
partie sur la. Tejeda, mais dont plusieurs étaient nguvelfes pour moi. Telles
étaient le Cynanchum nigrum, la -Centaunea granatensis aux tètes .orangées
et au feuillage argenté, enfin, une habitante de l’A tlas, qui n’avait jamais
été trouvée "en Europe et dont je découvris de belles touffes dans les fentes
de rochers. C’était le Sarcocapnos enneaphylla"aussi remarquable par la singularité
de ses fleurs qui ressemblent à cell^ de là Polygala chamoebuxus que
par la forme denses feuilles épaisses £ glauques , coriaces et extrêmement fragiles.
Je rencontrai encore successivement Phlomis Crinita, Ærinacea hispa-
nioa, Salvia hispanorum, Ononis dumosa, Astragalus creticus à des altitudes
sensiblement correspondantes à celles • déjà observées sûr d’autres
montagnes. La nuit s’approchait lorsque nous arrivâmes "à une ferme encore
située sur le versant qui fait face à Guejar ,*mais à 5ooo pieds de hauteur
environ. C’était le Cortijo de la Vibora, il était désert alors et nous nous y
installâmes pour passer la nuit.
Le lendemain, pendant que j ’herborisais aux environs de la ferme., j ’y vis
arriver^ dis labrador es qui venaient charger du foin sec avec des mulets,
c’étaient les habitants de San Geronimo dont ce cortijo-ci est une dépendance.
Nous fîmes bonne connaissante et le fermiet^m’invita avec cordialité
à venir ^demeurer chez lui. *La ferme de la Vibora est ombràgeê par de
magnifiques noyers. On voit aussi dans les environs des poiriers, des cerisiers,
et contre le mur#de la maison deux ceps de vigne dont les fruits ne
mûrissent que dans les années chaudes; les.noyers y gèlent aussi fréquemment.
Les cultures'de froment sont encore 3,là en pleine vigueur* et Arrivent
à leur maturité à la fin de juillet. La neige p me dit-on devfént
permanente un peu avant la Saint-André et ne s’en va complètement qu’au
milieu d’avril. Je trouvai à la Vibora un* foule de belles plaûtes, entre
autres la Nepeta granatensis, très-grande Labiée aux tiges et aux feuilles
enduites d’une substance visqueuse, YOnopcfrdon acaulej singulier chardon à
nombreuses têtes sessiles sur le terrain et très-épineuses, la belle Polygala
r-osed, le Linum Narbonen$e et la Digitalis obscur a aux fleurs ;,d’un orange
noirâtre. Dans les: rochers, avec la SarcmapnOs, Y Areparia armeridstrum,
Y Ononis cephalotes et d’autres plantes purement espagnole®, je retrouvai avec
bonheur de vieilles connaissances dés Alpes, telles que Thymus alpinus,
Àrenaria grandi fl Ara, Silene saxifraga. Vers le milieu du jour je me remis
en marche pour San Geronimo ^pii n’est "qu’à une lieue et demie de la
Vibora et à la même .hauteur; au lieu de coiitourner par le sentier ordinaire
une somfnité calcaire qui nous en .séparait, nous là gravîmes. Un charmant*
arbuste, le Daphné oleàïdes qui a le port d’un arbre en - miniature,
était alors tout couvert de ses fleurs blanches qui exhalent, l’odeur la plus
suave. Près du sommet je découvris un liseron des plus élégants qui .formait
des tapis- argentés ras et tout parsemés de fleurs roses. Gâtait le Con-
volvulus nitidus, espèce nouvelle voisine du C. lineatus. Au sommet de la
côte une vue splendide m’attendait : à mes pieds était le vallon profond
du Monachil, et ws-à-vis de moi la crête centrale de la Sierra toute diaprée
de neige se détachait surj.l’azur du ciel avec une pureté admirable, se
ternainant à gauche par là cime du Picacho de Veleta qui dominait fièrement
ces hauteurs. J’étais là sur le contrefort qui sépare les vallées du
XeniLget du Monachil et vient mourir à Grenade même; le sentier par
lenuélffon va de cette dernière ville chercher de la neige sur les flancs du
Picacho f Serpente sur cette croupe dans toute sa longueur. Le point où
je me trouvais se nomme Dornajo : c’est là que la formation calcTaire finît
par un léger rehaussement que produisent sur le*dos du contrefort des roches
taillées à pic au nord-ouest. L’altitude de cet endroit est de 65oo pieds,
et il est remarquable <pie*ce soit à peu de chose près aussi celle de la
Sierra Tejeda, de la Sierra de Honda et des autres cimes calcaires du revers
nord-ouest de la Sierra Nevada. Une descente fort rapide rendue très-incommode
par les buissons d’Er^hacea hispanica qui couvraient ^tout le
sol> me conduisit en peu de moments au Cortijo de'San Geronimo, où je
trouvai mes gens et mon bagage déjà installée dans une chambre commode
telle que je ne m’attendais pàs àgen trouver dans ces montagnes. L ’obligeance
des habitants de la Terme et sa position*centrale, me décidèrent à y établir,
pour quelque temps, mon quartier-général.
San Geronimo se compose d’un bâtiment allongé très-simple derrière lequel
règne nne grande cour carrée, entourée de murailles, dans laquelle on enferme
le.bétail pendant la nuit. Jusqu’aux dernières années, c’était la propriété
dés -Pères *de Saint- Jérôme qui possédaient aussi la vallée ou Dehesa,
mais depuis la sécularisation des couvents, le tout a passé entre les mains
de l’Etat. Le fermier actuel est? un habitant du village de Pinos de Xenil, il
vit là depuis plusieurs années avec ses trois fils et quelques domestiques, et il
me dit s’être tellement accoutumé^ cet air de montagne, si vif et si pur, à ces
«aux fraîches et abondantes, qu’il ne pourra jamais sé résoudre à retourner
habiter la plaine. La maison est située à mi-côte, à quelques centaines de-pieds
aù-dessus de la vallée où les eaux du Monachil bouillonnent entre les rochers;
c’est la plus élevée de cette partie de la Sierra; mais on trouve encore bien