
leurs jeunes pousses y soient expose'es à geler au printemps; le châtaignier
remonte aussi sur le flanc des valides jusqu’au haut de la région, et est commun
dans les expositions méridionales, surtout dans la Serrania de Ifonda, où
il est important pour la consommation ; la vigne, enfin, sur le revers méridional,
ne s’arrête pas beaucoup au-dessous de cette même altitude, et il est assez
singulier que sa limite supérieure coïncide, à peu de chose près, avec celle de
l’olivier, qui a une aire géographique si différente.
Voici quelques-unes des stations les plus caractéristiques des plantes de cette
région : 1” Maquis ou Monte bapF; soi la pente des montagnes ou sur les
plateaux incultes. Ils ressemblent, pour l’aspect, à ceux de la région chaude,
mais diffèrent par la plupart des espèces; les Genêts^et les Cistes y prédominent
davantage, et ces derniers, par la beauté et l’abondance de leurs fleurs,
donnent un charme particulier à de tels sites. Les Cistes à grandes feuilles, qui
habitent de préférence les lieux ombragés, rappellent, par l’éclat et la verdeur
de leur feuillage, le Rhododendron de nos Alpes ; plusieurs jolies bruyères
vivent d’ordinaire sous lenr ombre.
2°. Forêts assez clair-semées, formées par les Pims pinaster et Aleppensis, et
quatre ou cinq, espèces de chênes. Ces forêts, quoique peu étendues, caractérisent
cette région entre toutes les autres. Toutes ces espèces d?arbres, à
l’exception du Quercus ilex, s’arrêtent vers 4ooo pieds ou même avant, tandis
que le Quercus alpestris et YAbiespinsapo ne commencent guère qu’à cette hauteur,
en remontant dans la région suivante. A l’ombre de ces bois, on observe
une végétation assez particulière, d’autant plus abondante, qu’ils sont plus clairsemés,
et parmi laquelle je citerai Cistus laurifolius, populifolius, salvifolius,
Lithospermum prostratum, Herniaria incana, Scabiosa tomentosa, etc., etc.
3° Collines et plateaux arides couverts de sous-arbrisseaux nains et plantes
vivaces. Cette végétation, qui est plus répandue dans cette région que celle
des Maquis ou arbrisseaux plus élevés, correspond assez bien aux Tomillares
(Thymeta, lieux couverts de Thyms) des Castilles. Ce sont surtout des Labiées,
Composées et Cistinées, formant de petites touffes éparses dans les intervalles
desquelles croissent des Stipa, des plantes vivaces et quelques-unes annuelles
en plus petit nombre, telles que Odontites longiflora. Les espèces
les plus caractéristiques de cette végétation sont : Thymus mastichina, zygis,
hirlus, Salvia Hispanorum, Teucrium capitatum, Siderilis hirsuta, Helianthe-
mum hirtum, Stipa Lagascæ, Limm suffruticosum, Artemisia campestris et
Barrelieri, Lavandula spica et stoechas, Helichrysum serotinum, Santolina ros-
marinifolia.
;i4° Pentes couvertes de graminées coriaces et auxquelles les troupeaux
touchent peu, telles que Avena filifolia et bromoides, Festuca. Granalensis,
Macrochloa tenacissima.
5 Grosses terres argileuses en jachère, dans lesquelles croissent surtout de
grandes espèces de Carduacées ; dans les vignes, prédominent, à la fin de l’été,
les Carlina sulphurea- et corymbosa.
6 Collines gypseuses et terrains sales, station tout à fait particulière à cette
région, et tres-interessante par sa végétation j elle se reproduit sur un grand
nombre de points de l’Espagne centrale, dans les deux Castilles, l’Aragon,
la Catalogne, et forme un des traits les plus frappants de ces contrées.
J’ai observé de pareils terrains entre Alhama et Grenade, on les retrouve
dans quelques parties intérieures de l’Alpujarra, et ils se représentent sur
une bien plus grande étendue dans les plaines de Guadix, de Baza et du
Marquesadcgg Voici une liste de quelques espèces qui leur sont particulières :
Peganum harmala.
Frankenia thymifolia.
• — corymbosa.
Lepidium subu latum.
Ononis crassifolia.
Helianlhemum squammatum.
Stalice globulariæfolia.
— echiôides.
A triplex rosea.
— 1 glauca.J
Eurotia ceratoides.
Sa Isola Webbii.
Salsola genisloides.
— articulata.
oppositifolia.
Juneus ac.utus. I
Ces plantes se retrouvent la plupart dans les terraiüs gypseux et salants
de l’Espagne centrale, où elles sont associées à d’autres espèces dont je citerai
ci-après quelques-unes, pour compléter la physionomie de ces terrains dans
la Péninsule.
Lepidium Cardamines.
Iberis subvelutina.
Vellà pseudocytisus.
Boleum asperum.
Herniaria fruticosa. I Zollikoferia chondrilloides.
Gypsophila struthium. Centaùrea hyssopifolia.
Artemisia herba alba. Salsola vermiculata.
La plupart de ces plantes ont des feuilles épaisses et charnues d’un ton
glauque et pulvérulent. Rien de plus triste que l’aspect de ceS lieux stériles
et entièrement privés d’eau douce:; les collines y sont uniformément mamelonnées,
et les eaux de pluie y ont creusé des fentes et ravines profondes et
étroites dans les endroits les plus bas ; on y exploite le sel en faisant évaporer
l’eau des sources dans- des mares, ou en la traitant par la cuisson.
Le nombre total d’espèces observées dans cette région est de 6q8 ; ce
nombre est à la flore entière de la contrée comme 1 à 2,7 ; il est certainement
trop faible, parce que j ’ai probablement négligé de noter dans cette région
des espèces déjà observées dans la précédente. La liste des plantes de cette