
c’est qu’elle s’élève assez brusquement dans la partie occidentale, où se trouve
son point culminant, à partir duquel la ligne de faite décline plus ou moins
rapidement jusqu’à l ’extrémité orientale. Les pentes de ces montagnes, quoique
rapides, sont peu précipiteuses, et leur inclinaison, en général, un peu plus
considérable sur le revers méridionaLque sur le septentrional; leur hauteur
varie assez: la Sierra-Bermeja, la plus occidentale de toutes, atteint45oo pieds,
la Sierra de la Nieve, point le plus élevé du massif irrégulier de la Serrania
de*Ronda, arrive à 6000 pieds; les Sierras d’Àntequera et d’Alhama, qui viennent
ensuite, ne paraissent pas dépasser 45oo à 5ooo pieds; la Sierra Tejeda,
qui avec sa continuation, la Sierra de las Almijafras, s’étend depuis la hauteur
de Velez jusqu’à celle d(f Motril, a son point culminant à 6600 pieds; la Sierra
de Lujar, partie occidentale et plus élevée de la Contraviesa qui s’étend
entre la Sierra-Nevada et la mer, dépasse ig o o pieds, d’après Bory de Saint-
Vincent; enfin, la Sierra de Gador, qui borde le littoral entre Adra et Alméria,
élève son point culminant à 7000 pieds.
Dans quelques points, ces montagnes côtières plongent dans la mer, c’est
le cas pour-la Sierra de Lujar, plus souvent elles en sont séparées par un littoral
étroit, occupé tantôt par des plaines salées, comme entre Adra et Alméria,
tantôt par des collines tertiaires ou de transport très-ondulées et coupées de
ravins, comme aux environs d’Estepona, de Marbella, et entre Malaga et Velez;
ces collines s’adossent aux montagnes et ne dépassent pas une hauteur de i5 à
1800 pieds. On ne trouve de plaines d’alluvionS de quelque étendue qu’aux
environs de Malaga. y
Du sommet de ces chaînes côtières, on remarque bien vite que la descente
pour arriver au pied du revers septentrional est bien plus courte que celle pour
atteindre le méridional, c’est qu’au nord on arrive sur des plateaux intérieurs,
dont l’altitude au-dessus de la mer varie de 2000 à 2600 pieds, ce sont
eux qui constituent les environs de Banda, la Vega de Grenade,ries vastes
plaiues de Guadix et de Baza; ils ne forment pas une plaine continue,
mais sont séparas les uns des autres par d’autres chaînes calcaires dé formation
secondaire et de direction très-irrégulière, telles que celles qu’on voit au
nord-est de Grenade, celle de Baza et plus au nord celles du royaume de
Jaen; l’altitude moyenne de ces chaînes, que je n’ai pas visitées, me paraît être
en général de 4 à 5poo pieds. Le sol des plateaux est rarement uni et couvert
de terrains d’alluvion, comme aux environs de Grenade; partout ailleurs il
est ondulé et traverse'par des collines tertiaires très-arides, souvent gypseuses,
et contenant des sources Salées.
Tout cet ensemble de plateaux et de montagnes forme un terrain élevé
qu’on peut désigner sous le nom de système Bétique, et qui, au nord-est
d’une ligne qui passerait à peu près par Ecija, Alcala la Beal et Jaen, va
s’abaissant insensiblement dans la grande vallée de l’Andalousie ; il ne se
rattache au plateau central des Castilles que vers le nord-est, par la Sierra
Segura du royaume de Murcie, qui n’est elle-même qu’une continuation de la
Sièrra-Morena.
Enfin, pour compléter celte esquisse géographique, la haute Sierra-Nevada
formée de^schiste micacé, s’est ouvert un passage, comme par une fente, au
midi du plateau central qu’elle sépare des« chaînes côtières, et a sou)evé les
formations tertiaires et sëcondaireÉ’Sur sesdlancs jusqu^à 5 et 6000 pieds de
hauteur. Elle occupe une ligne de près de vingt-deux lieues de longueur, des
environs de Durcal, au sud-oùést de Grenade, où elle commence, jusqu’à ceux
d’Almeria> où elle finit; la direction générale de cette ligne est du sud-ouest au
nord-est, maisrcommeje l’ai expliqué ailleurs, elle „est brisée en plusieurs points.
La partie occidentale d e là chaîne est* la plus haute et en même temps la plus
accidentée, lès'fcols 11e s’y abaissent pas au-dessdù^ de g5oo pieds, et les
sommités y atteignent io ,5oo et presque n jo o o pieds. La partie orientale4
ne me paraît pas dépasser une altitude moyenne d?è 8000 pieds; les points
culminants s’y élèvent peu au-dessus de la ligne de faite, et les pentes des deux
côtés sont plus régulières et plus allongées*. Entre la Sierra-NëVafda et la chaîne
côtière de la Contravicfêâ, est ime vallée côupe'e en vallons transversaux par
les contreforts «qui descendent de la première : c’est l’Alpujarr'a,^dônt le fond
est partout occupé aussi par untterraîn'ae^transpÔrt tr^s-raviné et dont les
eaux s’écoulent dans la nier a traders des échancrures des&nontagpeS côtières
par les deux rivières de Motril et d’Adra.
Sur une hauteur verticale de près de 1 ] ,000 pièd&, on doit s’attendre à
trouver les végétaux distribués en zones^distinctes, et c’est ce qui arrive1 en
effet, mais la délimitation de* Ces zones offre dès difficultés : toutes le^espèces
d’une région ne viennent pas, à beaucdup'près, finir ou commencer à 1a- même
altitude ; il faut donc chercher à établir la limite! d’uneÿzone'au point où l’on'
voit disparaître ou apparaître le plus grand nombre d’espèces à là fois,' et une
telle fixation est toujours plus arbitraire^; plus tranchée que la nature elle-
même. Cette régiïlarité de limites est encore dérangée par diverses causes
peut-être plus puissantes dans le roÿaume de Grenade qu’ailleurs : telle est la
nature des terrains, leur inclinaison et surtout l’influence du revers méridional
et maritime qui" tend à hausser la limite supérieure des espèces;; Malgré ces causes
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