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plus haut dès huttes de paille où des habitants de Monachil viennent passer la
belle saison pour cultiver leurs champs de seigle et de pommes, de terre. La
neige couvre ici le terrain pendant plusieurs mois, et est quelquefois si épaisse
qu’on est.obligé de frayer les sentiers. Les cultures des environs* consisfent en
pommes de terre, pois chiches ou garb^nzos et froment; les arbres fruitiers
manquent déjà$ à l’exception dès cerisiers. -Le site est. assez» remarquable
; comme le vallon en dessous de San Geronimo sg reseEftf entre des
montagnes précipiteuses, et que son thalweg oudigne du fond s’exhausse rapidement
dans l’autre sens, on se trouve là dans urfe espèce c^entonnoir éyasé
au .sud-est et sillonne' le long de ses parois par des ravins et de pet&fës vallées
secondaires. Aux environs de la ferme et jusqu’à mille pieds environ pim haut,
des taillis d’arbrisseaux de diverses espèces se montrent encore, et en lié e on
aperçoit même un bois clair-semé de Pirms sylvestris, mais les lontas'ou contreforts
plus élevés ne sont plus couverts que d’un tapis verdoyant çà et là
parsemé de taches de neige.*
La Dehesa de San Geronimo est très-riche en plantes rares, et les envi--
rons-du Gortijo en particulier, situé à peu près à la ltnite de la région alpine,
présentent de l’intérêt en ce que bon nombre* d’espèces des régions inférieures
remontent jusque-là leTong descentes abritées. Les buissons dans'Cette zone,
sont foçmés par 1 WGénista ramosissima, é|égànt genêt alors couvert de fleurs
jaunes, par le Sarothamnus scoparius, seule espèce française d’un genre très-
npmbreux dans la Péninsule, par le Qnercus toza qui sanSÜoute a formé ici
jadis des forêts, par la Berberis vulgaris, le Qratoegus oxyacantha, deux Ros
ie s et un nouveai^Pnmws aux rameaux épineux. Au rôilieu de ces. arbrisseaux
s’entrelaçaient deux Chèvrefeuilles, les Lonicera etrusca et-splendida, ce
dernier remarquable par la beauté de ses fleurs. au tube très-allongé; partout
aussi croissaient en abondance Euphrasia longiflora, Serratula pinnatifida,
Centaurea Granatensis et Inélégant Teucrium Webbianum aux corölles .violettes.
La Salvia hispanorum couvrait aussi de grands espaces, et le lit desséché d’un
barranco descendu des hauteurs de Dornajo et qui va aboutir au Monachil,
était orné des touffes defla Digitalis obscur a et^e celles de la Salvia phfoipoides
dont les abeilles assiégeaient les corolles bleuâtres. En montant plus haut, les
plantes de la région montagneuse, ainsi que d’aùtres de 1g. région chaude,
telles que le Romariu et l’Ulex australis faisaient bientôt place à une végétation
décidément alpine, à YErinacea Hispanica, à YAstragalus creticus, sous-
arbrisseau de 2 à 3 pieds de haut, très-répandu dans la Grèce méridionale,
en Sicile .et en Asie mineure et dont le* rameaux, dans ce dernier pays, sécrètent
une gomme qu’on recueille avec soin. Parmi les touffes épineuses de
ces?plantesj ' croissait le Poeonia coriacea dont les branches fructifères ornées
de fruits enjr’ouverts et de graidës 'du plus beau .rouge, servent à orner les
mpdestes habitations des montagnes^et près de là, dans les jachères stériles
des cultures de seigle, la Passerina elliptica et YAstragalus macrorrhizus, si
remarquable par son fruit enflé et presque ligneux. Les rochers du Dornajo
où je retournais souvent pour jouir d’une vue admirable qui embrassait
Grenade et sa Yega avegpOutes les vallées environnantes, étaient ornés des
tapis du Teucrium Pyrenaicum, du Thymus granatensis et de la Potentilla cau-
lescens. Dans ses anfractuosités ombrâgées par les .rameaux du Sorbier, du
Cratoegus amelanchier e t de Y Acer opuli folium, je cueillis pour la première
fois le rare et singulier Senecio quinqueradiatus. Là , comme je l’ai dit déjà,
était le .point de jonction du calcaire avec la formation primitive; en peu
d’instagts aux plantes oMdessus mentionnéesp au Convolvulus nitidus, à la
Satureian montana var. prbstrata*, on voyoit succéder le Plantago serpentina,
le Silene rupestris, le Thymus serpylldides et des graminées qui ne se trouvent
jamais sur: le^errain calcaire. Là aussi les Juniper us nana et sabina couvraient
le sol de buissons, à l’ombre desquels croissait la charmante Odon-
tiles granatensis aux corolles pourprées. Dans,,une petite dépression tournée
au nord, non loin de cet endroit, j ’observai quelques plantes que je n’ai jamais
Rencontrées ailleurs dans la Sierra, la Serratula nudicaulis, le Cardun-
cellus Monspeliensium et YAstragalus vesicarius que j ’avais cueilli quelques mois
auparavant dans le royaume de Yalençé, au bord de la mer et qui, chose
singulière® vivait là à 7000 pieds de hauteur.
En descendant du Gortijo au fond de la v a llé e la végétation est bien plus
luxuriante,favorisée par l’humidité et la chaleur; on peut y admirer, au bord
des petits ruisseaux, le bel Iris xyphium, lè Thalictrum glaucum à la panicule
jaune, l ’Imperatoria Hispanica dont la floraison est très-tardive. Le Cirsium
flavispina couvre les prés humides, tandis qu’au bord des champs on observe
les Nepeta granatensis et reticulata, et la Centaurea monticola. Le Monachil
grand ruisseau partout guéable, - coule tantôt sur un lit de sable, tantôt entre
des rochers à pic qui ne permettent pas toujours de suivre son cours, et sur
les parois desquels.!se balancent les tiges du Buplevrum fruticosum. Des arbrisseaux
forment le long de ses bords d’épais fourrés dans lesquels croissaient
en abondance le Smyrnium perfoliatum, Choerophyllum nodosum, Laserpitium
aquilegifolium et où s’entrelaçaient les Vicia polyphylla et onobrychioides. Ce
site est orné aussi par deux plantes dont les semences ont été amenées par les