans le courant
de l’année. Elles tombent régulièrement et en abondance pendant les mois'
d’octobre «et de novembre, puis, ^s’interrompent ^pour recôinmencer en
février et mars, mais (l’une manière moins abondante et moins,-régulière;
quelquefois, mais plus rarement;* elles régnent encore en avril.; c’est de la
quantité d’eau-tombée pendant xes derniers mois que dépend la récolte des
céréales dans cette région etjdans la région montagneuse. A partir du mois
d’avril jusqu’à la fin de septembre, la^sécneresse est presque continue, le ciel
est constamment pur et sans nuages, et si quelquefois les sommités dés chaînes
côtières sg,1couvrent de nuées, les bnde?es|fl’o!ragë qui ^tombent se font à peine
sentir sur les dernières limites de notre région, et le littoral ainsi que les
dernières pentes n’en reçoivent pas une seule goutte. Dans le manque complet
où nous sommes d’observations thermométriques rigoureuses pour le midi de
l’Espagne,-les suivantes, extraites du oficial cfe .Malaga/calculées par
mon ami M. Hoenseler, et qui comprennent les années 1837, i 838 et une
partie de 1836 et i 83g, pourront, malgré leur imperfection, offrir quelque
intérêt. Comme elles n’ont pas été faites absolument à l ’air libre, il faut supposer
des maxima et miùiina plus petits et plus grands de quelques degrés
que ceux qui sont indiqués; aussi faùt-il moins y chercher des maxima et