
Les deux pays avec lesquels notre région a le plus grand .nombre d’espèces
communes, sont le plateau central de l’Espagne et la Barbarie. Pour le second
de ces pays, je ne puis préciser ces rapports, attendu que sa re'gion montagneuse
a e'te' à peine visitée, mais on connaît déjà un grand nombre des espèces
endémiques à l’Espagne en tant que pays européen, qui y ont été retrouvées, et
ce nombre devra infiniment augmenter par la suite. Il est probable que la liste
des plantes non communes à la même région de ces deux contrées, liste qui
sera probablement assez restreinte, se composera surtout de plantes de l’Europe
centrale ayant l’Espagne pour limite australe. Quant à la végétation des Castilles
ou du plateau central, elle renferme la plupart des espèces non marquées d’un
astérisque de la première catégorie, presque toutes celles de la seconde, toutes
celles delà troisième, la grande majorité de celles de là quatrième, et quelques-
unes de la cinquième. Ainsi, cette Contrée, comparée à notre région, nourrit
plus des deux tiers de ses espèces, ce qui était facile à déduire des rapports
physiques et de ceux que nous ont déjà fournis les familles.
Parlons encore de quelques plantes de cette région , comprises dans les catégories
précédentes. Les premières, dont je pourrais augmenter le nombre,
représentent dans notre région la flore de l’Europe occidentale.
Nasturtium asperum. I Geum sylvaticum, I Scilla câiftpân'ûlata.
Helianthemum umbellatum. Myriopuyllum alterniflorum. Lithospermum prostratum.
Àrènariâ montana. | Heiiosciadiùm repeiis.
Les secondes, bien plus intéressantes, ne se trouvent en Europe que dans
la Péninsule, mais vivent aussi dans quelque partie de l’Orient.
Peganum harmala.
Aiyssum Atlanticum.
, — serpyllifolium.
ICistus laurifolius.
Astragalus tumidus.
Minuarta montana.
I Scandix pinnatifida.
I Salvia phlomoides.
J Eurotia ceraloides.
Cette région est plus riche que la précédente en cryptogames. Les forêts
des montagnes permettent à un assez grand nombre de mousses et de lichens
de s’y développer, et Clemente, à la suite de son traité sur la vigne, en
cite une liste assez nombreuse, recueillie dans les montagnes d’Alcala, qui
font partie du massif de Ronda. J’ai trouvé, pour la limite inférieure des
lichens habitant sur les troncs ou branches des arbres, à peu près 33oo pieds
dans les montagnes de Ronda.
4- Région alpine.
Cette région, dont nous avons fixé les limites inférieures entre 45oo et
5ooo pieds d’altitude absolue, comprend la partie supérieure des plus hautes
montagnes de la Serrania de Ronda, c’est-a-dire de la Sierra de Toloz et du
Cerro de San-Cristoval, au-dessus de Grazalema; le dernier tiers de la Sierra-
Tejeda, de celle de Mijas et de Gador entre aussi dans cette région, ainsi que
les points culminants des chaînes calcaires, situées au nord-est de la ville de
Grenade; enfin, la partie moyenne de la Sierra-Nevada, depuis la métairie de
San-Geronimo dans la vallée du Monachil, Trevelez dans les Alpujarras, et les
lieux situés à une hauteur correspondante, jusqu’aux prairies situées sur les
deux versants, à la hauteur de 8000 pieds environ, au pied des pentes éboulées
et préçipiteuses qui forment la partie supérieure de la chaîne. Les prairies
elles-mêmes connues sous le nom générique de Rorreguiles et qui contiennent
quelques lacs alpins, appartiennent plutôt à la région suivante. La zone dont
nous nous occupons se compose de pentes plus ou moins rapides, et ne
contient aucune plaine de quelque étendue, mais seulement de petits plateaux
à la sommité des montagnes, ou quelques replats sur leurs flancs.
Vers les limites inférieures de notre région, la neige persiste au moins quatre
mois sur le sol; à mesure qu’on s’élève, sa durée va en augmentant jusqu’à
la partie supérieure de la zone, qui se couvre déjà, à la fin de septembre,
d’une neige qui ne fond que peu à peu, et dont on voit encore, au commencement
de juin, des flaques dans les dépressions du terrain. Au printemps
et pendant l’été, la température est toujours rafraîchie, dans cette
saison, par la brise et les vents; la chaleur ne s’y élève jamais au-dessus
de 25” centigrades et reste le plus souvent au-dessous de cette limite; des
brouillards, accompagnés de pluies d’orage, y entretiennent la verdure pendant
le printemps et l’été, et le terrain y est rafraîchi et fertilisé, surtout dans la
Sierra-Nevada , par de nombreuses sources, tirant leur origine des neiges supérieures.
Sur les chaînes riveraines, sur celle de Gador en particulier, les
pluies d’été sont moins fréquentes, et la sécheresse se fait quelquefois sentir
dans les cultures de cette région.
On y remarque, sous le rapport de la variété de la végétation, une assez
grande différence entre les pentes tournées au midi et celles qui regardent le
nord ; sur les dernières, la physionomie alpine est en général plus marquée, il
y a davantage d’espèces, tandis que les pentes méridionales sont souvent plus