
Meuiocus linifolius.
Lepidium pcrfoliatum.
Cerastium dichotomum.
Gypsophila strulhium.
• l<t £ £=-81 ; . perfoliata.
Mollugo cerviana.
Minuarla campes tris.
;pt— dichotoma.
Campanula fasligiata.x
«Rochelia stellulata.
Zizyphora tenuior.
âÉyÉfg ! 2 . hispanica.
Veronica digitata.
Je me suis peu étendu sur l’influence des versants quanti à; la végétation,
non que ce sujet ne soit intéressant par lui-même, mais parce que je manquais
de documents suffisants. Ce n’est pas en effet dans un voyage de courte durée
que j ’aurais pu noter, sur les deux versants de chaque chaîne, les limites supérieure
et inférieure des végétaux les plus importants, et arriver ainsi à des
lois générales sur l ’influence de l’exposition dans le royaume de Grenade. Je
ne puis donc traiter ce point de vue que'très en général, en citant quelques
faits isolés que j ’ai pu observer.
C’est pour les végétaux des régions inférieure et montagneuse que l’influence
du versant se fait le plus clairement sentir. Au nord, ils sont exposés
à l’action refroidissante du plateau élevé qui occupe tout le centre de la péninsule
et à celle des vents qui en viennent, tandis que sur le revers méridional
de la Sierra Nevada et.des chaînes riveraines, ils ne peuvent plus être
atteints que par les vents toujours chauds ou tempérés qui soufflent ou du
Continent voisin ou des mers qui s’étendent à l’orient et à l’occident. Cette
comparaison des versants n’est pas possible pour les plantes de la région
chaude inférieure, attendu que sur le revers septentrional des montagnes, on
rencontre les plateaux à une altitude qui dépasse la limite supérieure de cette
région; elle est intéressante, en revanche, pour les espèces qui s’élèvent davantage.
C ’est ainsi que la vigne qui> sur le revers méridional de la Sierra Nevada,
atteint 4200 ', ne s’élève qu’a 35oo ' environ dans !e& vallées de Grenade ; il
ÿ a de même une différence de 5oo entre les limites supérieures du noyer
sur les deux versants, de 1700' entre celles de l’olivier, de -1000 ' entre celles
du figuier. C’est ainsi encore qu’à Lanjaron, sur le revers sud de la Sierra Nevada,
on voit prospérer les orangers, qui à la même altitude ne pourraient
supporter les hivers des environs de Grenade. Nous avons vu aussi qu’une
foule de plantes spontanées et en particulier des plantes de rochers dépassaient
souvent et de beaucoup, dans les expositions méridionales ou abritées, les limites
de leur région. En revanche, le plus grand nombre des espèces communes
à l’Europe centrale et;septentrionale, et qui se retrouvent dans le
royaume de Grenade fuient les expositions méridionales. 1 Nous avons vu que la
région chaude n’en avait qü’une faible proportion ; on en trouve bien davantage
dans la région montagneuse, mais presque toujours sur le versant septentrional.
La limite inférieure des espèces forestières (chênes et pins) parait
s’abaisser davantage en général sur le revers septentrional, et leur limite supérieure
s’y élever plus que sur le revers méridional ; mais je ne donne cette observation
qu’avec doute, vu que ces espèces sont peu répandues, peu nombreuses
en individus, et que les exploitations anciennes et actuelles ont en
bien des lieux bouleversé leur distribution naturelle.
Quant aux régions supérieures, la différence des versants paraît d’abord tres-
sensible pour les plantes cultivées : c’est ainsi qu’au haut du barranco de Po-
queyra, on trouve encore des pommes de terre, et des maïs cultivés comme
fourrages jusqu’à 7000', et qu’au midi du port de Vacares, j’ai trouvé des
champs de seigle jusqu’à 7600 ', tandis que ces cultures s’arrêtent en général
dans les vallées du versant de Grenade vers 63o o '. Mais pour les plantes
spontanées, l’influence de l’exposition est moins sensible. En général, le versant
septentrional est plus humide, plus riche en espèces, et sur le versant méridional,
les espèces de la région nivale cèdent plus vite la place aux,Genets, aux
graminées sociales et à feuilles coriaces ; mais ce résultat peut tenir en partie
à ce que le revers septentrional est plus accidenté, plus précipiteux et offre
des pentes moins uniformes; sur les points où le revers méridional présente
les mêmes conditions physiques, comme dans les. vallees au sud-est du Mu-
lahacen, on voit les plantes alpines descendre aussi bas que de l’autre côté.
Ce qui montre d’ailleurs qu’il n’y a pas une différence de température bien
grande entre ces deux versants, c’est que les amas de neige ou ventisquierossont
sensiblement aussi nombreux et de même durée sur l’un que sur l’autre, et si la
limite supérieure des cultures s’élève autant sur le côté méridional, c’est qu’on
lés y a placées dans des vallons bien abrités. Le refroidissement hiémal de ces
régions supérieures ne parait pas être aussi grand que leur élévation absolue
pourrait le faire penser; lespremiers. froids y arrivent accompagnés des neiges
qui abritent les plantes, et les brouillards et gelées si fréquents plus au nord ne
se font sentir qu’à un faible degré sur la Sierra Nevada, où l’hiver doit être
tempéré par le voisinage de la mer et l’influence des vents maritimes. Nous ne
savons encore que bien peu de chose, au reste, sur la distribution de la chaleur
dans les hautes montagnes du midi .de l’Europe, pendant la mauvaise
saison surtout, et il est,bien à désirer que des observations suivies sur quelques
points éloignés les uns des autres viennent combler cette lacune.
Dans les tableaux suivants, j ’ai, comparé les limites supérieures et inferieures
d’un certain nombre de plantes de la flore de Grenade avec celles
qui les circonscrivent dans d’autres contrées de l’Europe. Cette comparaison