
Ges deux listes réunies donnent quarante-six espèces endémiques à l’Espagne
ou li du nombre total de la région, proportion un peu plus faible
que dans la precedente. Parmi ces plantes, celles marquées d’un astérisque
se retrouvent ailleurs dans la Péninsule, au Guadarrama ou dans les Asturies.
Jointes à la liste n° 2 , elles font seize espèces ou le tiers. Il reste
donc trente espèces jusqu’ici seulement observées sur les sommités de la Sierra
Nevada, mais dont, suivant toute probabilité, une partie se retrouvera un jour
dans les alpes neigeuses de Maroc.
3° Plantes communes à notre région et à quelques alpes du midi de l’Europe.
Elles ne comprennent que les espèces suivantes : Alyssum diffusum, Ar-
meria austraits, Thymus angustifolius à la fois aux Pyrénées et en Italie,
Linaria origanifolia aux Pyrénées et en Grèce, Veronica repens en Corse,
Cerastium Boissieri en Sardaigne.
4° Plantes communes à notre région et à la chaîne des Alpes.
* Ranunculus glacialis.
’ Aconitum lycoctonum.
Papaver Pyrenäicum.
* Arabia al pina.
Cardamine resedifolia.
Draba frisida.
Brassica cheiranthos.
j Viola palustris.
* Parnassia palustris.
’ Silene rupestris.
* Spergula saginoides.
’ Stellaria cerastoides.
‘ Cerastium alpinum.
’ Trifolium pratense.
— glareosum.
* Lotus corniculatus.
Sibbaldia procumbens.
* Alchemilla vulgaris.
* — alpina.
* Epilobium origanifolium.
Herniaria alpina.
Paronychia polygonifolia.
* Sedum saxatile.
’ Saxifraga oppositifolia.
— stellaris.
* Galium alpestre.
’ Erigeron alpinum.
* Solidago virgaurea.
’ Antennaria dioica.
* Omalotheca supina.
* Leontodon autumnale.
* Vaccinium uliginosum.
Gentiana alpina.
— verna.
* — pneumonanthe.
— glacialis.
Digitalis purpurea.
Linaria supina'.
* Veronica saxatilis.
’ — alpina.
Euphrasia minima.
Scutellaria alpina.
Sideritis scordioides.
Pinguicula leptoceras.
Androsace imbricata.
Aretia vitaliana.
‘Polygonum aviculare.
’ Salix has ta ta.
Juniperus sabina.
— nana.
Luzula spicata.
Carex capillaris.
— lagopina.
— flava.
Phleum pratense.
Poa laxa.
— alpina.
Festuca Halleri.
— duriuscula.
Nardus stricta.
Aspidium lonchitis.
— fragile.
Asplénium septentrionale.
Pteris crispa.
On voit que cette catégorie forme plus de la moitié du chiffre total, et ce
rapport avec les montagnes de l’Europe centrale et septentrionale ne doit pas
étonner avec des conditions climatologiques que l’altitude a rendues à peu près
les mêmes. Parmi ces plantes alpines, un petit nombre seulement, Brassica
cheiranthos, Parnassia palustris, Trifolium pratense, Lotus corniculatus, Solidago
virgaurea, Leontodon autumnale, Digitalis purpurea, Sideritis scordioides,
Polygonum aviculare, Carex flava, Phleum pratense, Festuca duriuscula sont,
en France et en Suisse, des plantes de pied de montagnes ou de plaines, et
— 229 —
presque toutes celles-là se présentent dans la Sierra-Nevada sous des formes
qui permettent de les regarder au moins comme des variétés. Dans le tableau
précédent, les espèces marquées d’un astérisque, ou les deux tiers, se retrouvent
dans les alpes de Suède ou de Laponie ; elles forment les du nombre
total des espèces de la région. Enfin, la totalité de ces espèces alpines se
retrouve dans les Pyrénées, ce qu’il était facile de prévoir à priori, cette dernière
chaîne se trouvant pour ainsi dire sur le chemin de la Sierra-Nevada aux
Alpes. Deux seules plantes, Trifolium glareosum et Carex lagopina, font exception
et n’ont point été jusqu’ici trouvées aux Pyrénées; mais la considération
précédente a tant de force à mes yeux, que je ne doute point qu’on
ne finisse par les y rencontrer aussi. En réunissant les catégories 2 et 4 avec
quatre espèces de la 3e, on trouve ainsi quatre-vingts espèces, ou les deux tiers
du nombre total, communes à la région supérieure de la Sierra-Nevada et
à celle des Pyrénées, résultat intéressant, si l’on réfléchit à la distance en
latitude qui sépare ces montagnes et à l’absence de toute chaîne intermédiaire
d’égale hauteur.
Les rapports avec la végétation orientale, si marqués dans les autres régions
, ne sont représentés dans celle-ci que par le seul Ranunculus demissus.
Sous le rapport des cryptogames, cette région est pauvre en fougères, plus
riche en mousses terrestres au bord des eaux et au pied des parois de rochers,
très-abondante enfin jusque sur les sommités en lichens pétricoles appartenant
tous à des espèces alpines et pyrénéennes, et qui, par la richesse de
leurs couleurs, égayent un peu les teintes sombres des blocs de rochers.
6. Considérations générales.
En résumant une partie de ce qui précède, nous trouvons les résultats
suivants : Le nombre des espèces va en diminuant rapidement de la région
inférieure à la supérieure; ce fait, commun à la plupart des pays, tiènt au refroidissement
successif du climat, et est encore plus marqué dans la contrée
qui nous occupe, à cause de la petite étendue proportionnelle de chaque région
comparée en superficie à celle qui la précède.
Les plantes annuelles, dans la région chaude, l’emportent sur les vivaces
et forment un peu plus de la moitié des espèces; elles n’en forment pas tout
à fait le tiers dans la région montagneuse, le sixième dans la région alpine,
le vingt-neuvième dans la nivale.
Les arbres sont extrêmement peu nombreux en espèces et en individus dans