
Les journées se passaient bien vite dans cette contrée fraîche et délicieuse
au milieu de ces lieux si pleins de souvenirs, niais le temps pressait,
et la neige que je voyais diminuer chaque jour sur les Sommités
m annonçait qu il fallait partir. Chose singulière !•* la'Sierra Nevada est si
mal connue à Grenade, que personne ne put me dire par qtffel- chemin
je devais gagner les environs du pic de Veleta; et d’après quelques vagues
données je me mis en route le 2 juillet au matin, le long de la
vallée du Xenil. Avant de panier de cette excursion, je vais donner quelques
détails sur la géographie de la chaîne que nous allons aborderf
CHAPITRE XI.
Première excursion dans la Sierra-Nevada.
La Sierra Nevada, q u i, prise dans son cîfSemble , est à peu près au
sud-est de Grenade, a son extrémité occidentale au midi d'e een e ville
sur la route qui conduit à Motril, aux' environs des villages de Dùrcal et
de Nigueles, elle est la nettement - séparée de la cllaiî’ie de la Téjeda à
laquelle elle se relie pourtant par des terrains élevé§;- continuatior^le ceux
compris entre Alhama et Grenade. La croupe de la montagne s’élève rapidement
dès son origine et atteint, au bout de 2 ou 3 lieues, sà plus
grande élévation. Courant .d’abord au nord-est, elle forme le-ferre del Ga-
ballo, puis le Picacho de Ÿeleta qur*est éloigné de o - à. 1) lieues de Grenade
en ligne droite. Dès ce point-là, la ligne du faite'prend une. direction
orientale jusqu’au Mulahàcen, la plus haute sommité de toute la chaîne, puis
septentrionale jusqu’au pic d’Alcazaba et au port de VacaM. A partir de ces
dernières sommités, elle tourne de nouveau directement à l’est pour conserver
cette direction jusqu’auprès d’Alméria où elle se terminé par des pentes
très-allongéesf sa longueuAotale. est de 16 à 18 lieues. Toute sa partie
centrale est formée de schiste micacé et d’autres roches primitives-, mais
contre elle s appuie au nord, du côté de Grenade, une formation calcaire
qui s’élève sur sès flancs jusqu’à 600a et 7000 pieds, et qui est couverte
à sa base par des terrains de transport, tels que les collines sur lesquelles
Grenade est située. Toutes les chaînes qui bornent la Vegà à l’est et au nord,
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la^SiOT-a de Alfacar, los sietes Sentes de la Vieja, appartiennent à la même
fqpnation ^calcaire, l t vall^.jdu Darro est creusée tout entière dans son
celle <du X e n il,qui vient ensuite au midi, établit dans sa partie inférieure
la séparation la plus naturelle entre les montagnes dites de Grenade
et la Sierra Nevada proprement dite ; la partie supérieure de son cours est
toute comprise dipis la formation primitive. Les vallons de Monachil, dé
Dylar,,de Durcal, prennent ensuite successivement leur origine au faite de la
chaîne, ils sont profonds et .e'tjpitSÿkleur pente déjà rapide -dans le ter-
raip primitif devient précipiteuse du moment où ils atteignent la formation
calcaire qu’ils traversent pour arriver à la Vega. Ces diverses 'vallées
n’ont que quatre,^cinq iieues de longueur-et, à causé de leur position
oblique.par rapport à Grenade,me peuvent pas être aperçués de cette ville.
Nous retrouverons plus tard les (mêmes -amas calcaires sur le revers méridional
de la Sierra, mais ils n’y ^atteignent pas une ajassi grande hauteur.
Quant'à .la partie centrée et primitive de la montagne, elle maintient sa
ligne de faite à une hauteur moyenne.de 90Ô0 à 10000 pieds, ses flancs
sont herbeux et à pentes douces jusqu’aux derniers ï5 oa pieds, occupés par
. ®scarP.em9nts ou des pdltes très-rapides encombrées dé débris et d’é-
nt^esmiartiers de -schiste; la ligne de -faite est très-tourmentée. Ad bas dé
ces escarpements du sommet de la chajne, on trouve,.sur les versants, des
replats occupés p if de vastes prairies ' avec un assez, grand nombre dé petits
Iac|alpins où les* divers cours d’êau prennent leur origine. Ces traits
généraux demandaient à être esqûissés pour bien saisir la physionomie de
ces montagnes.
Nous sortîmes de Grenade par la porte du Xenil, et en remontant une
charmante promenade plantée d’arbres et quiTonge là rivière; nous nous'
éleyàmes^qjisuite au milieu des terrasses garnies de jardins et de vignes
qui couvrent les pentes- méridionaks des collines de l’Alhambra et du Gé-
nérslife. La pafïfe inférieure 'd e lt vallée est délicieuse; le terre-plein, arrosé
par les nombreux^uisseaux dérivés de'la rivière, contraste par sa belle
verdure avec la teinte blaifçbâtre et; la stérilité des hauteurs qui l'entourent;
partdiit des bosquets de peupliers, des frbres fruitiers^fentrelacés par
les rsfoeaux_.de la vigne, des haies gigantesque^ Le Xenil, qu’on passe
plus dune fois,, est d’une limpidité parfaite et partout facilement guéable-
au- printemps où il est alimenté par la fente des neiges’, il est bien p'lué
«Considérable. A trois .quarts d’heure de Grenade nous trouvâmes le hameau
de Certes, puis après avoir .passé le ravin d’Aguas blancas qui vient des