
naria monlana, VHelianthemum origanifolium et lVleganl Iris fiig a x , dont
les pétales délicats se fanent avec une étonnante rapidité. De grosses touffes
de Silene velutina, au rhizome ligneux et tortu ornaient les pentes verticales
et inaccessibles des rochers, au pied desquels je cueillis une nouvelle et
rare espèce, le Fumaria macrosepala; je pus aussi observer en abondance
le Çyiinus hypocistis, singulière parasite qui croissait sur les racines de
plusieurs cistes.
' Après avoir cherché à donner une idée de la végétation naturelle des
environs de Malaxa, il ne sera pas inutile de dire un mot de quelques plantes
intéressantes qu’on ÿ cultive. Sous ce climat où la neige et la gelée sont
presque inconnues, la plupart des végétaux des tropiques réussissent à merveille,
et le très-petit nombre de ceux qu’on y a introduit montre ce qu’on
obtiendra un jour quand le goût des fleurs et de l’horticulture se sera répandu
dans le pays. Les plantes dont on orne aujourd’hui le plus ordinairement
les balcons et les terrasses 'ou azoteas, sont le Fhaseolus caracalla et la
Hoya carnosa, qui supportent parfaitement l’hiver ainsi que plusieurs orchidées
parasites qu’on apporte de Cadix, et qu’on suspend quelquefois aux
treillis et aux grilles des, fenêtres sous le nom de f lo r 'd e l ayre, fleur de
l’air. Dans les jardins, on voit le Schinus molle, le Mimosa Famesiana, le
Daiura fastuosa, et plusieurs espèces de Lantàna et de Jasmins-. Dans un
clos situé près de Guadalmedina, j ’admirai un pied de Dracoena draco de
plus de vingt pieds de haut, et contre un mur, un groupe de bananiers ma-,
guifiques qui croissaient avec autant de vigueur que dans leur pays natal. On
les appelle Platanos, et l ’on m’assura que leurs fruits mûrissaient toutes
les années.Un arbre encor e plus répandu est lé Chirimoya ou Anona squamasa,
qu’on cultive dans plusieurs jardins, soit à Malaga, soit à Churriana, et dont
le fruit délicieux est envoyé comme rareté dans l’intérieur de l’Espagne et
jusqu’en France. Le manque d’eau pour les irrigations empêche de planter la
canne à sucre dans le territoire de Malaga; mais ce pays a en revanche
une culture qui lui est propre, c’est celle du Convolvulus batatas, qui y
réussit à merveille, et dont on exporte une grande quantité sous le nom
Aepatatas dulces de Malaga. On a aussi commencé à s’occuper de la production
de la Cochenille qui est déjà établie dans quelques jardins sur plusieurs
espèces de Cactus, voisines de VOpuntia; j ’avais trouvé la même industrie
en pleine vigueur à Valence, où l’on en retire de grands avantages.
CHAPITRE VI.
De Malaga à Estepona, Sierra de Mijas et Sierra Bermeja.
Le temps éïâitvénu de quitter Malaga pour faire une excursion sur le littoral
et dans les montagnes delà province de Ronda. C’était la saison favorable
pour cette tournée à laquelle je me proposais de consacrer un.mois avant de
visiter les plateaux et les chaînes élevées des environs de Grenade, où la végétation.
est plus retardée. J’achetai un mulet robuste pour porter mon papier à
dessécher-les plantes et le peu de bagage que j ’avais avec moi;, c’était une acquisition
indispensable pour un voyage de la nature de celui que je faisais. Ce .
n’est qu’eiïs’arrangeant de cette manière qmôn'peut s’arrêter à Volonté pendant
la route et pénétrer dans des endroits reculès’dù ne passent pas les arrieros. Je
pris aussi-à. mon service Un homme; des,,.environs dé. Velez, nommé Antonio,
véritable type du paysan andalou.: babillard, plaisant, Chantant dès coplitas
tout, le long de la route, et toujours gai, excepté quand je m’en faisais suivre sur
les montagnes, qu’il àvait dans une sainte horreur.
Nous'partîmes de Malaga le onze mai au matin, vêtus à la mode du pays, le
sombrero noihtu sur la tête, la giberne à la ceinture, et l ’escopetto sur l’épaule.
Ce costume, Jjui.esfc celui des gens de la campagne et mêmp. des habitants de la
ville lorsqu’ilssont en voyage, est tres-çpmmode,^.n ce qu’il permet.de parcourir
le pays sans, exciter la.curiosité,- tandis que la vuê dîune redingote et d’un chapeau
rond amèute tout un village* excite l’aboiement des, chiens, et l’onse trouve
infailliblement pris pour un Anglais, çe qui est une mauvaise recommandation
auprès Aesraferos. Au sortir , delà ville, nous trayersànjïss une partie aSSez monotone
de la Vega entre la tner à- ;gauche et une suite de cojlines sablonneuses à
droite. Les champs qui la couvrent n’offrent pas le plus petit ombrage, et, vu le
manque d’eau, il y^Croît peu dé chose dans les apnées sèches. On.y amènerait
cependant à peu de frais les e.aux du Guadaljpre. J’y observai le Galium glome-
ralurn Desf., le Cickoriumdivaricgtumelles Scolymus maculalus ethispanicus. La
route .était égayée par de nombreuses troupes de paysans qui se rendaient à la
ville ; ils venaient de Coin, ÿÂlhaurin, de Churriana et de Torremolinos, grands
villages situés au pied de la montagne et qui sont en possession de fournir à
Malaga presque tout le pain qu’on y consomme, parcé que la fabrication 'en est
meilleure, à cause de l’excellente qu'alité des eaux. Nous rencontrâmes bientôt
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