
— 7 ° ~
d’un Espagnol avec qui je fis route-pliis tard de Séville à-MadricUp brave
homme croyait fermement au cpntnfire que ces animaux occupaient en force
le rocher, et y étaient si nombreux qu’aucun équipage de navire n’eùt ose
prendre terre ailleursique dans le port sans courir le danger d’être lapidé.
Quant à savoir si les singes ont existe'là de tout temps ou s’ils y ont été naturalisés,
c’est ce qu’il sera difficile de reconnaître, mais je pencheras pour la
première supposition, vu qu’ils sont communs sur les montagnês d’Afrique et
qu’ils ont pu tout-aussi bien habiter dès l’origine Un pays très-rauproché *t
placé daifs les mêmes-conditions .de - climat. Rien n’est admirable Comme les
ouvrages <îês Anglais dans,cette partie de,la montagne; le rocher e^percé de
communications souterraines larges et commodes, éclairées par des embrasures
de distance en distance. Les piècePsonî là en batterie pourvues de leurs
approvisionnements en projectiles et vernies ainsi que leurs affûts, afin de mieux
résister à l’humidité qui règne sous ces voûtes. Les différents étages sont liés
entr’euisepar des rampes et des escaliers; souvent le souterrain s’élargit et on se
trouve dans une vaSte salle telle que celle dite'de Saint-Georges, dans laquelle
le gouverneur donne quelquefois des fêtes. On couvre alors les parois nues, du
roc de feuillage et de riches tentures et .les galeries’partout illuminées permettent
à la brillante société de la ville d’arriver en voiture ou à. cheval.
On a beaucoup contestp'à ces ouvrages splendides leur utilité v e 'ÿ e , on a-
prétendu que la détonation des pièces produirait des écoulements et que la fumée
de la poudre serait fort incommode pour les canonniers. Je doute qu’il en soit
ainsi mais en tous cas l’effetdesbatteries surtout despluséleve'esseraitpeu à çrain-
dréfour un ennemi rapproché du pied de la montagne, il'est vrai qu’on pourrait
les employer efficacement contre un but p lu s éloigné,-et qu’elle^cMrui-r
raient par exemple avec la plus grande facilité le camp de San Roque. J’obser-
vaisen chemin une quantité de plantes intéressâmes, surtout danVle^ndroits
clos par des ouvrages et protégés ainsi de la dent, des chevres. C’est la que
croissaient Phlomis tuberosa, Bumex thyrsoides, Malva hispanica, Kundmannia Si-
cula.A l’ouverture des embrasures je cueillis aussi Stachys çircinnata, Calendula
marqinata, Belichrymm rupestre et quelques autres plantés amies de 1 ombre
qui étaient remontées là par l’extérieur du roc et que j ’aurai| pu difficilement
me procurer sur les fkrois inacce^ibles où elles se trouvent à 1 ordinaire?,.
Au-dessukle ceS batteries et à partir de la rdîôitié de la hauteur, ce côte du
rocher, quoique toujours très-roide, n’est plus coupé à pic, et sans m’astreindre
à suivre les détours du sentier qui le parcourt, je le gravis à travprsles pierres et
les buissons que formaient lh CKameérops, l’olivier sauvage, le Gemsta hmfoha
— y i —
et le Daphné Cnidium. Je trouvai là, avec des espèces de la région chaude que
je connaissais, plusieurs autres nouvelles pour moi, telles que le Thymus hirtus,
la belle Scilla hemisphoerica à fleurs bleues en ombelle et dont la bulbe atteint
quelquefois une grosseur énorme, le Cerastium Gibraltaricum aux corolles
blanches et éle'gamment plisse'es et une variété remarquable du Saxifraga
globulifera. Tout en herborisant j ’arrivai au faîte et sur le point culminant qui
se trouve précisément à l’extrémite' nord. 11 y avait là une plate-forme de quelques
pieds d’étendue avec un mortier qu’on eût pu croire descendu des airs
sur. cette sommité escarpée et en apparence inaccessible. A partir de cet endroit
une crête très-étroite court du nord au sud en s’abaissant presqu’insensi-
blement; elle est si tranchante et si tourmentée qu’il ne faut s’y engager que si
l’on se sent le pied sur et léger des chèvres qui y paissent. Les couches calcaires
de la montagne, sont inclinées sûr le versant qui regarde la ville en une
pente rapide mais accessible, tandis qu’à l’est elles se terminent tout à coup en
précipices à pic au bas desquels, des éboulements successifs ont formé quelques
talus en forme de demi-cône dont le pied plonge dans la mer; Par ce côté
oriental il est absolument impossible de gravir le rocher, et la nature s’est
Seule chargée dû le défendre. Il y avait bien autrefois quelques points où un
montagnard adroit eût pu grimper peut-être en profitant des couloirs et en
s’accrochant aux aspérités du roc, mais des portions de mur d’une date déjà
ancienne empêchent toute tentative de ce genre. Les rochers de cette arête
sont remplis de dépressions et de crevasses dues, soit à la révolution: géologique
qui les souleva, soit à l’action incessante des orages et des vents humides
auxquels ils sont cônstaihment exposés. Il y tombe assez souvent de la pluie,
ou il y règne des brouillards pendant que le temps est sec et serein à San Roque
et à la Lina même. Favorisées par le climat, un grand nombre de plantes croissaient
dans les fentes et à l ’abri des pierres; je remarquai entr’autreS Ruscus
hypophyllum, Clematis cirrhosa, Vinca media, Smyrnium olusatrum et Acanthus
mollis. Je trouvai- aussi assez de coquilles terrestres> tandis qu’elles sont très-
rares en général sur les montagnes d’Andalousie à-cause de leur aridité, les
Hélix marmorata et signata étaient surtout abondants. Je ne dépeindrai pas la
vue admirable dont je jouissais planant de cette cime isolée sur une étendue
considérable de mer èt sur les côtes des deux continents. J’arrivai ainsi jusqu’à
la tour des signaux située. à peu près à la moitié de la longueur du rocher et
d’où on prend connaissance de l’approche et de la marche des bâtiments.
Après m’être reposé ' quelques4 instants’ chez le directeur, je redescendis dans
la ville par une pente rocailleuse et dépourvue d’intérêt, visitant en chemin